L’homme et la nature

Ce sous-axe 4 a vocation à repenser les rapports complexes entre l’homme et la nature et à retracer leur évolution du 16e au 19e siècle. Il s’agit ici de faire dialoguer histoire de la philosophie et histoire de la littérature en prenant en compte les apports majeurs de l’Antiquité dans ce domaine (Lucrèce, Pline, Galien…) et en s’intéressant à l’écologie politique et aux apports récents de l’éco-critique (sans s’interdire de les remettre en cause).
Les spécialistes de philosophie moderne projettent, en exploitant l’archéologie foucaldienne et l’anthropologie de la nature de Philippe Descola, de corréler le socle épistémique formé de la Renaissance aux Lumières autour de la notion de nature, vite opposée à celle de société, avec le travail en profondeur de la première colonisation sur l’ensemble des pratiques sociales, économiques et politiques de l’Occident.
De leur côté, avant de revisiter eux-mêmes dans cette perspective les littératures relevant de leurs compétences respectives, les anglicistes, les américanistes et les francisants envisagent de rassembler les éléments fondamentaux de la conscience environnementale contemporaine de l’industrialisation en étudiant des textes critiques et théoriques constitutifs de l’éco-critique. Ils comptent ainsi être en mesure d’analyser et déconstruire la notion de pastorale à l’œuvre dans des textes dramatiques prémodernes (Shakespeare, Sidney, Spenser en Angleterre) ainsi que dans des récits poétiques et littéraires plus récents (Thoreau ou d’autres figures du transcendantalisme aux Etats-Unis). Les membres de l’axe 4 soucieux de prendre en compte les mutations de la science, de mettre en relation pensée et mathématiques et, par conséquent, de croiser leurs recherches avec celles entreprises dans le cadre de l’axe 2 (« Histoire et imaginaire des techniques et des sciences »), se pencheront plus précisément sur le concept de « natural philosophy » en le mettant en relation avec les sciences et les croyances de la première modernité.