Entre flamenco et jazz : écrire la résistance


Organisation : Rafaèle AUDOUBERT (ALL-UJM Saint-Étienne – IHRIM), Christine DUALÉ (u. Paul Valéry Montpellier 3 – EMMA), Bruno MORENO (LGT Étienne Mimard), Julien STRIGNANO (IUT-UJM Saint-Étienne – ECLLA) et l’association des étudiant·es de l’IUT-UJM Saint-Étienne

« Ces sonorités noires sont le mystère, les racines qui s’enfoncent dans le limon que nous connaissons tous, que nous ignorons tous, mais d’où nous vient ce qui a de la substance en art. »

Celui qui prononça ces mots lors d’une série de conférences données entre 1933 et 1934 ne parlait pas du jazz mais d’une spécificité traditionnellement associée au flamenco et qu’il tenait pour commune à bien d’autres arts. Federico García Lorca, car c’est à ce grand poète (et pianiste) espagnol que nous devons ces paroles, les employait pour définir le duende : art, génie, pouvoir, magie... du créateur-interprète. Quelques décennies plus tard, le compositeur et musicologue André Hodeir écrira : « Cette notion, qu’on ne peut expliquer valablement, qu’on ne peut noter sur le papier, ce phénomène, qui ne préexiste en aucune façon à une œuvre dont il arrive pourtant qu’il soit la vertu majeure, semble se dérober à toute tentative de rationalisation ». Il parlait, lui, du swing, en jazz.

Flamenco et jazz ont bien plus en commun que ce qu’un regard rapide ou une oreille distraite ne pourraient laisser croire. Au cœur de l’un comme de l’autre se trouve une culture spécifique, qui permet de comprendre comment ces deux traditions musicales sont nées, ont évolué, et continuent encore de se construire. Toutes deux se sont formées grâce aux échanges entre amateurs et professionnels, entre franges populaires et riches mécènes, pour exprimer toutes les palettes de l’émotion humaine. Témoins actifs de mémoires collectives, flamenco et jazz magnifient le quotidien par les mots, le chant et la danse. Ce sont tous les deux, de ce point de vue, des arts de la résistance, qu’ils mettent en œuvre en sublimant la réalité, en détournant les normes, en renouvelant les traditions.

Ce colloque prétend recueillir les réflexions et ouvrir les échanges sur ce qui réunit ces deux arts, en centrant le questionnement sur la thématique commune de la résistance. Il propose de donner la parole à des musicologues, des historiens, des sociologues, des spécialistes de langues, civilisations, littératures, et de danse pour des travaux croisés et complémentaires.

Pistes d’exploration :

Les pistes suivantes, non exhaustives, pourront être explorées :

  • Résistance au quotidien, à une possible réalité de misère et/ou d’oppression.
  • Résistance à la norme, positionnement de rupture par rapport aux traditions.
  • Modalité d’écritures de ces résistances.

Ce colloque s’inscrira au sein d’une semaine culturelle et artistique visant à promouvoir la connaissance de ces deux arts et cultures, à travers des conférences, des ateliers et plusieurs spectacles.

Modalités de réponse :

Les propositions de communications (500 mots maximum), accompagnées d’une brève notice biographique, devront être adressées conjointement à Rafaèle AUDOUBERT et Christine DUALÉ d’ici le 30 septembre au plus tard.

L’organisation du colloque prend en charge les frais de logement et de restauration des communicants pour la période concernée. Les frais de transport restent à la charge des communicants. Pas de frais d’inscription.

Comités scientifique et organisateur

Direction scientifique :

Rafaèle AUDOUBERT (rafaele.audoubert[at]univ-st-etienne.fr)
Christine Dualé (christine.duale[at]umpv.fr)

Comité organisateur :

Association des étudiant·es, IUT-UJM
Rafaèle AUDOUBERT, ALL-UJM, IHRIM
Christine DUALÉ, EMMA, Paul Valéry Montpellier 3
Bruno MORENO, LGT Étienne Mimard
Julien STRIGNANO, IUT-UJM, ECLLA


Colloque international dans le cadre de la semaine « Entre flamenco et jazz : écrire la résistance. Voir, comprendre et faire (spectacles, conférences, ateliers) » du 16 au 19 mars 2027.