Chroniques de Port-Royal n° 70, 2020
« Port-Royal, littérature et cinéma (XXe-XXIe siècles) »

Constance CAGNAT-DEBOEUF, Tony GHEERAERT et Laurence PLAZENET (dir.)

Société des Amis de Port-Royal
Diffusé par la librairie Vrin
30 novembre 2020, 544 p.
ISBN 979-10-92360-07-3

Actes du colloque organisé par Constance CAGNAT-DEBOEUF, Tony GHEERAERT et Laurence PLAZENET.
« Port-Royal m’attire trop » écrivait Julien Green. Trois siècles après sa destruction, l’abbaye continue de fasciner. Écrivains et cinéastes ont été nombreux au XXe et au XXIe siècles à mettre en scène le monastère et les grandes figures qui ont marqué son histoire, sans être retenus par l’hostilité bien connue de Port-Royal envers les fictions et les images abusives, mais en se montrant parfois étonnamment critiques, à l’instar de Julien Green qui juge excessif l’intérêt qu’il porte à l’abbaye. Ainsi est-il nécessaire de s’interroger tant sur cet intérêt perpétué, voire redoublé, pour Port-Royal, que sur les réserves qu’il peut inspirer. Pourquoi parler, d’ailleurs, de « fascination » ? Que représente Port-Royal pour les écrivains et les cinéastes qui s’y confrontent encore aujourd’hui ? Emblème de la liberté de conscience et symbole d’une résistance à l’oppression injuste des hommes ? Occasion d’une exploration « des abysses » (Jean-Philippe Toussaint) du mal et de la finitude ? Remède au « monde moderne » (Charles Péguy) ? Pourquoi Port-Royal est-il placé du côté d’une séduction irrésistible et troublante, sinon dangereuse ? Que fait-il aux âmes et que dit-il d’elles ? Que laisse-t-il entrevoir de l’écriture contemporaine ?

Au carrefour de la littérature et du cinéma, de la critique et de la création, le colloque 2019 de la Société des Amis de Port-Royal s’est efforcé d’explorer un Port-Royal méconnu, et souvent surprenant, celui des artistes, écrivains et cinéastes, d’hier et d’aujourd’hui. Port-Royal demeure une source vive d’inspiration. Tantôt elle irrigue abondamment ; tantôt elle ne fait qu’affleurer sous les jeux divers de la réécriture et du détournement. Revisité, relu, Port-Royal n’en finit pas d’exaspérer le désir de percer une vérité énigmatique, éclatante et fuyante.