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    André Chénier
    INÉDIT. Édition établie et présentée par Stéphane ZÉKIAN

    Albert THIBAUDET

    coll. « Parallèle », série Thibaudet à l’Académie
    Éditions des Équateurs
    15 mars 2018, 94 p.
    ISBN 978-2-84990-558-6

    Sous ses airs de paysan bourguignon, Albert Thibaudet, chroniqueur à la NRF pendant un quart de siècle est l’un des plus grands critiques littéraires de l’entre-deux-guerres. Sous sa plume d’amateur gourmand, la littérature est un banquet joyeux, une géographie solaire, un corps sensuel. Thibaudet galope à travers les siècles, enjambe les frontières, rejette l’esprit de sérieux. Il faut s’abreuver à son œuvre comme à une eau vive pour retrouver le goût des textes, de la simplicité, du style.

    « S’il pouvait revenir parmi nous, témoin de sa gloire posthume, j’imagine que Chénier verrait avec un égal plaisir les deux faces de Janus que nous lui prêtons. Il lui serait également agréable de s’apparaître comme un annonciateur de l’avenir ou un mélodieux écho du passé. Et voilà bien pourquoi il n’est qu’à moitié l’un et l’autre. Plus que personne il représente, profondément et avec délices, le Français du XVIIIe siècle. »

    Ce volume s’inscrit dans la série Thibaudet à l’Académie, suite de sept essais composés dans le cadre des prix d’éloquence organisés par l’Académie française autour de 1900.


    Angelo, tyran de Padoue

    Victor HUGO

    Édition d’Olivier BARA
    coll. « Folio théâtre », n° 210
    29 septembre 2022, 272 p.
    Paris, Gallimard
    ISBN 9782072889318

    Dans l’Italie du XVIe siècle, Angelo est le gouverneur de Padoue, tout-puissant en apparence. Car au-dessus de lui plane le pouvoir ténébreux et menaçant de Venise. Angelo est d’abord tyran chez lui en tant qu’époux despotique de Catarina. Soumise aux lois du mariage d’intérêt, la patricienne Catarina ne connaît l’amour qu’auprès de Rodolfo, un jeune homme qu’aime aussi une comédienne et courtisane, la Tisbe, amante d’Angelo. Dans l’ombre de ces quatre personnages se glisse l’inquiétant Homodei, figure de l’envie et agent de la vengeance. Face à Catarina et à la Tisbe, en qui se résume la condition des femmes, se dressent ainsi trois hommes que guide une inquiétante pulsion mortifère.
    Cette pièce historique, qui mêle drame politique et tragédie domestique, montre des êtres pris au piège d’un terrifiant univers d’oppression, de surveillance et de délation, où s’immiscent le désir et la passion.


    Anthologie de la littérature grecque. De Troie à Byzance
    VIIIᵉ siècle avant J.-C. - XVᵉ siècle après J.-C.

    Laurence PLAZENET (éd.)

    Traduction nouvelle
    Traduction du grec ancien par Emmanuèle BLANC
    Édition de Laurence PLAZENET
    coll. « Folio classique »
    Paris, Gallimard
    29 octobre 2020, 944 p.
    ISBN 9782070359233

    De la guerre de Troie à la chute de Byzance, des hommes et des femmes ont écrit sensiblement dans la même langue. Au-delà des vicissitudes de l’histoire, des différentes religions qu’ils ont pratiquées, des pays où ils ont vu le jour, éparpillés autour du bassin méditerranéen, ils ont éprouvé dans cet usage du grec le sentiment d’une communauté, revendiqué une identité fondée sur une culture et des valeurs intangibles. Ces vingt-trois siècles de littérature, qui ont exploré tous les genres, pratiqué tous les tons, affronté tous les sujets, d’Œdipe à la passion du Christ, de la fondation de la démocratie à l’Empire, sont à la source de notre histoire et de notre imaginaire. Les découvrir, c’est aller à la rencontre de nous-mêmes, mais aussi faire l’épreuve d’une altérité radicale. Qui sont Sappho, Archiloque, Pindare, Lucien, Paul le Silentiaire ou Anne Comnène ? Comment lire une épigramme votive ? À quels dieux rêve Julien l’Apostat ? De quoi rient Démocrite et Diogène ? Cette anthologie fait le pari de l’émerveillement et, souvent, de l’inconnu. À l’indifférence et à l’ignorance, elle oppose des œuvres dont la fraîcheur et la puissance sont restées intactes. Leur lecture interdit l’oubli, et ranime en nous ce désir d’intelligence, dont la Grèce a été un emblème absolu.


    Anthropologie sceptique et modernité

    Sylvia GIOCANTI (dir.)

    coll. « La Croisée des chemins »
    Lyon, ENS éditions
    7 juillet 2022, 286 p.
    ISBN 979-10-362-0528-6

    L’Histoire du scepticisme de Richard H. Popkin, qui a dominé la recherche aux États-Unis et en Europe depuis les années 1960, était essentiellement consacrée aux rapports entre scepticisme et foi entre la fin du Moyen Âge et le début du XIXe siècle. Et lorsque Stanley Cavell a réintroduit la question de l’homme dans les études sceptiques contemporaines, c’est dans le sillage d’une interprétation du doute hyperbolique des Méditations métaphysiques de Descartes qui conduisait à faire des sceptiques des anti-humanistes renonçant au monde. C’est pourquoi il importait, suivant la suggestion d’Hans Blumenberg, de poser la question anthropologique à partir du rôle clef joué par le remodelage du scepticisme antique dans les Essais de Montaigne. Après s’être demandé s’il y a un sens à parler d’un « naturalisme sceptique » ou encore d’une « anthropologie sceptique de la croyance », le présent ouvrage s’interroge sur les limites d’une approche exclusivement rationnelle de l’humanité et réfléchit à l’importance de la relation pour la penser non plus en termes de nature mais de condition. Il montre ainsi la contribution paradoxale mais constante du scepticisme philosophique à l’étude de l’homme.

    Cet ouvrage a reçu le soutien financier de l’IHRIM. Sylvia GIOCANTI est professeure à l’université Paul Valéry Montpellier et membre associé de l’IHRIM.


    Appareil n°22, 2020
    « Une philosophie de l’appareil »

    Audrey RIEBER (dir.)

    Revue publiée sur OpenEdition Journals
    Éditeur MSH Paris Nord
    Mis en ligne le 21 décembre 2020
    DOI : 10.4000/appareil.3447
    e-ISSN 2101-0714

    Hommage à Jean-Louis Déotte

    Ce numéro est un hommage au philosophe Jean-Louis Déotte, disparu en 2018. Il se veut un dialogue continué avec sa pensée de l’appareil, concept qui articule arts, politique et techniques pour penser la spécificité de différentes époques : époque de l’incarnation avec les lettrines gothiques, époque de la projection avec la perspective ou encore époque de l’immersion avec le numérique. La revue Appareil, qu’il a cofondée et portée pendant dix ans, est le lieu propice pour le remercier de son héritage et le poursuivre. Les présentes contributions prennent la forme d’articles académiques, de recensions, de contributions visuelles et poétiques, de notes personnelles et biographiques.


    Argentinean Literary Orientalism, from Esteban Echeverría to Roberto Arlt

    Axel GASQUET

    coll « Historical and Cultural Interconnections between Latin America and Asia »
    Palgrave Macmillan
    décembre 2020, xiv+304 p.
    ISBN 978-3-030-54465-2
    eISBN 978-3-030-54466-9

    This book examines the modes of representation of the East in Argentinean literature since the country’s independence, in works by canonical authors such as Esteban Echeverría, Juan B. Alberdi, Domingo F. Sarmiento, Lucio V. Mansilla, Pastor S. Obligado, Eduardo F. Wilde, Leopoldo Lugones, and Roberto Arlt. The East, which has always fascinated intellectuals and artists from the Americas, inspired the creation of imaginary elements for both aesthetic and political purposes, from the depiction of purportedly despotic rulers to a genuine admiration for Eastern history and millennial cultures. These writers appropriated the East either through their travels or by reading chronicles, integrating along the way images that would end up being universalized by the Argentinean dichotomy between civilization and barbarism, all the while assigning the negative stereotypes of the exotic East to the Pampa region. With time, the exoticism of the Eastern world would shed its geopolitical meaning and was ultimately integrated into the national literature, thus adding new elements into the Argentinean imaginary.


    Articles de l’Encyclopédie
    Édition de Myrtille MÉRICAM-BOURDET et Catherine VOLPILHAC-AUGER

    Denis DIDEROT

    Paris, Gallimard
    coll. « Folio classique » (n° 6041)
    novembre 2015, 464 p.
    ISBN 9782070446933

    Dix-sept volumes, 72 000 articles, 5 800 attribués à Diderot : dans cette entreprise unique que fut l’Encyclopédie, nous avons retenu 100 articles rédigés par Diderot. Non pas toujours les plus connus, mais les plus représentatifs de son génie, qui consiste à répondre aux questions que parfois le lecteur ne se posait pas, et ainsi à éveiller les consciences. Ce choix reflète les différentes facettes de son activité : Diderot éditeur, qui corrige et complète les textes des collaborateurs de l’entreprise ; Diderot auteur, débordant d’enthousiasme quand le sujet le passionne, piquant la curiosité du lecteur et l’entraînant sur des chemins nouveaux, en transformant les règles de l’écriture encyclopédique. Maniant aussi bien l’ironie que la critique, il n’hésite pas à adopter un ton personnel, en mettant en scène ses hésitations, ses interrogations, ses convictions. Une nouvelle manière de philosopher est née.


    As You Like It
    Shakespeare’s Comedy of Liberty

    Sophie CHIARI

    coll. « CNED »
    Paris, Presses universitaires de France (PUF)
    19 octobre 2016, 156 p.
    ISBN 978-2-13-078635-1

    Comme il vous plaira (As you like it), célèbre comédie de Shakespeare (env. 1599), révèle un monde de possibilités ne demandant qu’à être découvertes, essayées et remises en cause. Fondée sur une intrigue simple mettant à l’honneur un vaillant jeune homme, Orlando, prêt à tout pour conquérir le cœur d’une jeune femme pleine d’esprit et déguisée en homme, Rosalind, elle met l’accent sur le discours et le badinage amoureux plutôt que sur l’action. Surtout, elle propose une réflexion très fine sur les thématiques du genre, de l’illusion théâtrale et du pouvoir en tendant un miroir déformé aux vanités du monde de la cour élisabéthaine et aux désillusions qu’elles pouvaient engendrer. Cette étude, entièrement rédigée en anglais, explore la richesse du texte shakespearien. De la forêt d’Arden au travestissement, du rire à l’amour, ce livre réexamine et recontextualise les multiples facettes de la comédie afin de montrer comment Shakespeare a reformulé les codes du théâtre prémoderne pour mieux réinventer le genre de la comédie pastorale.
    Ouvrage en anglais.


    Astérion n° 26, 2022
    « Entre politique et philosophie : l’édition des philosophes “classiques” en France au XIXe siècle »

    Félix BARANCY (dir.)

    Édité par ENS éditions
    n° 26, 18 août 2022
    Publié en ligne sur OpenEdition
    ISSN électronique 1762-6110
    DOI https://doi.org/10.4000/asterion.7827

    Nous travaillons chaque jour, pour la plupart d’entre nous, à lire des textes de philosophes du passé. Pourtant, parce qu’il est constamment sous nos yeux, nous nous focalisons rarement sur le médium éditorial qui permet cette lecture. Or, loin d’avoir ce statut de « degré zéro de la réception », inoffensif et impartial, qu’on a parfois voulu lui attribuer, le travail d’édition philosophique semble de part en part traversé d’enjeux tant politiques que philosophiques. C’est particulièrement le cas au XIXe siècle, au moment où se développe en France, sous l’égide de Victor Cousin, l’histoire de la philosophie comme discipline autonome. Éditer un texte est alors à la fois un moyen de réactiver des traditions légitimant sa propre philosophie, de se constituer des ancêtres ou des ennemis. Mais les éditions sont aussi un lieu privilégié pour développer sa propre philosophie, dans les notes et les préfaces, sous l’autorité illustre des classiques que l’on édite. Enfin, certains philosophes explicitent qu’un tel travail est en lui-même philosophique, dans la mesure où éditer est un acte dont on peut attendre des bénéfices philosophiques. Les six études de ce dossier rendent compte de la diversité des usages et des mérites philosophiques des éditions de philosophes au XIXe siècle en France, en se focalisant sur six « classiques » : Montesquieu, Pascal, Buffier, Spinoza, Reid et Leibniz.
    Ce numéro regroupe les actes d’une journée organisée le 17 juin 2021 par Félix BARANCY et à laquelle plusieurs membres de l’IHRIM avaient participé.


    Astérion n°13, 2015/2
    « La démocratie à l’épreuve du conflit »

    Marie GOUPY et Sébastien ROMAN (dir.)

    ENS éditions
    n° 13, décembre 2015
    Publié en ligne sur OpenEdition
    ISSN électronique 1762-6110

    Résumé

    Poser la question de la place et de la valeur du conflit en démocratie n’est pas inédit. La philosophie politique au XXe siècle le fait déjà abondamment, tant pour contester le consensualisme de la démocratie délibérative, que pour interroger les limites du libéralisme sur la question des dangers que représentent les conflits radicaux, et proposer, de manière très diverse, une valorisation de l’agonistique.

    Pour autant, de nombreux événements récents, notamment des mouvements sociaux contestataires, reposent cette question avec acuité. Est-ce à dire que l’on assiste à une intensification des conflits sociaux de nos jours, et ce pour le bien de nos démocraties ? Le conflit peut-il, de manière pertinente, servir de principe politique ?

    Les contributions qui suivent ont la particularité d’interroger la conflictualité démocratique contemporaine soit directement, soit de manière plus large en la liant à des questions plus anciennes – révélant ainsi toute sa complexité.

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    Astérion n°14, 2016/1
    « Penser les révolutions arabes »

    ENS éditions
    n° 14, juin 2016
    Publié en ligne sur OpenEdition
    ISSN électronique 1762-6110

    Les révolutions arabes de 2011 constituent l’un des événements majeurs du début du XXIe siècle, et le point de départ de changements importants dans les discours des sciences humaines et sociales consacrés au monde arabe et à l’Islam. Mobilisant plusieurs disciplines et compétences, ce dossier interroge l’identité de ce processus, scrute le statut des acteurs ayant émergé lors du début des soulèvements, et propose quelques interprétations d’ordre historique, sociologique ou philosophique. Les auteurs montrent, chacun à partir de sa perspective et des outils scientifiques mis en œuvre, que ce processus rentre légitimement dans la catégorie moderne et universelle de la « révolution », et qu’il n’est pas possible de le rabattre sur des formes secondaires de la contestation telles que l’émeute, la sédition ou l’insurrection. Certes, toutes ces catégories sont à la base du processus, mais ce dernier les dépasse pour épouser des dynamiques qu’on a pu observer et étudier à propos des grandes révolutions, française, américaine, anglaise ou autre. La confiscation actuelle de ce processus par la logique de la dissidence religieuse ne remet pas en cause cet aspect, ni ne compromet son approche dans ce sens. C’est pour cette raison que le dossier se penche aussi sur le problème théologico-politique tel qu’il a pu émerger après 2011, et qu’il tente de faire ressortir la complexité des liens entre politique et religion dont l’un des points de rencontre se situe justement au niveau de la question de la dissidence et de la révolution.
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    Astérion n°15, 2016/2
    « Après la guerre »

    Jean-Louis FOURNEL et Christian BIET (dir.)

    ENS éditions
    n° 15, décembre 2016
    Publié en ligne sur OpenEdition
    ISSN électronique 1762-6110

    Ce dossier s’intéresse au moment qui suit le conflit, à ce que l’on nomme le plus souvent « l’après-guerre » et qui est toujours perçu comme moment problématique, comme un processus toujours inachevé dont on sait quand il commence mais jamais vraiment quand il s’achève. Voilà pourquoi nous avons préféré renvoyer par notre titre non pas à un objet défini et délimité par un substantif (« l’après-guerre »), mais justement à un questionnement lié à un moment sans frontières avérées, à une « qualité des temps », comme aurait dit Machiavel. Nous n’entendons pas en effet postuler d’emblée l’autonomie d’un champ d’étude (l’après-guerre) qui reste encore largement à définir et à circonscrire, en définitive, malgré la multiplication, depuis une vingtaine d’années, des travaux sur la culture de guerre, sur sa perpétuation et sur sa déprise au-delà de la fin du conflit. Il s’agira plutôt de s’interroger sur ce qui advient en un moment déterminé, à partir de cristallisations récurrentes nées de la guerre en considérant, sans s’arrêter aux seules problématiques de l’histoire « culturelle », les questions de la justice, des responsabilités, de l’indicibilité de certains phénomènes liés au conflit, de la mise en récit ou en scène du conflit passé, de l’oubli et de la mémoire.

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    Astérion n°16, 2017/1
    « Traductions vers le latin au XVIe siècle »

    Martine FURNO

    ENS éditions
    n° 16, juin 2017
    Publié en ligne sur OpenEdition
    ISSN électronique 1762-6110

    Le XVIe siècle voit l’émergence des vernaculaires comme langues de pensée, et le maintien en parallèle du latin comme langue savante de communication et de réflexion. Ce double mouvement, l’un de conquête et l’autre de résistance, a souvent été étudié du point de vue du vernaculaire, pour en marquer la progression tant pour la structuration des langues que pour le terrain gagné sur le latin dans le domaine des textes de fiction autant que d’argumentation. Le petit dossier présenté ici, issu d’une journée d’études tenue à l’ENS de Lyon en novembre 2013, a cherché à interroger les faits avec le point de vue inverse, non dans une approche de supériorité ou de compétition qui envisagerait la place de la langue latine comme résistance à une regrettable déperdition, approche qui serait stérile et anhistorique, mais sous l’angle de l’impact progressif de cette montée des vernaculaires sur le latin, tout au long du siècle.

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    Astérion n°17, 2017/2
    « De l’intérêt général »

    Pierre CRÉTOIS et Stéphanie ROZA (dir.)

    ENS éditions
    n° 17, décembre 2017
    Publié en ligne sur OpenEdition
    ISSN électronique 1762-6110

    La notion d’intérêt général est, aujourd’hui, autant un concept juridique qu’un topos rhétorique. Son usage, qui se généralise en France dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, est inséparable d’une ambiguïté constitutive : en effet, les débats autour de sa définition cristallisent, depuis l’époque des révolutions, les enjeux de la caractérisation moderne de l’État et de son droit. C’est pourquoi on ne peut s’étonner qu’elle ait été portée tant par des penseurs que l’on peut rattacher à la tradition libérale (Locke ou Hobbes, souvent associés aux prémisses du libéralisme), que par d’autres, davantage associés à la tradition égalitariste (Proudhon) ou républicaine (Rousseau, Léon Bourgeois). L’invocation de l’intérêt général correspond toujours à une prise de position particulière dans le champ politico-philosophique. Les articles du présent dossier s’efforcent de montrer que chacune des conceptualisations fortes de l’intérêt général, y compris critiques, implique une conception de l’homme et de ses droits, ainsi qu’un projet de société.

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    Astérion n°18, 2018/1
    « Tetens et la philosophie transcendantale. Psychologie, philosophie transcendante et perfectibilité »

    Jean-Paul PACCIONI (dir.)

    ENS éditions
    n° 18, juin 2018
    Publié en ligne sur OpenEdition
    ISSN électronique 1762-6110

    L’histoire des idées est structurée par des choix téléologiques aveugles qu’il faut mettre en cause, en redonnant de la liberté à la pensée. Ainsi Johann Nikolaus Tetens (1736-1807) est totalement ignoré. Il joue pourtant un rôle central dans les débats philosophiques du XVIIIe siècle en Allemagne. Les textes présentés ici tentent de rendre visibles ses apports originaux, en nous libérant de nos fausses évidences. Tetens a discuté les premiers écrits de Kant et a influencé la Critique de la raison pure. En prenant position dans le débat concernant les forces de l’âme, il a tenté de montrer que l’âme a une parfaite spontanéité propre. Dans ce but, il s’écarte aussi bien du dogmatisme spéculatif que de la psychologie empirique. Il n’est donc pas seulement le « Locke allemand ». De plus, sa démonstration engage une réélaboration de la notion rousseauiste de perfectibilité. On peut alors considérer que Tetens a développé avant Kant le problème kantien de l’objectivité de la connaissance. La question est de déterminer comment il l’a posé et ce que cela nous apprend.

    J.-P. PACCIONI est membre associé de l’IHRIM, PAST à l’ENS de Lyon.

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