L’écoféminisme en forêt(s)
Organisation : Gaëlle DEBEAUX (u. Rennes 2 – CELLAM) et Diane GAGNERET (ENS de Lyon – IHRIM)
Soukaïna BOUSHOR (u. internationale de Casablanca / École Normale Supérieure de Casablanca – Laboratoire Genre, Éducation, Littérature et Médias)
« Forêts interdites, corps insoumis : seuils de genre et d’existence dans les récits de retraite féminine »
Nadège CENTELLES (u. Rennes 2 – CELLAM)
« Poétique du sang et dystopique forêt. El cielo de la selva, de Elaine Vilar Madruga : la maternité questionnée »
Selon Robert Harrison, qui érige la forêt en matrice sociale comme symbolique de la culture en Occident, « la civilisation occidentale a défriché son espace au cœur des forêts ». Si de l’Antiquité à l’Anthropocène, des premiers défrichements à la sixième extinction, l’histoire de l’humanité est indéfectiblement liée à celle de l’exploration et de l’exploitation des forêts, il s’agit là d’une histoire « remplie d’énigmes et de paradoxes » (Harrison) car la forêt, en tension perpétuelle entre le réel et l’imaginaire, fait place au sacré comme au profane, au danger comme à la découverte, à la perdition comme à l’apprentissage, au merveilleux comme au monstrueux… Il apparaît clairement que la forêt a le double pouvoir de délimiter (frontière réelle séparant espace civilisé et monde sauvage) et de délimiter (lisière ou seuil vers le libre déploiement des imaginaires). Foris, l’extérieur, l’en-dehors, et forestare, mettre en dehors ou bannir, attestent par l’étymologie de la fonction première des forêts qui « tracent la marge provinciale, littérale et imaginaire, de la civilisation occidentale » (Harrison). Frontière par excellence, la forêt tient cependant bien moins, dans la plupart de ses figurations, de la ligne infranchissable que de la lisière en tant que parangon de l’espace liminal, où s’ériger contre signifie aussi au contact de.
Ce séminaire prend la suite de la double journée d’étude « Forêt et liminalité. Poétique et politique de la forêt en littérature et à l’écran » qui s’est déroulé à l’université de Rennes 2 le 20 et le 21 novembre 2025, et prolonge les réflexions sur la liminalité inhérente à la forêt en mettant l’accent sur toutes les ramifications possibles dans les diverses représentations littéraires, cinématographiques ou télévisuelles d’un espace toujours ouvert à la reconceptualisation.
Il se tient intégralement en ligne.


