Calendrier

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Titre
REPORTÉ à la rentrée. Dante, ses critiques, ses imitateurs : France-Italie XXe- XXIe siècles
Date
Du 4 au 6 juin
Descriptif

REPORTÉ à la rentrée
Nous vous tiendrons informé des dates dès qu’elles seront fixées.

Titre
Les pouvoirs de l’image
Date
Du 4 juin au 31 août
Descriptif

Une exposition virtuelle propose de vous introduire à une réflexion sur l’image et ses enjeux à travers six sections. Ce parcours en mots et en images est l’occasion de s’interroger sur le pouvoir et la spécificité des images : Comment parler des images ? Comment interpréter les images ? Les images ont-elles une vie ? L’exposition souhaite aussi faire découvrir ou donner envie de relire les réflexions fécondes menées dans le domaine germanophone par la Kunstwissenchaft (la science de l’art, représentée ici par Aby Warburg et Erwin Panofsky) et par la plus récente Bildwissenschaft (la science des images, telle qu’elle a notamment été développée par Hans Belting, Gottfried Boehm et Horst Bredekamp).
Exposition en ligne visible à partir du 4 juin 2020 sur le site de l’Institut Goethe de Lyon.

Comité d’organisation :
Louhane JACOB, Sven KEROMNES, Elodie LESZCZAK, Pierre MRDJENOVIC, Etienne PITTONI (ENS de Lyon).
Avec le soutien scientifique d’Audrey RIEBER.

Titre
REPORTÉE début 2021. Plurivocalité et polyphonies : une voie vers la modernité ?
Date
Mardi 9 juin
Descriptif

REPORTÉE Se déroulera sous forme de colloque (un colloque au lieu de deux journées d’études initialement prévues) fin janvier-début février 2021.

Titre
Séminaire « Modernidad de la Comedia Nueva » 2019-2020
Date
Mardi 9 juin
Descriptif

programme à venir

Titre
ANNULÉ. NEOLATINLYON 2020 - École de NÉO-LATIN
Date
Du 29 juin au 3 juillet
Titre
Errances et angoisses du troisième type : à l’écoute des bandes-son de science-fiction
Date
Mardi 30 juin
Descriptif

Les propositions de communication (indiquant un titre et un résumé de 300 à 500 mots maximum, et accompagnées d’une courte notice biographique) doivent être transmises au format Word ou PDF à Cécile CARAYOL et à Chloé HUVET pour le 30 juin 2020. Les réponses seront communiquées mi-juillet.

Les langues acceptées sont le français et l’anglais ; chaque communication sera d’une durée de 30 minutes (diffusion des extraits comprise), suivies d’une période de questions.


Appel à communication

Vaste nébuleuse, la science-fiction est propice à la porosité des genres, s’ouvrant fréquemment à l’horreur, au thriller, au film d’aventures, au drame et au western dont elle incorpore les traits les plus saillants. Ces entremêlements sont souvent relayés dans la bibliographie existante où la démarcation générique n’est pas toujours nette, en particulier entre fantastique et science-fiction (Andrevon 2013, Fowkes 2010, Pelosato 1999). Large et foisonnante, la science-fiction recouvre ce qui est lié « au développement scientifique et à ses conséquences », « à la monstration de l’altérité extraterrestre » et « à l’avenir de la société humaine » dans une anticipation plus ou moins lointaine (Dufour 2011, p. 13-14). La science- fiction est connectée aux mythes et métaphorise les interrogations les plus profondes de l’Homme en mobilisant une imagerie audiovisuelle qui lui est propre. Elle cristallise le fantasmes et les questionnements autour du destin de l’espèce humaine et de l’histoire du monde, que ceux-ci soient liés à la menace nucléaire, à la figure de la femme, à l’eugénisme sociétal, à la découverte de l’espace ou aux catastrophes écologiques (Chion 2009).

Apparue en littérature au XIXe siècle, la science-fiction entretient depuis les premiers temps du cinéma un lien privilégié avec les réalisations audiovisuelles, qu’elles soient narratives, spectaculaires ou plus expérimentales, conjuguant souvent récit – plus ou moins fragmentaire, voire embryonnaire –, recherches plastiques et effets spéciaux. La science-fiction a trouvé dans cette formidable « machine à voir » (Paci 2012) et ses trucages un terrain d’épanouissement propice à l’expression de la fascination-sidération qui fonde son essence. Mais si, dans l’espace, personne ne nous entend crier selon la célèbre accroche du film Alien (Scott, 1979), les films de science-fiction sont loin d’être silencieux. C’est à l’univers musico- sonore de ce genre protéiforme que le présent colloque projette de se consacrer.

Certes, les relations entre son, musique et image dans les réalisations audiovisuelles science-fictionnelles sont loin d’être inexplorées, mais il est symptomatique que, dans les ouvrages nombreux consacrés au genre dans le domaine des études cinématographiques, la bande sonore ne soit abordée que de manière périphérique, voire totalement occultée. Ou alors, les auteurs se concentrent essentiellement sur les procédés d’écriture « avant-gardistes » visant
à générer une sensation de danger ou d’inconfort, dans l’illusion d’un futur plus ou moins pessimiste. C’est spécifiquement sur cette idée que le Dictionnaire du cinéma fantastique et de science-fiction axe son propos lorsqu’il est question de musique :

Le dépaysement qu’offrent bien des histoires de la science-fiction a incité aux recherches sonores, aux techniques avant-gardistes. En témoignent la transfiguration des paysages désertiques de La Planète des singes grâce aux plages atonales de Jerry Goldsmith ou l’étonnante musique électronique (concrète en fait) composée par Gil Mellé pour Le Mystère d’Andromède qui contribue au caractère anxiogène de ce thriller de science- fiction et donne corps au micro-organisme létal qu’un satellite a rapporté́ sur terre. [...] Pour Kwaidan (1964), film à sketches adaptant quatre histoires du folklore japonais, Tôru Takemitsu délaisse le recours systématique aux leitmotive et innove, lui aussi, en altérant
électroniquement instruments, voix et sons naturels ; il brouille la distinction entre
musique et effets sonores, afin de soutenir une atmosphère de terreur (Lafond 2014, entrée « Musique »).

Parmi les récentes contributions prêtant l’oreille aux films de science-fiction, signalons le récent essai dédié au son dans le space opera (Chion 2019) et le guide Symphonies fantastiques à visée vulgarisatrice, « petit catalogue des styles, des œuvres, des compositeurs » mêlant indistinctement fantastique et science-fiction (Ménard 2016, p. 10). En langue anglaise, plusieurs ouvrages, majoritairement généralistes, sont également consacrés à la musique et aux bruitages au sein du genre. Visant le plus souvent à couvrir un large horizon, ils sont partagés entre contributions monographiques (Hayward 2004), lectures au croisement de l’histoire, de la sociologie et de l’esthétique (Bartkowiak 2010) et focalisation diachronique sur des pratiques sonores emblématiques mises en relation avec l’évolution des techniques cinématographiques (Whittington 2007). Au fil des contributions existantes s’est dessiné un canon, dont Planète interdite (Wilcox, 1956), 2001, l’Odyssée de l’espace (Kubrick, 1968), La Planète des singes (Schaffner, 1968), Alien (Scott, 1979), Blade Runner (Scott, 1982), Terminator (Cameron,
1984), Matrix (Wachowski, 2000) ou Gravity (Cuarón, 2013) ne constituent que la partie émergée.

S’écartant des angles d’étude généralistes et de ce choix de corpus, le présent colloque entend se focaliser sur une thématique majeure du genre, la solitude et l’errance de l’être humain confronté à des forces supérieures, qu’il s’agisse d’entités organiques, de machinations gouvernementales prenant bien souvent place dans des univers totalitaires ou dystopiques, de manifestations climatiques extrêmes ou des profondeurs du cosmos. Aux prises avec les éléments, des créatures surnaturelles (bien souvent figures de l’altérité radicale) ou ses semblables, les protagonistes luttent avec angoisse pour leur survie tout en surmontant des traumatismes présents ou passés – les figures du deuil, de l’absence et de l’éclatement familial étant centrales dans ces films –, quand ce n’est pas l’humanité tout entière qui se voit menacée de disparaître. L’espace est propice à incarner un ailleurs fascinant, dangereux et inconnu, peuplé ou non d’extraterrestres, souvent allégories d’une situation politico-sociale préoccupante. Dans ces films se conjuguent poésie visuelle, expression du spectaculaire et périls guettant l’Homme. La bande sonore se fait souvent l’écho d’une humanité altérée, accentuant les dérèglements familiaux et/ou psychiques qui mènent les personnages à commettre des actes sombres ou contre nature, ou à errer avec la solitude comme fardeau, confrontés à l’impossible ou à l’infini.

Initiée par des recherches récentes (Carayol 2020, Chion 2019, Huvet 2018 et 2017, Barros Beltrao et Gray 2015, Buhler 2013, Whittington 2011, Hayward 2004), cette problématique est loin d’être épuisée : elle nécessite au contraire un approfondissement et un enrichissement par le développement de perspectives renouvelées sur le sujet, et par l’élargissement du corpus d’étude. En concentrant leur réflexion sur la thématique retenue – « Errances et angoisses du troisième type » – les communications de ce colloque sont ainsi appelées à rayonner de façon étendue depuis les débuts du septième art (Métropolis, Lang,
1927) jusqu’à la période contemporaine, tous lieux géographiques confondus : les productions anglo-saxonnes, mais aussi, et ce sera l’un des enjeux de cette manifestation scientifique, les corpus nationaux encore peu analysés dans la perspective proposée peuvent être étudiés – notamment, sans que cela soit limitatif, le cinéma français de science-fiction (Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution, Godard, 1965 ; Fahrenheit 451, Truffaut, 1966 ; Je t’aime je t’aime, Resnais, 1968 ; Valérian et la Cité des mille planètes, Besson, 2017 ; High Life, Denis, 2018) ou la production asiatique (Godzilla, Honda, 1954 ; Snowpiercer, le Transperceneige, Joon-ho, 2013 ; Avant que nous disparaissions, Kurosawa, 2017 ; The Wandering Earth, Gwo, 2019).

Qu’ils émanent de gestes créatifs auteuristes ou de films dits « d’émotion collective » (Chion 1995) comme les blockbusters, tous ces sujets pourront être explorés à travers les différents sous-genres mettant en scène des dystopies, des errances spatiales, des androïdes, les forces antagonistes de l’Homme face à la Machine ou des contaminations sous toutes leurs formes. Pourront ainsi être étudiés le cinéma science-fictionnel où l’Homme fait face à des forces extra-terrestres et/ou aux mystères et périls de l’espace (Le Mystère Andromède, Wise,
1971 ; The Thing, Carpenter, 1982 ; Under the Skin, Glazer, 2013 ; Premier Contact, Villeneuve, 2016 ; First Man : Le premier homme sur la lune, Chazelle, 2018 ; Ad Astra, Gray,
2019), les films-catastrophes (Le Jour d’après, Emmerich, 2004 ; Cloverfield, Reeves, 2008…), les dystopies et films post-apocalyptiques ou post-atomiques (THX 1138, Lucas,

1972 ; L’Âge de cristal, Anderson, 1976 ; 28 Jours plus tard, Boyle, 2002 ; trilogie spielbergienne, 2001-2005 ; Les Fils de l’homme, Cuarón, 2006 ; Wall-E, Stanton, 2008 ; Blade Runner 2049, Villeneuve, 2017), les sagas (reboots récents de Star Trek ou d’Alien ; dernière trilogie Star Wars, 2015-2019 ; X-Men : Dark Phoenix, Kinberg, 2019 ; ou encore les franchises adolescentes Hunger Games, 2012-2015 et Divergente, 2014-2016).

Enfin, le médium cinématographique ne constitue pas le seul horizon de ce colloque, qui incite fortement les interventions pluridisciplinaires portant sur la musique et le son dans les séries télévisées (Doctor Who, 1963 ; Black Mirror, 2011 ; Trepalium, 2016 ; Stranger Things, 2016 ; The Handmaid’s Tale : La Servante écarlate, 2017), ou les jeux vidéo (Get Even, Bandai Namco Entertainment, 2017).

Si les retranscriptions musicales et sonores de la sensation du vide, de l’espace-temps, ou encore l’idée de déshumanisation dans le geste compositionnel (mécanisation musicale, rejet du lyrisme, hégémonie de l’électronique, etc.) sont des concepts relatifs aux schèmes Homme/Machine ou Homme/Cosmos qui ont déjà fait l’objet d’un récent travail (Carayol 2020) – ces pistes pouvant bien entendu être augmentées et enrichies comme, par exemple, celle de l’évocation de la solitude et de l’errance par des effets musico-sonores –, l’émergence d’autres questionnements, complémentaires, est fortement encouragée. La liste suivante, non exhaustive, en propose quelques pistes :

  • Construction par la bande-son de l’environnement diégétique des films dystopiques et post-apocalyptiques
  • Contribution de la bande-son à l’arc narratif, émotionnel et dramatique dans ce type de films (trajectoire personnelle d’un personnage, relations évolutives entre les protagonistes…)
  • Impact narratif de la musique préexistante (diégétique ou non) dans le sillon de 2001, l’Odyssée de l’espace de Kubrick (déjà amplement étudié), et/ou de la musique pop originale
  • Utilisation de codes issus de la musique de science-fiction dans des films « réalistes »
  • au service d’un message pessimiste connoté
  • Fonctions des diverses expérimentations et/ou des normes évitées dans une œuvre musico-filmique de science-fiction relatant la solitude ou l’errance
  • Rôle narratif de la fusion musique/sound design au cœur des angoisses science- fictionnelles
  • Héritage et transformations de la création sonore dans ce corpus science-fictionnel spécifique
  • Définition du point d’écoute et traduction musico-sonore d’une expérience subjective dépassant les perceptions quotidiennes
  • Participation de la bande-son à la diffusion d’un message plus engagé, rehaussant et intensifiant les enjeux sociaux, écologiques et/ou politiques du film.

Ces sujets n’étant pas toujours éloignés d’une certaine réalité sociale, sanitaire et politique1, le colloque a pour objectif de fédérer des chercheurs de différentes disciplines autour de la création musicale et sonore dans les productions audiovisuelles de science-fiction. Invitant
à une pluralité d’approches et de méthodes, il est ouvert tant aux musicologues, aux musiciens et aux praticiens sonores qu’aux spécialistes en études cinématographiques, arts plastiques, littérature ou philosophie.


1 Voir par exemple Jean-Michel Besnier, Demain les posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ?, Paris, Fayard, 2010. Nous tenons à mentionner que cet appel à communication est rédigé et publié à un moment particulier : la période de confinement due à une crise sanitaire mondiale liée à la pandémie de Coronavirus (Covid-19), au printemps 2020.

Comité scientifique du groupe ELMEC :

Cécile Carayol (Université de Rouen), Michel Chion (Compositeur de musique concrète, réalisateur audio-visuel, chercheur et historien en « audio-vision » et « acoulogie »), Michel Duchesneau (Université de Montréal), Philippe Gonin (Université de Bourgogne), Chloé Huvet (ENS de Lyon), Gilles Mouëllic (Université Rennes 2), Giusy Pisano (ENS Louis-Lumière), Pascal Pistone (Université Bordeaux Montaigne), Jérôme Rossi (Université de Nantes) et Yannick Simon (Université de Rouen).

Bibliographie indicative

Andrevon, Jean-Pierre (2013), 100 ans et plus de cinéma fantastique et de science-fiction, Pertuis, Rouge profond.

Bartkowiak, Mathew J., dir. (2010), Sounds of the Future : Essays on Music in Science Fiction
Film, Jefferson, McFarland & Company.

Beltrao, Filipe Barros et Gray, Andrew (2015), « Sonic Utopias in the Realm of Science Fiction.
The Silence and Music of Gravity », Tacet. Sounds of Utopia, n° 4, p. 349-370.

Besnier, Jean-Michel (2010), Demain les posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ?, Paris, Fayard.

Besson, Anne (2015), Constellations. Des mondes fictionnels dans l’imaginaire contemporain, Paris, CNRS Éditions.

Bozzetto, Roger et Menegaldo, Gilles, dir. (2006), Les nouvelles formes de la science-fiction.
Colloque de Cerisy, Paris, Bragelonne.

Buhler, James (2013), « Notes to the Soundtrack of Source Code », dans Carol Vernallis, Amy Herzog et John Richardson (dir.), The Oxford Handbook of Sound and Image in Digital Media, Oxford, Oxford University Press, p. 502-513.

Carayol, Cécile (2020), La musique de film fantastique : esthétiques dominantes comme expression d’une humanité altérée, Aix-en-Provence, Rouge Profond.

Chion, Michel (2019), Des sons dans l’espace. À l’écoute du space opera, Paris, Capricci. Chion, Michel (2009), Les films de science-fiction, Paris, Cahiers du cinéma.
Coyle, Rebecca (2010), « Point of Audition : Sound and Music in Cloverfield », Science Fiction
Film and Television, vol. 3, n° 2, p. 217-237.
Dufour, Éric (2011), Le cinéma de science-fiction, Paris, Armand Colin.

Forde, Teresa (2011), « The Sunshine Soundtrack as Aural Attraction », New Review of Film and Television Studies, vol. 9, n° 1, p. 71-83.

Fowkes, Katherine A. (2010), The Fantasy Film, Oxford, Wiley-Blackwell.

Hayward, Philip, dir. (2004), Off the planet : Music, Sound and Science Fiction Cinema, Bloomington, John Libbey Publishing.

Huvet, Chloé (2018), « Interstellar de Hans Zimmer (2014) : plongée musicale au cœur des drames humains, par-delà l’infiniment grand. Pour une autre approche de l’esthétique zimmerienne », Revue musicale OICRM. Création musicale et sonore dans les blockbusters de Remote Control, vol. 5, n° 2, p. 103-124, http://revuemusicaleoicrm.org/rmo-vol5- n2/interstellar/.

Huvet, Chloé (2017), « Le son de l’apocalypse spielbergienne : musique et sound design dans La Guerre des mondes (2005) », dans Sylvie Allouche, Hélène Machinal, Monica Michlin et Arnaud Regnauld (dir.), Formes d(e l)’Apocalypse, Paris, Bibliothèque numérique de l’Université Paris 8, p. 179-202, https://octaviana.fr/document/COLN20_1.

Lafond, Frank (2014), Dictionnaire du cinéma fantastique et de science-fiction, Paris, Vendémiaire.

Langlois, Philippe (2012), Les cloches d’Atlantis. Musique électroacoustique et cinéma : archéologie et histoire d’un art sonore, Paris, Éditions MF.

Ménard, Sylvain (2016), Symphonies fantastiques : musiques de films fantastiques et de science-fiction.

Murphy, Scott (2006), « The Major Tritone Progression in Recent Hollywood Science Fiction Films », MTO, A Journal of the Society for Music Theory, vol. 12, n° 2, http://www.mtosmt.org/issues/mto.06.12.2/mto.06.12.2.murphy.html.

Paci, Viva (2012), La machine à voir. À propos de cinéma, attraction, exhibition, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion.

Pelosato, Alain (1999), Fantastique et science-fiction au cinéma, Pantin, Éditions Naturellement.

Whittington, William (2011), « Sound Design for a Found Future : Alfonso Cuarón’s Children of Men », Routledge New Review of Film and Television Studies, vol. 9, n° 1, p. 3- 14.

Whittington, William (2007), Sound Design & Science Fiction, Austin, University of Texas Press.

Yazbeck, Élie (2017), Le super-héros à l’écran. Mutations, transformations, évolutions, Paris, Orizon.

Titre
Vivre vite. Le XIXe siècle face à l’accélération du temps et de l’histoire
Date
Mardi 30 juin
Descriptif

1. Penser l’accélération

La société postrévolutionnaire est confrontée à une double interrogation à la fois permanente et fragmentée : comment penser le rapport au temps long qu’incarne le passé monarchique de la France et la projection dans un futur à la fois immédiat et lointain ? Le sentiment d’une accélération du temps tend à se confondre avec celle de l’histoire, nourrissant une réflexion partagée tant par les libéraux et les réformateurs sociaux du premier XIXe siècle, que par les socialistes et les nationalistes du second XIXe siècle. Témoin de son temps, Jules Michelet le constate dans l’Histoire du XIXe siècle : « L’allure du temps a tout à fait changé. Il a doublé le pas d’une manière étrange ». Publicistes, réformateurs, intellectuels, écrivains ont conscience du lien de cette double accélération avec l’avènement d’une modernité le plus souvent acceptée, voire souhaitée, mais parfois refusée. Car, face à des à-coups sociaux et des ruptures politiques à répétition, souvent brutales, s’exprime en réaction la nécessité d’une stabilité, d’une permanence, voire d’une résurrection du passé prérévolutionnaire, seules manières de freiner le mouvement socio-politique jugé frénétique. C’est au fond la théorie que défend Daniel Halévy en 1948 dans son Essai sur l’accélération de l’histoire. Mais dès 1835, Lamartine exprime une forme d’inquiétude face à « ce sentiment du tremblement général des choses, du vertige, de l’éblouissement universel de l’esprit humain qui croît avec trop de rapidité pour se rendre compte de sa marche même, mais qui a l’instinct d’un but nouveau, inconnu, où Dieu le mène par la voie rude et précipiteuse des catastrophes sociales » (Voyage en Orient). En définitive, un constat partagé s’impose : le temps lent des mutations a définitivement cédé la place au temps rapide des révolutions – et pas seulement politiques. Mais aussi l’idée selon laquelle aucun état social, politique, économique n’est établi durablement, car soumis en permanence à des tensions qui remettent en cause leur existence sur le temps long. Dans cette entrée, nous souhaitons donc que soient confrontées des pensées complémentaires ou contradictoires sur cette appréhension de l’accélération du temps qui, par un effet mécanique, entraînerait celle de l’histoire.
Pistes possibles
- Accélération du temps et accélération de l’histoire : un couple insécable ?
- La vitesse, paradigme des révolutions
- La modernité au prisme de l’accélération du temps
- Les modélisations du temps : continuité ou rupture, conception linéaire ou cyclique, influence des évolutions scientifiques

2. La vitesse vécue

La vitesse est une expérience individuelle, vécue dans un environnement social qui lui donne sens. Elle affecte l’ensemble des expériences du quotidien, modifiant les rythmes de vie, les usages sociaux. Le temps qui passe est moins affaire de conscience intérieure que de mesure, objectivée par de nouveaux outils : la montre gousset, l’agenda, etc. De nouveaux modèles s’imposent : l’« américanisation » de la vie, à la temporalité minutée et efficace, est mise au service d’un rendement capitaliste. Le sens de l’actualité, matérialisé par les multiples éditions des journaux, change le rapport au présent, instant et non durée. Enfin, la perception intime, existentielle, du passage du temps est marquée par cette accélération, subie ou volontaire, provoquant selon les cas une sensation de griserie et d’exaltation ou un sentiment de perte de maîtrise, de dépossession, qui touchent aussi bien des expériences ponctuelles que le cours de la vie dans son ensemble.
La vitesse est aussi révélatrice des appartenances et des identités, opère une classification et permet de se situer. Nombre de romans, de récits, de mémoires donnent à voir cette forme de distinction sociale qu’est le rapport à la vitesse : il devient un marqueur au même titre que l’apparence extérieure, la consommation alimentaire ou le type de logement. Aller vite, c’est appartenir à l’élite sociale : du cheval au train, de la bicyclette à l’automobile, toutes les innovations techniques demeurent réservées, plus ou moins longtemps, à une fraction réduite de la société. Pour autant, une certaine forme d’intégration sociale partagée est repérable, comme l’illustre « Le wagon de troisième classe » de Daumier : dans cette représentation de distinctions sociales marquées (les trois classes de voyageurs), au moins la vitesse constitue-t-elle une chose commune, bien que n’étant pas vécue de la même manière.

Pistes possibles
- Expériences de la vitesse : du singulier au collectif
- Vitesse et identité sociale : classes, âges, genres, opposition urbains/ruraux
- Inscription de la vitesse dans le quotidien
- Mutation des perceptions sous l’effet de la vitesse
- Raccourcissement de la mémoire sociale
- Intériorisation de la vitesse (tourbillon, dépossession)

3. La vitesse entre temps et espace (mobilités, communications, compétitions)

En 1843, la ligne de chemin de fer Paris – Rouen est inaugurée : désormais, la métropole normande est à 4 heures de Paris. Parmi d’autres, cet exemple témoigne de la contraction de l’espace entraînée par l’accélération des déplacements grâce au progrès technique. L’évolution des communications, qu’illustre en particulier l’invention du télégraphe, d’abord à bras, puis électrique, et de la TSF, affecte également cette perception des territoires. Dans cette perspective, la vitesse devient un enjeu politique, social, économique : de la maîtrise des mobilités et des communications peut dépendre la survie d’un régime politique, mais aussi d’un secteur économique.
Parallèlement, la progressive émergence du « sportsman » aboutit à des compétitions de divers ordres (pédestre, équestre, cycliste, automobile, nautique, aéronautique, etc.) permettant de valider des records : « Citius, Altius, Fortius » (« Plus vite, plus haut, plus fort »), telle est la devise proposée par Pierre de Coubertin lors de la création du Comité international olympique en 1894.

Pistes possibles
- Les vecteurs techniques de la vitesse : vapeur, électricité, télégraphe, train, TSF, avion
- Géographie et anthropologie de la vitesse
- L’accélération des transports et des communications ; la vitesse, nouveau régime viatique : impact sur la perception de l’espace
- Sport(s) et vitesse : le temps des records ; la compétition comme métaphore du progrès

4. Le temps économique

Associée par Fernand Braudel au temps long, l’économie capitaliste prétend de plus en plus s’émanciper de la routine technologique, du savoir-faire ancestral, au nom d’une rationalité intégrant la vitesse comme un facteur décisif dans la production industrielle. C’est en effet la vitesse qui conditionne ce qui devient le cœur même de toute réflexion théorique et de toute innovation technique : la quête d’une productivité sans cesse accrue, facteur-clef d’un rendement augmenté et, en conséquence, de bénéfices croissants. A la vitesse de conception d’un produit, répondent la vitesse de sa fabrication et celle de sa circulation. L’invention de la mode rétrécit la durée d’existence de nombreuses productions, vestimentaires en particulier. Ici, le « vivre vite » devient le « consommer vite » et de manière massive pour assurer l’écoulement du produit en un temps record. Au bonheur des dames résume cette logique, mais plus encore L’Argent : le monde de la Bourse comme une course de vitesse à l’information, gage de juteux « coups » boursiers, ce que Balzac pointait déjà dans Le Faiseur.

Pistes possibles
- Vitesse et capitalisme : une relation structurelle
- De la production à la productivité : accélérer la cadence
- Images de la consommation de masse : la frénésie consommatrice
- L’accélération des cycles économiques : alternance expansion/crise

5. Cadences politiques

La rapidité de la succession des régimes politiques à partir de la Révolution se poursuit avec la Restauration. Malgré des affirmations redondantes dont témoignent les différentes constitutions qui s’enchaînent, insistant toutes sur la nécessité d’en finir avec la fuite en avant au profit d’une stabilisation pérenne, ces régimes se révèlent fragiles. Ils sont confrontés de facto à une vitesse de renouvellement qui, au regard du passé prérévolutionnaire, interroge sur les conséquences de la lente démocratisation de la société française. La démocratie serait-elle le règne du fugitif, de l’incertain, de la frénésie contestatrice ? Une marche à cadence forcée vers un but qui semble reculer en permanence ?
Pistes possibles
- Les Révolutions comme accélération du temps
- Fragmentation du temps politique, course aux élections, renouvellement du personnel politique
- Naissance et péremption des idées et des partis
- Le temps politique et le temps du législateur
- Conservatisme et progressisme
- « Entre deux émeutes » : le pouvoir face à la contestation, une lutte de vitesse

6. Poétiques de la vitesse

La perception d’une accélération de la temporalité se manifeste dans des formes artistiques qui intègrent le paradigme de la vitesse : la frénésie des vaudevilles, le tourbillon de la valse, la virtuosité instrumentale (Études d’exécution transcendante) traduisent rythmiquement ce nouveau visage de la vie moderne. Tel Van Gogh dessinant « à la vitesse de l’éclair », le geste créateur valorise l’intensité, l’ébauche contre « l’œuvre léchée ». De l’impressionnisme au futurisme, de la photographie rapide à la photographie instantanée, il s’agit de capturer l’instant. Les lecteurs, eux, se jettent sur les nouvelles à la main de la petite presse ou dévorent, le temps d’un voyage, la Bibliothèque des chemins de fer.

Pistes possibles
- Genres sous le signe de la vitesse : vaudeville, reportage, romans automobiles, aéronautiques, ferroviaires, pièces à grandes machines
- Écriture de la vitesse : formes brèves, style télégraphique, rythmes syncopés, fragmentation, juxtaposition, énumération
- Vitesse du geste créateur, improvisation, inspiration sur le motif
- Rythmes accélérés : accumulation de péripéties (roman feuilleton), ellipses, etc. Accélération des tempi musicaux, galop, valse, « musique à la vapeur », virtuosité
- Architecture de l’éphémère (Expositions universelles), rapidité de la construction (essor du verre et de l’acier)
- Esthétique du transitoire, beauté de la vitesse, valorisation de l’intensité

7. Résistances, peurs, pathologies

Dans la littérature sous toutes ses formes, y compris médico-psychologique, s’exprime un courant affirmant la crainte que l’accélération du temps ne soit pas sans effet sur les comportements sociaux, et plus précisément chez les individus fragiles. La vitesse est source d’angoisse, car contraire au besoin « naturel » de stabilité propre à l’espèce humaine : tel est le credo qui émane de ce courant.
Les enjeux sont aussi idéologiques. Dans une logique de polarisation, refuser la vitesse peut signifier choisir l’univers de la culture contre le monde des sciences. Par conservatisme, ou par humanisme, on défendra la tradition, la permanence contre la modernité. Les réfractaires à la vitesse, conservateurs de tout poil attachés aux traditions immémoriales, affirment ainsi leur singularité ou leurs choix éthiques par la résistance aux injonctions du collectif.

Pistes possibles
- La vitesse comme source d’angoisse, de vertige, de pathologies (névropathies, dégénérescence)
- Ralentir : les refus de la tyrannie de la vitesse
- Conservatisme, nostalgie, retour au passé et éloge de la lenteur ou de l’immobilisme
- Vitesse du présent et incertitude de l’avenir
- Défense de la pensée, du sentiment, contre l’agitation et la déshumanisation
- Le temps long des traditions contre l’accélération induite par les progrès technologiques

Les propositions de communication (environ 2000 signes), accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, sont à envoyer avant le 30 juin 2020 à l’adresse suivante : Claire BAREL-MOISAN
L’appel à communications est ouvert à des propositions relevant de la littérature française, de la littérature comparée, de l’histoire, de la philosophie, de l’histoire des arts et de la musicologie. Dans un souci d’analyse globale des phénomènes, on privilégiera des approches transversales, plutôt que des études monographiques.
Après évaluation par le comité scientifique, la réponse sera envoyée mi-juillet.

Titre
Parutions : Essai sur le goût et De la manière gothique
Date
Du 9 juillet au 9 septembre
Descriptif

- Essai sur le goût nouvelle édition par Catherine VOLPILHAC-AUGER et Pierre RÉTAT.
Le texte qui offre une réflexion esthétique originale a paru de façon posthume dans l’Encyclopédie en 1757.
Voir publication.

- De la manière gothique édité par Pierre RÉTAT, revu et enrichi par Catherine VOLPILHAC-AUGER et adapté pour le numérique par Helena BENSIMON.
Partant d’une réflexion suscitée par une visite de la Galerie du Grand-Duc de Florence (devenue le musée des Offices), Montesquieu y formule une théorie générale sur l’évolution de l’art.
Voir publication.

Titre
"Work, work your thoughts" : Henry V Revisited
Date
Vendredi 10 juillet
Descriptif

"Once more unto the breach, dear friends, once more !" : Harry of England’s rallying cry has never ceased to resonate with forceful energy to the ears of spectators far beyond the backdrop of the Anglo-French Hundred Years’ War. The climax of Shakespeare’s two tetralogies, which also coincided with the opening of the newly-built Globe theatre in the summer of 1599, Henry V has galvanized its audiences with its vibrant chorus and its battle scenes alike, while also exploring the heroic self-fashioning of a Christian king who may or may not be the noble soul that he aspires to be. Significantly, Shakespeare’s dramatic piece was also performed at court during the 1604/1605 Christmas season : it was then the only history play of the King’s Men’s repertoire.
Henry V has often been regarded as a patriotic work. Yet for all its emphasis on camaraderie, honour, power and ‘vasty’ ambition, many of its scenes often resound with the heart-rending echoes of personal loss and political division. The compelling rhetoric, variety of language, violent action, together with the complex socio-political issues at work in this history play, account for its global popularity in a post-Brexit world, on ‘unworthy scaffold[s]’ as much as on the Hollywood screen.

Following the recent inclusion of Henry V in the Agrégation syllabus in France (2021-2022), our publisher, Presses Universitaires Blaise Pascal, seeks to provide new perspectives on the play that will question issues relating to politics, gender, class, ethnicities, aesthetics, textuality, materiality, performance and adaptation. Editors welcome contributions on a variety of approaches highlighting the richness of the play and reflecting recent critical trends in early modern drama studies.

Contributors are invited to send their proposals (300-word abstract) along with a short bio-bibliography by July 10th, to Sophie CHIARI and Sophie LEMERCIER-GODDARD. They will be notified by July 20th.

Full chapters due by January 10th, 2021.

Titre
Des pieds et des mains. Représentations culturelles, politiques et sociales en Europe (1450-1650)
Date
Mardi 1er septembre
Descriptif

Pieds et mains permettent la relation à autrui, au monde et à Dieu. Comment la Renaissance appréhende-t-elle cette relation ? Les découvertes géographiques, médicales et techniques, l’avènement de nouveaux schémas de pensée et de nouvelles croyances, ainsi que les bouleversements sociaux qui en résultent ont-ils modifié la perception que l’homme se fait de ses pieds et de ses mains ? Nous proposons, lors de ce colloque, d’explorer de manière non limitative les domaines suivants :

1/ La dimension normative

La référence au pied ou à la main cherche-t-elle à véhiculer une norme ou à l’établir ?
On s’appuiera sur le système de mesures (pied, pouce), sur les codes de politesse (révérence, salut civil ou militaire), sur les codifications chorégraphiques ou théâtrales, sur les us et coutumes (cf. les accessoires qui habillent pieds et mains, comme chaussures et gants, et éventuellement ceux qui refusent cette norme, comme les moines déchaux).
Les autres peuples (notamment les peuples récemment découverts et/ou fantasmés, voire imaginaires, dont on moque les caractéristiques physiques ou auxquels on attribue des particularités étranges) sont-ils vus avec les mêmes attributs ? Le concept d’exotisme réside-t-il dans une dissemblance des pieds et des mains ?
Comment est perçu le handicap ? Dans cette optique, nous pourrons nous interroger, par exemple, sur le statut de l’estropié ou du manchot.
De la marginalité à la monstruosité : quels sont les critères qui stigmatisent le pied ou la main qui ne fonctionne pas selon les normes (statut de celui qui est né avec un pied bot ou qui est gaucher) ? Il s’agira, dans cette perspective, de réfléchir à ce que ces discriminations disent de la société où elles ont cours.
Enfin, quel intérêt y a-t-il à souligner l’anormalité ou l’irréalité de certains êtres par la difformité de leurs pieds ou de leurs mains (diable aux pieds fourchus, satyres aux pieds de bouc) ?

2/ La dimension sacrée et/ou symbolique

Comment s’impose le rôle sacré du pied ou de la main ? Nous étudierons ainsi ce qui relève de la tradition, de la croyance, de l’instrument de pouvoir.
De la main de Dieu, créatrice du premier homme, à la main du roi (qui guérit les écrouelles, qui adoube), du prêtre (qui bénit ou baptise) ou du juge (main de Justice, prestation de serment), quel pouvoir passe par la main ?
Est-ce la main ou le geste qui est signifiant ? Comment passe-t-on du corporel au symbolique ?
Comment s’exprime ce pouvoir dans le langage spécialisé, technique ou courant (ex. : « J’en mettrais ma main au feu », expression qui renvoie aux ordalies) ? On pourra également faire une étude linguistique des adages et expressions populaires comme témoignages des croyances et des superstitions liées à ce pouvoir réel ou supposé.
Si les animaux et les plantes ont des pieds, l’homme a aussi des mains : quelle part d’humain ou de divin recèle la main qui crée ? Est-elle vue comme la marque de la supériorité de l’homme sur les autres espèces ?
D’autres domaines pourront être pris en considération : la chiromancie, la physiognomonie ou le magnétisme (que suppose l’imposition des mains).

3/ La dimension humaniste

En quoi pieds et mains sont-ils perçus comme l’expression de l’individu tout entier, de sa personnalité profonde, voire de son âme ? Sont-ils la synecdoque du corps ? Que révèlent-ils ? Qu’occultent-ils ?
On pourra s’appuyer sur l’étude des représentations des pieds et des mains : planches de médecine, représentations en peinture et sculpture, gisants, etc.
Pieds et mains peuvent laisser une trace : l’empreinte. Quel(s) intérêt(s) offre-telle ?
Dans quelle mesure la vision des pieds et des mains est-elle conditionnée par une représentation mentale qu’infléchit la culture antique (influence de la Bible, de l’art grec ou romain, de la philosophie…) ?

4/ La dimension créatrice, littéraire et artistique

La main n’est-elle qu’un outil, le pied un support ou un simple moyen de locomotion ? N’ont-ils pas un rôle au-delà d’une vision utilitaire qui relèverait d’une dimension créatrice et artistique ?
Le champ de la création est vaste, puisqu’il conviendrait de s’interroger sur les arts scéniques (théâtre, danse, marionnettes), l’écriture (l’œuvre imprimée risque-t-elle de perdre ce que le manuscrit avait d’unique ?), la peinture, les jeux (comme la mourre), ainsi que les activités physiques (escrime, jeu de paume…). On pourra alors se référer aux mythes de la création technique ou artistique, par exemple celui d’Héphaïstos (boiteux mais remarquable forgeron).
Dans la littérature et le théâtre, pieds et mains peuvent-ils avoir un rôle narratif ? Dans les œuvres dramatiques, nous pensons par exemple à la main qui tue. Ces parties du corps peuvent également être sources d’inspiration, comme dans les blasons, ces courts poèmes célébrant le corps féminin. Par ailleurs, comment pieds et mains peuvent-ils revêtir une fonction érotique ou maléfique dans un texte littéraire ?
Dans l’art, la fascination des peintres de la Renaissance pour les mains (par exemple, les études de Léonard de Vinci ou la Création d’Adam de Michel-Ange, où l’index de Dieu rejoint celui d’Adam) pourra être étudiée, dans la continuité des travaux de l’historien de l’art André Chastel, notamment dans son article « L’art du geste à la Renaissance » (in La Revue de l’Art, volume 75-1, 1987, pp. 9-16).
Danser n’est-ce pas, entre autres, « mouvoir & remuer les pieds [et] mains » pour citer partiellement la définition de Thoinot Arbaud dans son Orchésographie (1589) ? Nous pourrons alors nous interroger sur le placement des pieds et des mains et réfléchir à la dimension normative induite par les manuels chorégraphiques.

Ces pistes sont données à titre indicatif et ne sont pas limitatives. Certaines peuvent faire l’objet d’une étude croisée. Nous ne restreignons pas ce colloque à une aire géographique en particulier afin de permettre de réfléchir à cette thématique sur le plan européen.

Les propositions de communications en français, d’une longueur de 300 à 500 mots, assorties d’une courte notice bio-bibliographique, sont à adresser conjointement à Marie-Joëlle LOUISON-LASSABLIÈRE et Samuel CUISINIER-DELORME avant le 1er septembre 2020. Les notifications d’acceptation seront envoyées aux participants en octobre 2020.

Titre
Analyse d’un genre littéraire, le roman d’anticipation scientifique : collaboration à une base de données
Date
Mardi 1er septembre
Descriptif

Domaine d’expertise
Analyse littéraire
Caractéristique du poste : travail sur écran

Description du stage
L’équipe ANR Anticipation a conçu une base de données hébergée sur Huma-Num et destinée à être ouverte au public, pour décrire et analyser un corpus de 500 romans d’anticipation. Parus entre 1860 et 1940, ces romans et nouvelles déploient un imaginaire scientifique ou social dans des fictions souvent situées dans l’avenir. Ces œuvres présentent des mondes utopiques ou dystopiques, des inventions techniques extraordinaires, etc. Elles investissent des genres et des registres très variés (roman d’aventures à la Jules Verne, textes humoristiques et satires, nouvelles symbolistes, romans pour la jeunesse).

Chaque fiche de la base de données comporte des informations qui portent principalement sur :
- les caractéristiques narratives et les références intertextuelles ;
- le relevé des informations de nature scientifique ;
- les supports éditoriaux depuis la première parution ;
- la réception critique de l’œuvre.

Le ou la stagiaire contribuera à compléter la base qui compte déjà plus de 400 fiches. Il ou elle devra lire les œuvres (en volume ou en format numérique) et saisir les informations pertinentes sur la base de données. Chaque fiche devra être complétée par des recherches spécifiques sur les éditions successives de l’œuvre et sa réception critique. Une méthodologie sera fournie et le stage débutera par une journée de formation (en visioconférence) avec la responsable de l’équipe ANR : Claire Barel-Moisan, chargée de recherche au CNRS (IHRIM, équipe ENS-Lyon).

Encadrement du stage et équipe de recherche
Le ou la stagiaire sera encadré(e) administrativement par Sarah Mombert, MCF à l’ENS-Lyon, membre de l’ANR Anticipation. Il ou elle sera par ailleurs encadré(e) dans son travail par Claire Barel-Moisan, responsable de l’ANR Anticipation. Son travail s’inscrira dans le programme de recherches plus global de l’ANR Anticipation.

Présentation de l’organisme d’accueil
Le ou la stagiaire sera accueilli(e) au sein de l’IHRIM, dans une équipe travaillant à la jonction de la littérature et de l’histoire des sciences, sur le roman d’anticipation scientifique entre 1860 et 1940.

Qualités requises
Rigueur, curiosité, précision, qualités rédactionnelles
Possibilité d’accueillir deux stagiaires qui pourront travailler en binôme

Date du début de stage et durée
22 journées de 7h ou une durée à déterminer en fonction de l’établissement du ou de la stagiaire.
Entre septembre et juillet : période précise à déterminer avec le ou la candidat(e) retenu(e).
Possibilité de faire le stage de façon « perlée » : 1 jour par semaine.

Lieu du stage
ENS Lyon, site Descartes, Bâtiment Recherche.

Contact pour candidater
Claire BAREL-MOISAN, chargée de recherche au CNRS

Titre
Histoire mondiale des actualités cinématographiques pendant la seconde moitié du XXe siècle
Date
Vendredi 18 septembre
Descriptif

Cette journée d’études a pour objet de faire un bilan sur l’histoire des actualités cinématographiques dans le monde pendant la seconde moitié du XXe siècle. Elle est associée au projet ANTRACT(*) consacré à l’analyse transdisciplinaire des journaux de la société de presse filmée Les Actualités françaises (1945-1969), entreprise d’État qui a produit pendant près d’un quart de siècle plus de 20 000 sujets d’actualités destinés au public des salles de cinéma françaises et étrangères.

Organisée autour de communications et d’échanges interdisciplinaires, cette rencontre s’inscrit dans une double perspective de recherche historique et technologique : ses participants se proposeront d’y mettre à jour l’état des connaissances sur les modes de production, les contenus, la réception ainsi que la gestion patrimoniale des actualités cinématographiques ; ils y présenteront également les instruments spécialisés dans la reconnaissance automatique et l’analyse des images, des sons et des textes qui optimisent l’accès aux archives filmées et ouvrent de nouvelles perspectives à l’étude de leurs contenus grâce à des dispositifs basés sur l’intelligence artificielle.

Tribune des recherches sur les films d’actualités envisagés dans la temporalité de leur production, cette journée d’étude réunira des spécialistes internationaux de la presse filmée, des historiens travaillant sur les usages contemporains de ce type de documents ainsi que des professionnels qui les exploitent aujourd’hui. Ils participeront à un dialogue sur les enjeux historiographiques associés à la migration des actualités cinématographiques dans le flux des programmes audiovisuels actuels.

(*) Analyse transdisciplinaire des actualités filmées, projet financé par l’Agence nationale de la recherche.

INSCRIPTION OBLIGATOIRE avant le 17 septembre auprès du comité d’organisation

Titre
Ius gentium – Théories et pratiques du droit international dans le droit et la théologie de la première modernité
Date
Du 25 au 26 septembre
Descriptif

Synopsis

This symposium proposes to explore five major issues related to the early modern theory and practice ofius gentium :
1. The generic definitions of ius gentiumbetween theory and practice
2. Dominium, kingdoms, borders and international trade
3. Humanity, Church, Empire and State
4. The question of global stability and of the binding force of the law of nations
5. Theory and practices -The right to war, the intermediaries of peace and the question of the use of the law of nations in case of conflict

Titre
Enfants et enfance dans la fabrique du scandale à l’époque moderne Histoire, littérature, mémoire
Date
Du 1er au 2 octobre
Descriptif

L’objet de ce colloque sera d’analyser comment et pourquoi l’enfant, individuellement ou en groupe, peut être au cœur des processus de fabrique du scandale, comment il peut même transformer la notion lorsque des événements le touchent spécifiquement. Il s’agira de voir à la fois comment certains scandales permettent de construire l’enfance comme catégorie, et comment leur mise en récit littéraire (parfois au croisement du judiciaire, dans des sources comme les factums) permet de percevoir l’évolution des normes sociales et culturelles, mais aussi des émotions relatives à l’enfant au cours de l’époque moderne (xvie-xviiie siècles).

Titre
La représentation des catastrophes naturelles dans la littérature anglaise des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles (2020)
Date
Du 1er au 3 octobre
Descriptif

THE REPRESENTATION OF NATURAL DISASTERS IN EARLY MODERN LITERATURE

Provisional programme

THURSDAY, OCTOBER 1st

8.30 Formal opening :
Jean-Philippe Luis, Head of Maison des Sciences de L’Homme
Pierre Schiano, Head of the ‘I-Site CAP 20-25’ project and Vice-Président of Université Clermont Auvergne
Sophie Chiari

NATURAL DISASTERS IN HISTORY AND THE HISTORY OF IDEAS

9.00 Keynote : John Gillies (University of Essex) : ‘What was or is a natural disaster ?’
10.00 Julie Vanparys-Rotondi (Université Clermont Auvergne) : ‘Tending one’s own garden : husbandry, weather lore and prognostication in early modern England’
10.30 Isabelle Fernandes (Université Clermont Auvergne) : ‘“This wondrous violent motion” : reading earthquakes in Elizabethan England’

COFFEE BREAK

11.30 Sandhya Patel (Université Clermont Auvergne) : ‘The Royal Society’s transactions with natural disaster in the eighteenth century’
12.00 Laurence Gourievidis (Université Clermont Auvergne) : Phytophthora Infestans, European Famines and heritage.

LUNCH (room 332)

STORMS AND SEA STORMS

14.30 Keynote : Geraldo U. de Sousa (University of Kansas) : ‘Extreme Weather : Shakespeare, natural disaster, and atmospheric phenomena’
15.30 Jean-Jacques Chardin (Université de Strasbourg) : ‘The perception of natural disasters by early modern mythographers’
16.00 Danièle Berton-Charrière (Université Clermont Auvergne) : ‘Man in stormy weathers : tempestuous skies and outbursts in Shakespeare’s times and works’

COFFEE BREAK

17.00 Anna Demoux (Université Clermont Auvergne) : ‘The Art of Navigation by Martín Cortés, a case study’
17.30 Jonathan Pollock (Université de Perpignan – Via Domitia) : ‘The Renaissance commonplace of the storm at sea : Rabelais, Camoes and Shakespeare’


FRIDAY, OCTOBER 2nd

ELSEWHERES : FROM SHAKESPEARE TO CLI-FI

9.30 Anne Geoffroy (Université Versailles Saint Quentin) : ‘Aqua alta in Venice from an English perspective’
10.00 Sophie Lemercier-Goddard (École Normale Supérieure de Lyon) : ‘Frozen : journeys to the end of the world’

COFFEE BREAK

11.00 Anne Rouhette (Université Clermont Auvergne) : ‘Frankenstein’s creature, a natural “catastrophe”’ ?
11.30 Vincent Martins (Université Clermont Auvergne) : ‘Comparative collapsology : from Shakespeare to George R.R. Martin’

LUNCH

ECOCRITICAL ISSUES

14.00 Keynote : Todd A. Borlik (University of Huddersfield) : ‘Eco-catastrophe in the late works of Michael Drayton : the invention of the disaster epic’
15.00 Meriel Cordier (Université Clermont Auvergne) : ‘Representations of Ovine diseases in early modern England’
15.30 Sophie Chiari (Université Clermont Auvergne) : ‘The plague of gnats in early modern England’
16.00 Mickaël Popelard (Université de Caen Normandie) : ‘Between the earth and a hard place : John Ray’s inquiry into the dissolution of the world in Miscellaneous Discourses (1692)’

COFFEE BREAK

FROM SUPERSTITION TO SCIENCE : PRAGMATIC APPROACHES ?

17.00 Angus Vine (University of Stirling) – ‘Of windmills and sail-boats : Francis Bacon and the mastery of the winds‘
17.30 Pierre Lurbe (Paris Sorbonne Université) : ‘The Lisbon disaster viewed from England’
18.00 Katherine Halsey (University of Stirling) : ‘Storms, tempests and “visions of romance” : Jane Austen and the weather’


SATURDAY, OCTOBER 3rd

AESTHETICS : REPRESENTING DISASTROUS EVENTS

9.00 Keynote : David M. Bergeron (University of Kansas) : ‘The storms of Othello in 1613’
10.00 Chantal Schütz (École Polytechnique) : ‘“Hecla, whose sulfurious fire Doth melt the frozen clime and thaw the sky” : musical representations of extreme natural phenomena in early modern English madrigals and lute-songs’
10.00 Alix Desnain (Université Clermont Auvergne) : ‘Staging the elements : Purcell’s King Arthur’
11.00 Anne-Valérie Dulac (Paris Sorbonne Université) : ‘The impact of climate on early modern watercolours’
11.30 Caroline Bertonèche (Université Grenoble Alpes) : ‘Romantic disasters : Byron, Keats and John Martin’
12.00 Results and prospects

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