Minorités, majorités, dialogues


Organisée par l’association des doctorant.e.s stéphanois.e.s Alt. 516

Cette journée d’études a pour objectif de faire dialoguer et se confronter les travaux de jeunes chercheurs.euses, en croisant des approches de différentes disciplines autour d’une thématique commune.

Comité d’organisation
Alt. 516, association des doctorant.e.s stéphanois.e.s
avec le soutien du Pôle Recherche ALL
Présidente de l’association : Nadège LANDON, doctorante de l’IHRIM

Contact
alt516 @ protonmail.com

« Minorités, majorités, dialogues. Discours et représentations des interactions entre minorités et majorités »

Le terme de « minorité » fait partie des marronniers médiatiques de ces dernières années : « minorités agissantes », « minorités silencieuses », « courants minoritaires » sont autant de termes utilisés comme des évidences, sans qu’en soient jamais envisagés une définition claire ou un procès de production. Dans ces propositions, la majorité reste implicite et les rapports qui fondent les groupes en présence sont tus. Les termes majorité et minorité souffrent donc dans leur emploi ordinaire d’une double pauvreté. Une pauvreté conceptuelle tout d’abord : dans le discours médiatique, le couple majorité/minorité est souvent réduit à une opposition statique entre des groupes constitués définitivement. Cependant, le rapport entre une majorité et une minorité n’est-il pas un dialogue complexe, fait d’affrontements, d’influences réciproques, de reconnaissances mutuelles, de dominations, de renversements ? La richesse de cette dynamique est encore à explorer. Ensuite, et au-delà du fixisme conceptuel, les termes de majorité et de minorité ont par tradition une connotation strictement économique et sociale qui appauvrit le débat et empêche un certain nombre d’approfondissements historiques et intellectuels. N’existe-t-il pas des minorités et majorités artistiques, littéraires, scientifiques, dont les parcours croisent ou accompagnent celles des minorités et des majorités économiques, politiques et sociales ?

Lors de cette journée d’étude, nous échangerons autour de ces phénomènes proposant des définitions dynamiques du couple majorité/minorité. Si ces deux termes se caractérisent avant tout par un rapport numérique constaté, leur définition mutuelle n’échappe jamais à la question des rapports de force : qui compte ? comment ? comment ce premier décompte influence-t-il le dialogue qui peut s’établir entre les deux ensembles ? L’analyse des confrontations passées entre minorités et majorités tend à montrer que ce dialogue, qui se développe au sein de l’espace public fragmenté, peut répondre à différents enjeux :
- La transformation du rapport numérique, donc la conversion de la majorité en minorité ou de la minorité en majorité ;
- La transformation de la façon dont la majorité ou la minorité est reconnue par l’autre parti ;
- La transformation de la façon dont la majorité ou la minorité se représente l’autre parti ;
- La transformation de l’être même de la majorité ou de la minorité par l’autre parti.
Le dialogue peut donc modifier le rapport numérique en augmentant le nombre de personnes ou de discours appartenant à un camp ou l’autre mais il peut aussi modifier la prise en compte d’un camp par l’autre.
À partir de ces questionnements, notre journée d’étude voudrait être l’occasion d’enrichir la réflexion sur les interactions entre majorités et minorités ainsi que leurs représentations.
L’enjeu est d’ouvrir les débats en faisant dialoguer des approches issues de différentes disciplines et en croisant les perspectives historiques. Les pratiques de représentation (littéraires, artistiques, esthétiques) sous-tendues, informées, innervées par le monde politique seront au cœur de nos préoccupations.

 
 Journée d’étude

Informations pratiques

Saint-Étienne

Université Jean Monnet Saint-Étienne
Site Tréfilerie
33 rue du 11-Novembre
Bâtiment G - Salle du Conseil (G0.5)

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