Arts : discours, formes et pratiques

Coordination : Delphine Gleizes - Anne Pellois - Emmanuel Reibel

Point de rencontre entre la musicologie, les études théâtrales, l’histoire de l’art et les études littéraires, l’axe « Arts » valorise la diversité des disciplines universitaires représentées au sein de l’IHRIM, en mettant en avant les compétences transdisciplinaires de plusieurs de ses membres qui placent leurs recherches au-delà des périmètres disciplinaires traditionnels. Cet axe constitue un espace de mise en dialogue des approches, des outils et des méthodes, esquissant les contours de champs disciplinaires transversaux, sur des objets artistiques spécifiques (scène, musique, peinture, etc.) et sur des objets hybrides ou impurs comme le geste théâtral, le discours sur la musique, l’illustration, l’écriture dans l’espace médiatique, l’opéra, etc.
Dans cette perspective, l’axe 5 de l’IHRIM cherche avant tout à interroger les régimes historiographiques des arts, institués dans les discours et les représentations, ainsi que les formes et les pratiques artistiques selon une perspective historique. Ses investigations pluriséculaires, du XVIe au XXIe siècle, relèvent ainsi de « la poétique historique », ou encore « l’esthétique historicisée ».
Au-delà des formations diversifiées auxquelles il est adossé et des partenariats culturels nombreux qu’il entretient, à l’échelle locale comme à l’échelle nationale, l’une des particularités de cet axe tient également aux formes spécifiques que peut prendre la recherche, lorsqu’elle est intimement liée à la création ou à la performance, mais aussi à sa propre valorisation qui passe par l’exposition, le concert ou la mise en scène.

Discours sur les arts et historiographie

Ce premier sous-axe entend traiter des discours sur les arts, d’un point de vue critique et historiographique. Il s’interroge sur la nature, la valeur et les caractéristiques des discours sur les arts, ainsi que sur l’historiographie des pratiques et des courants, pour réévaluer si nécessaire les ruptures et continuités de l’histoire des arts.
L’étude des discours sur l’art s’appuie sur les écrits ou les paroles des artistes eux-mêmes (compositeurs, acteurs notamment), ou des commentateurs. Cette étude permet de rendre compte des pratiques passées et présentes via une approche terminologique précise (par exemple par l’étude des dictionnaires de théâtre et de musique, ou celui des compositeurs) qui pose la question historiographique de la possibilité d’une histoire des pratiques.
Les visions historicisées construites par l’ensemble de ces discours, auxquelles s’ajoutent les commentaires plus récents, méritent d’être discutées et remises en cause : ainsi par exemple du romantisme, en théâtre et en musique, ou encore des pratiques théâtrales comprises entre le XVIIe et le XIXe siècle.
Cette perspective historiographique questionne les scansions historiques depuis des disciplines différentes (littérature, histoire de l’art, études théâtrales, musique et musicologie, philosophie, etc.). La multiplicité des disciplines représentées permet de confronter les différentes manières d’écrire l’histoire des arts et d’en faire bouger les contours.

Gestes et pratiques artistiques

Ce sous-axe se tourne résolument vers l’étude des pratiques artistiques, selon trois axes :
L’étude des pratiques inter artistiques s’empare des notions d’hybridation, d’emprunt, d’apport, de transfert, permettant de rapprocher les arts qui se pratiquent in praesentia des arts médiés par un support (la peinture, la création littéraire, etc.), et interrogeant la valeur créatrice du travail de l’interprète. Ces croisements modifient les classifications génériques, sans pour autant céder à la tentation d’une dissolution de la singularité des pratiques artistiques.
La figure de l’acteur, et plus généralement de l’interprète, constitue un deuxième axe de travail fort qui adopte une perspective historique, théorique et esthétique, à travers l’étude du jeu de l’acteur, de ses formations, des modalités de sa transmission.
Enfin, les pratiques éditoriales sont également étudiées, telle l’édition musicale ou la pratique du livre illustré, comme endroits de recherche d’une forme de transmission, de conservation ou de créations d’objets à la croisée des écritures artistiques.

« La construction des représentations »

Le 3e volet de l’axe Arts interroge dans une perspective artistique et interdisciplinaire la notion de « représentation » en jouant sur le large spectre de ses acceptions.

  • Un premier pôle, « Voir et représenter : pensées du visible » construit à l’articulation des arts visuels, de la philosophie (esthétique) et de la littérature, permet de regrouper des travaux qui questionnent de manière diachronique du XVIIe siècle à nos jours, le statut de l’image et du visible.
  • Un deuxième pôle, « Être représenté/se représenter », envisage les modalités de la construction de soi, à l’interface entre espace intime et espace public. Il pose la question des médiations plastiques à l’œuvre dans la démarche d’auto-représentation. Il s’interroge enfin sur la prégnance des discours et du fait idéologique.
  • C’est sur ce dernier point qu’insiste plus particulièrement le dernier pôle, « Représentations politiques » : il s’agit là d’appréhender les implications politiques et idéologiques des représentations artistiques, notamment théâtrales, chorégraphiques et cinématographiques. Il s’agit également d’adopter un regard historique sur les créations, dans leur dimension processuelle et projective, et sur leur réception.

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