Margarita SMAGINA « Écrire parmi les ruines : résistance et restauration dans les écofictions nord-américaines contemporaines »

Le jury est composé de :
Klaus BENESCH, professeur, université Ludwig Maximilians de Munich (Allemagne), rapporteur
Wendy HARDING, professeure des universités, université Toulouse II Jean Jaurès, rapporteure
François SPECQ, professeur des universités, École Normale Supérieure de Lyon, directeur de thèse
Laura WRIGHT, professeure, université de Western Carolina (États-Unis), examinatrice

« Storytelling amidst the Ruin : Resistance and Recovery in Contemporary North American Ecofiction. »

Abstract
This thesis offers an ecocritical reading of four American ecofiction novels : Karen Tei Yamashita’s Through the Arc of the Rain Forest (1990), Jesmyn Ward’s Salvage the Bones (2011), Barbara Kingsolver’s Flight Behavior (2012), and Ruth Ozeki’s A Tale for the Time Being (2013). These novels combine representations of ecological crises with the explorations of personal and collective traumas or repression experienced by fictional non-human and human subjects. The study addresses the following dimensions of the texts : 1) The ways in which the authors combine narratives of ecological degradation or catastrophe on one hand, and of socioeconomic oppression inflicted on marginalized subjects by the patriarchal, (neo-)colonial, capitalist systems on the other ; 2) The textual interplay between the representations of such oppressed sexualized, racialized, and non-human subjects, which allows the authors to demonstrate the fluidity and bias inherent in the identity categories they explore ; 3) The representations of material waste and of “wasted” human and non-human subjects, rendered pathological and discarded as “by-products” of these oppressive systems.
The approach pursued in this study is strongly interdisciplinary and combines close reading, paying attention to linguistic and stylistic features, and larger historical, ecological, and socioeconomic contextualizing, as it draws upon notions developed by critical animal studies, waste studies, and trauma studies.
This study ultimately addresses what role climate fiction can play in understanding, and perhaps mitigating, the current planetary ecological crises, as it faces the conjoined difficulties of representing global phenomena and non-human subjectivities while maintaining focus on individual human-oriented stories. Examining the representations of space and the environment, non-human animacy and embodiment, and individual and intergenerational trauma, this study interrogates the activist potential of climate novels, addressing the possibilities and the limitations of ecofiction in the Anthropocene.
Keywords
Ecocriticism, ecofeminism, Anthropocene, non-human animacy, affect, trauma, corporeality,
family and domesticity in literature, critical vegan studies, waste studies, contemporary
American literature

Résumé
Cette thèse propose une lecture écocritique de quatre romans nord-américains : Through the Arc of the Rain Forest de Karen Tei Yamashita (1990), Salvage the Bones de Jesmyn Ward (2011), Flight Behavior de Barbara Kingsolver (2012), et A Tale for the Time Being de Ruth Ozeki (2013). Ces textes associent scénarios de catastrophes écologiques et exploration des traumatismes individuels et collectifs subis par des sujets humains et non-humains. L’étude vise à analyser les dimensions suivantes des textes étudiés : 1) Les rapports entre la représentation des catastrophes naturelles et de la crise écologique, et celle des individus opprimés par les systèmes socioéconomiques (néo)coloniaux et patriarcaux ; 2) Les dispositifs textuels de mise en scène de ces subjectivités marginalisées – « féminisées », « racisées » ou non-humaines –, par le biais desquels ces écrivaines mettent en évidence les différentes manières dont les catégories de sexe et de race, ainsi que les notions « humain » et « non-humain », sont
socialement construites et par là même empreintes d’une fluidité porteuse de changement ; 3) La manière dont ces récits font place aux multiples formes de déchets et de détritus matériels, humains et non-humains, créés et légitimés par ces systèmes d’oppression.
L’approche adoptée, résolument transdisciplinaire, combine microlectures, qui prêtent attention aux traits langagiers et stylistiques des textes, et mises en contexte historiques, écologiques et socioéconomiques plus larges des ouvrages étudiés, en employant les outils conceptuels des critical animal studies, des waste studies, et des trauma studies.
Cette étude, in fine, cherche à interroger le rôle que les écofictions peuvent espérer jouer face aux urgences écologiques et notamment climatiques. À travers l’analyse des représentations de l’environnement et de l’espace, de la corporalité et agentivité non-humaines autant qu’humaines, des traumatismes individuels et transgénérationnels, ce travail de recherche offre une réflexion sur le potentiel décolonisateur et libérateur de la fiction climatique à l’ère de l’Anthropocène.

Mots clés
Écocritique, écoféminisme, Anthropocène, affect, non-humain, famille et domesticité en littérature, critical vegan studies, waste studies, littérature anglophone, littérature nordaméricaine

 
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