Lucy FREZARD « La Question du mariage dans les romans-feuilletons de Daniel Lesueur, Fiction et idéologie »
Thèse de doctorat en lettres mention langue et littérature française présentée par Lucy FREZARD et réalisée sous la direction de Olivier BARA (u. Lumière Lyon 2-IHRIM) et François KERLOUEGAN (u. Lumière Lyon 2-IHRIM).
Composition du jury :
- M. Olivier BARA (u. Lumière Lyon 2), Directeur de thèse
- M. François KERLOUEGAN (u. Lumière Lyon 2), Co-directeur de thèse
- Mme Aimée BOUTIN (u. d’État de Floride), Rapporteure
- Mme Diana HOLMES (u. de Leeds), Rapporteure
- Mme Agnese SILVESTRI (u. de Salerne), Examinatrice
- M. Damien ZANONE (u. Paris-Est-Créteil), Examinateur
Résumé :
Cette thèse qui s’inscrit dans le champ d’études de la poétique historique de la communication littéraire explore la question du mariage à la Belle Époque (et ses multiples prolongements historiques, politiques, religieux, sociaux et économiques) à travers les fictions de Daniel Lesueur, de son vrai nom Jeanne Loiseau. Écrivaine féministe et « femme nouvelle » à sa manière, elle est l’auteure d’une quarantaine de romans qui montrent, plutôt qu’ils ne dénoncent, une société en pleine mutation où les mœurs conjugales sont en crise sur fond de guerre des sexes et où la question du mariage se pose d’une manière inédite dans l’histoire. L’inégalité entre les époux, les conséquences de l’adultère, la législation du divorce, le travail des femmes, la gestion de leur salaire et de leur dot, les conséquences du veuvage et du remariage, la situation des « vieilles filles », des « filles-mères » et des « bâtards », l’éducation des garçons et des filles et la répartition des rôles-genres sont autant d’aspects différents de la même question. Cette étude les explore principalement à travers les romans-feuilletons de Daniel Lesueur, mais aussi à la lumière de ses nombreux articles. Romancière à succès, l’auteure fut aussi journaliste, et son œuvre s’inscrit dans une culture médiatique en plein essor. Elle dispose de deux moyens complémentaires pour révéler l’envers de la Belle Époque. « Démocratie exclusive », la Troisième République proclame l’égalité entre les citoyens tout en refusant aux femmes, mineures à vie, et le droit de vote et l’égalité dans l’union conjugale. Intellectuelles et féministes passent alors pour d’insupportables « bas-bleus ». Ce travail de recherche sous-titré Fiction et idéologie conduit de front l’étude du discours social dans des œuvres engagées (sans être des romans à thèse) et celle d’un art du roman qui s’adresse aussi bien au « peuple » qu’aux « lettrés », aux lecteurs de la presse élitiste ou « middlebrow » qu’aux millions de lecteurs des journaux à un sou. Longtemps exclue du canon littéraire, à la fois comme femme et comme romancier populaire, l’écrivaine la plus lue et la plus primée de son temps méritait une étude consacrée à l’ensemble de ses fictions replacées dans son œuvre et dans le contexte culturel et social de la Belle Époque.
Mots-clés
Mariage, Féminisme, Roman populaire, Belle Époque, Femme nouvelle, Discours social


