Philosophie, lettres et médecine

L’on ne peut comprendre la genèse de concepts restés centraux dans notre modernité (tels ceux d’esprit, de douleur, d’individu ou encore de fonction) sans s’attacher aux différentes disciplines que couvrait la médecine à l’époque moderne : l’anatomie, la physiologie, l’art de guérir, l’histoire des maladies, la botanique ou encore l’entomologie. Partie intégrante de la « philosophie naturelle », la médecine était parfois considérée comme le seul discours légitime sur l’homme. Elle s’identifiait alors avec l’anthropologie, et son interaction avec la psychologie était matière à débats entre philosophes, théologiens et naturalistes. Elle jouait également un rôle dans la littérature et les arts, soit comme objet, soit comme support théorique (par exemple par la doctrine des humeurs). Nous allons poursuivre les travaux entamés concernant non seulement l’histoire et l’épistémologie de la science du vivant, mais aussi les interrogations éthiques et anthropologiques contemporaines, en liaison avec les spécialistes de ces domaines.