Libertinage et Philosophie au XVIIe siècle

Revue dirigée par Nicole GENGOUX, Pierre GIRARD et Mogens LÆRKE
Début de la revue : 1997-

Cette revue a été dirigée par Antony MCKENNA et Pierre-François MOREAU jusqu’en 2017 et éditée par les Presses de l’université de Saint-Étienne jusqu’en 2016. À partir de 2017, le numéro 14 est diffusé chez Classiques Garnier
ISSN ISSN : 2557-4019
Elle fait partie, avec Les colloque du Puy-en-Velay de la collection « Renaissance et Âge classique » – adossée à l’équipe IHRIM Saint-Étienne – des Presses de l’université de Saint-Étienne, collection qui s’intéresse à tous les aspects de la vie sociale et culturelle de l’Âge classique, de la Renaissance aux Lumières, et publie des textes sources de cette période et une littérature critique pertinente. Ses publications portent ainsi sur l’histoire des idées philosophiques et religieuses, la littérature, la musique, les arts et la représentation des genres.
Directrice de collection : Christelle Bahier-Porte

Avant propos du numéro14, 1er numéro paru chez Classiques Garnier

C’est avec joie que nous annonçons la renaissance du périodique Libertinage et philosophie à l’époque classique (xvie-xviiie siècle). Il paraît désormais aux éditions Classiques Garnier, ce qui apporte non seulement la diffusion de la version papier mais aussi l’édition électronique, garantie d’un lectorat plus large. Ayant conduit la publication depuis le premier numéro en 2000, les directeurs actuels, Antony McKenna et Pierre-François Moreau, se retireront en passant le témoin à une nouvelle équipe constituée de plus jeunes chercheurs : Nicole Gengoux, Pierre Girard et Mogens Lærke, qui prendront les choses en main dès l’année 2018.

La renaissance de cette publication nous paraît utile dans la mesure où il constitue un espace d’expression et de débat ouvert à tous les chercheurs, jeunes et confirmés, qui s’intéressent à tous les aspects de l’histoire de la philosophie et de l’histoire sociale des idées à l’âge classique. Nous pensons avoir accompli une première étape de notre ambition initiale en mettant en question la tranquillité bien pensante et fervente de l’âge classique et en mettant en évidence des conflits philosophiques et religieux qui ont régné tout au long de cette période. Les numéros déjà publiés nous ont convaincus que les conflits – sur le plan philosophique, religieux, moral et juridique – ont été permanents et très âpres. Libertinage et philosophie est un espace ouvert au débat sur toutes les questions liées à la sécularisation de la pensée et des mœurs : questions soulevées par la domination de l’Église à l’âge classique, par les différents courants de la pensée religieuse et par les batailles internes à l’Église chrétienne, par la lutte apologétique des théologiens contre le « libertinage » tel qu’ils le concevaient, par la nature des résistances au pouvoir ecclésiastique, par les références philosophiques classiques qui permettaient de penser le monde sans Dieu (matérialisme, stoïcisme, épicurisme, scepticisme), par l’évolution et la diffusion d’une libre pensée (au sens où Anthony Collins emploie ce terme) que ce soit sur le plan de la polémique et de la parodie ou sur le plan philosophique 10de la métaphysique et de la morale, par les contraintes qui pesaient sur cette diffusion et enfin par l’évolution des mœurs qui reflétait le refus de la discipline imposée par l’Église. La perspective est volontairement très large, car elle correspond à toute la gamme des croyances et des résistances, à toutes la variété des doctrines et à toutes les nuances des philosophies en conflit. En effet, une des difficultés dans la réflexion sur les débats doctrinaux et sur les résistances à l’autorité de l’Église est constituée par la diversité des niveaux où cette autorité s’exerce, car elle va des lieux communs de la foi superstitieuse et du conformisme des pratiques rituelles à la métaphysique la plus structurée et la plus exigeante. De même, la libre pensée, loin de se réduire à la simple licence des mœurs comme les théologiens ont voulu le croire, va du refus des lieux communs de la superstition et du conformisme des mœurs à la métaphysique la plus subtile et à la critique morale la plus ferme. En outre, elle témoigne de façon très dynamique de la dégénérescence et de la désagrégation des systèmes philosophiques, de leur morcellement, de leur transformation et de leur renaissance au moyen d’un nouvel agencement dans d’autres constructions conceptuelles. La bataille est engagée sur tous ces plans en même temps et l’histoire de la libre pensée ne saurait se réduire à une histoire de l’érudition. C’est dans cet esprit que Libertinage et philosophie reste ouvert aux débats historiques et historiographiques les plus divers.

Antony McKenna
et Pierre-François Moreau

Journée d’étude le 16 novembre 2018 autour de la revue