Séminaire commun du labo junior REPHAM

Cette séance comportera deux interventions.

Camille Bonnan-Garçon, doctorante à l’université Lyon 2, ATER à l’université d’Aix-Marseille, présentera une communication intitulée "Pratiques et représentations du pouvoir dans l’Antiquité", qui exposera le bilan scientifique du labo junior ERAMA.

Hélène Parent, doctorante contractuelle à l’université Paris X, présentera ensuite une communication intitulée "Les armes ou la toge ? L’odium regni dans les discours des orateurs révolutionnaires, entre rhétorique et violence politique (Juillet 1792-Janvier 1793)".

Camille Bonnan-Garçon, "Pratiques et représentations du pouvoir dans l’Antiquité : bilan scientifique du labo junior ERAMA".
Entre 2011 et 2016, le laboratoire junior ERAMA (Expressions et Représentations de l’Autorité dans les Mondes Anciens), de l’ENS de Lyon, a eu pour objectif de renouveler l’approche du phénomène de l’autorité dans l’Antiquité par la collaboration interdisciplinaire de jeunes chercheurs. Nous nous sommes efforcés de procéder selon une progression à la fois méthodologique et thématique avec pour point d’orgue l’étude de l’autorité comme mise en scène (colloque ERAMA des 20-22 novembre 2013). Le but de mon intervention sera donc à la fois d’exposer le parcours scientifique du laboratoire ERAMA et de procéder à des mises au point terminologiques (définitions des termes d’auctoritas, de potestas, de ἀξίωσις et d’ἀξίωμα, etc.) et conceptuelles sur le concept d’autorité dans l’Antiquité grecque et romaine. Le bilan de ces recherches permettra, je l’espère, d’apporter une contribution aux recherches du laboratoire junior REPHAM.
Hélène Parent, "Les armes ou la toge ? L’odium regni dans les discours des orateurs révolutionnaires, entre rhétorique et violence politique (Juillet 1792-Janvier 1793)".
Que la référence antique, et plus particulièrement la référence romaine, abonde dans les discours des orateurs de la Révolution française, et plus particulièrement dans les mois qui précèdent et qui suivent l’établissement du régime républicain, le 21 septembre 1792, voilà qui n’est plus à prouver. Cela s’explique assez aisément, au premier abord, par la nécessité pour les députés de l’Assemblée législative, puis de la Convention, de justifier une action politique nouvelle et radicale : instaurer une République en faisant table rase des siècles de régime monarchique qui précèdent. Or, cette justification passe nécessairement par la mobilisation de modèles ou de contre-modèles issus du passé, un passé qui n’a rien à voir avec l’Ancien-Régime. Dans ces circonstances, la République romaine, dans ses premiers et ses derniers temps, offre un réservoir de références inépuisable, puisque les Romains ont également instauré une République après avoir chassé un roi, puis ont dû, notamment dans le dernier siècle avant le passage à l’Empire, affronter plusieurs épisodes de guerres intestines et de conflit entre différentes factions rivales. Le parallélisme entre les deux situations est donc évident, et les orateurs ne se privent pas de le mobiliser dans le contenu comme dans la forme de leurs discours, dont certains ne sont pas sans rappeler l’éloquence cicéronienne. Dans ce flot de références romaines, je propose de m’intéresser plus particulièrement à un thème récurrent : celui de la haine de la royauté, que l’on retrouve chez les Romains comme chez les révolutionnaires français (Louis XVI est un nouveau Tarquin) non seulement à l’égard des rois, mais encore à l’égard de quiconque serait soupçonné d’adfectatio regni (d’aspirer à la Royauté), que cela soit du côté des aristocrates ou de celui des défenseurs du peuple (ces tribuns qui, en s’appuyant sur la plèbe, cherchent à exercer un pouvoir personnel). A travers le motif de l’odium regni, je serai donc amenée à m’intéresser non seulement au sort de Louis XVI (son procès dure du 7 octobre 1792 au 20 janvier 1793) mais encore au conflit qui oppose les différentes factions dans les assemblées successives, lesquelles se rejettent mutuellement l’accusation fatale d’aspirer à la dictature, c’est-à-dire in fine à la royauté. Or, « fatale » est bien l’adjectif qui convient dans ce contexte : du temps de la République romaine, quiconque aspirait ou semblait aspirer à un pouvoir personnel pouvait être condamné pour perduellio (crime de haute trahison) et précipité du haut de la Roche Tarpéienne. Or, on sent déjà dans les discours de certains révolutionnaires que cette référence à la Rome antique n’est pas un simple lieu commun argumentatif, et qu’elle instaure peu à peu une scénographie qui conduira progressivement vers l’épuration des factions successives. C’est donc le rôle de cet imaginaire romain dans le glissement de la rhétorique vers la violence politique que je me propose d’étudier, notamment à travers le thème de la haine de la royauté.

 
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Lyon 7e

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