Historiographie, méthode et réception

Ce sous-axe vise à développer une méthodologie et une pratique réflexive sur nos champs d’études respectifs (philosophie, littérature, études théâtrales, anthropologie, histoire politique…) afin d’historiciser de manière systématique les concepts utilisés et de tenter de définir précisément ce qu’est aujourd’hui l’« histoire des idées ». Cela passe par l’examen des courants méthodologiques qui orientent la pratique de l’histoire des idées et des représentations, qu’il s’agisse du néo-historicisme, des théories de la réception ou du perspectivisme historique, ou encore de l’histoire des idées « à la française », de l’histoire intellectuelle, de l’histoire des concepts en vigueur dans la pensée allemande, ou enfin des approches qui dominent aujourd’hui parmi les historiens des sciences, avec l’étude des controverses, la sociologie des sciences, etc. En plaçant ces débats méthodologiques dans une perspective historique qui les relie et les étudie en termes d’évolution et de variations, nous cherchons à retracer le jeu complexe des héritages et des ruptures plus ou moins déclarés qui font émerger ou accompagnent le renouvellement de la vie intellectuelle. Il s’agit donc aussi d’explorer tous les phénomènes de réception ou construction/ reconstruction, de transmission (y compris par la traduction), de transposition, d’approfondissement ou de diffusion, mais également de censure, d’occultation, de détournement, qui transforment nos modes de pensée.