Paul KOMPANIETZ « Les imaginaires romanesques de la Terreur (1793-1874). Des Lettres trouvées dans des portefeuilles d’émigrés d’Isabelle de Charrière à Quatrevingt-Treize de Victor Hugo »

Codirection :
Florence LOTTERIE (Université Paris-Diderot) et
Jean-Marie ROULIN (UJM Saint-Étienne)

Membres du jury :
Claudie BERNARD – Professeure, New York University (rapporteuse),
Aude DÉRUELLE – Professeure, Université d’Orléans (rapporteuse),
Pierre GLAUDES – Professeur, Université Paris-Sorbonne,
Florence LOTTERIE – Professeure, Université Paris Diderot (co-directrice),
Jean-Marie ROULIN – Professeur, UJM Saint-Étienne (directeur).

Résumé

Les imaginaires romanesques de la terreur (1793-1874)
D’Isabelle de Charrière à Victor Hugo

Des Lettres trouvées dans des portefeuilles d’émigrés (1793) d’Isabelle de Charrière à Quatrevingt-Treize (1874) de Victor Hugo, qui engage une relecture de la période au miroir de la Commune, la Terreur a nourri l’imagination de nombreux romanciers. Déferlement inouï de violence ou expérience démocratique inédite ? La fécondité de ce moment révolutionnaire tient en partie à ses paradoxes et aux tensions que sa mémoire suscite. Au coeur de controverses historiques et idéologiques qui, aujourd’hui encore, ne se sont pas éteintes, la Terreur est pendant tout le XIXe siècle un sujet d’autant plus actuel que les secousses révolutionnaires de 1830 et de 1848, en particulier, en réveillent le souvenir.
Excédant le seul genre du roman historique, qui en a fait l’un de ses sujets de prédilection, le traitement romanesque de la Terreur ne résulte pas d’une simple transposition fictionnelle de la réalité historique, mais peut être envisagé comme le fruit d’un système de relations complexes entre l’historiographie, la littérature mémoriale et d’autres genres littéraires.
De la Révolution à la Commune, le genre romanesque a été l’un des lieux où s’est inventé ce que nous avons choisi d’appeler, en hommage au grand livre de Daniel Arasse, un « imaginaire de la Terreur » que n’épuise pas l’image de la guillotine. Regarder comment le roman a participé, en complémentarité ou en concurrence avec d’autres types d’écriture, à des constructions discursives et à l’élaboration de cet imaginaire, et comment ces entreprises de figuration romanesque ont pu s’articuler à des enjeux idéologiques et à des choix poétiques, tel est l’enjeu de cette nouvelle enquête. De Ducray-Duminil à Dumas, de Sénac de Meilhan à Barbey d’Aurevilly, de Germaine de Staël à George Sand, en passant par Ballanche, Nodier, Balzac ou encore Vigny, cet essai de généalogie romanesque prend appui sur un large corpus de textes et entend faire place à des oeuvres méconnues dont le rôle n’a pas été moindre que celui des oeuvres les plus canoniques dans la mise en fiction de la Terreur révolutionnaire.

The Fictional Imaginations of the Terror (1793-1874)
From Isabelle De Charrière To Victor Hugo

From Isabelle de Charrière’s Lettres trouvées dans des portefeuilles d’émigrés (1793) to Victor Hugo’s Quatrevingt-treize (1874), which reinterprets the period in the mirror of the Commune, the Terror fed the imagination of many novelists. Unprecedented surge of violence or unheard of democratic moment ? The fecundity of this revolutionary moment is in part due to its paradoxes and the tensions triggered by its memory. At the heart of the historical and ideological controversies that, to this day, have not been extinguished, the Terror was, throughout the 19th century, a subject even more topical than the revolutionary tremors of 1830 and 1848, particularly by reawakening the memory. Exceeding the historical novel genre, the fictional treatment of the Terror is not the result of a simple fictional transposition of the historical reality, but can be envisaged as the fruit of a system of complex relationships between historiography, memorial literature and other literary genres.
From the Revolution to the Commune, the fictional genre was one of the spaces where the invention of what we have chosen to call an “imagination of the Terror” – in homage to Daniel Arasse’s great book – was not exhausted by the image of the guillotine. Looking at how the novel participated, in conjunction or competition with other types of writing, in discursive constructions and the development of this imagination, and how undertaking fictional figuration revolved around ideological issues and political choices, is the challenge of this new investigation. From Ducray-Duminil to Dumas, Sénac de Meilhan to Barbey d’Aurevilly, Germaine de Staël to George Sand, via Ballanche, Nodier, Balzac and even Vigny, this genealogy of fiction dissertation is supported by a large corpus of texts and intends to make way for little-known works, whose role was no less than that of the most canonical works in fictionalising the revolutionary Terror.

 
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