Martin BAUDROUX « L’image mobile de l’éternité, lectures néoplatoniciennes de Platon, Timée 37c-d »
Cette thèse en Histoire de la philosophie a été préparée sous la direction de Laurent LAVAUD et sera soutenue publiquement devant un jury composé de :
M. Laurent LAVAUD, ENS de Lyon, Directeur de thèse
M. Philippe HOFFMANN, EPHE, Examinateur
M. Jan OPSOMER, KU Leuven, Rapporteur
Mme Alexandra MICHALEWSKI, CNRS, Rapporteure
M. Jean-François PRADEAU, Université Jean Moulin Lyon 3, Examinateur
Mme Isabelle KOCH, Université Aix-Marseille, Examinatrice
Résumé de la thèse :
« L’image mobile de l’éternité » : cette définition platonicienne du temps est sans doute aussi célèbre que mystérieuse. Cette thèse se donne pour objectif de la comprendre à partir de la lecture que quatre philosophes néoplatoniciens (Plotin, Jamblique, Proclus et Damascius) donnent du texte de Platon (Timée, 37c-d). Dans leur perspective, il faut mettre l’accent sur la puissance ordonnatrice du temps, lequel est moins quelque chose du monde qu’une dimension constitutive du monde. Le temps est ce qui permet la formation d’un monde (kosmos), non moins que de la pensée et du langage, parce qu’il rend possible la continuité de l’être. En ce sens, il fait être. Principe ou origine de la présence plutôt que chose présente parmi les autres, le temps platonicien se distingue de celui, physique, d’Aristote (« quelque chose du mouvement ») et de celui, catastrophique, des « Gnostiques » (« image ratée de l’éternité »).
Du texte de Platon, la lecture néoplatonicienne dégage donc un temps cosmologique (ou cosmopoïète) plutôt que cosmique, condition de la nature plutôt qu’être naturel. Cette lecture met en lumière à la fois un fait textuel de Timée 37c-d (le temps apparaît avec l’ordonnancement du monde), généralement ignoré par le commentaire moderne, et un concept de temps original, qui fait écho à certaines recherches en philosophie contemporaine. Le premier chapitre montre comment Plotin invente une manière originale de poser le problème du temps et de le résoudre par une approche « expérientielle ». Le deuxième chapitre porte sur l’élaboration de l’idée temps de stable chez Jamblique. Avec Proclus, ce temps stable fait son entrée dans une pensée de type théologique : le temps y devient un dieu ordonnateur (chapitre 3). À sa suite, Damascius le conçoit comme une puissance sans laquelle l’univers et l’être sombreraient dans la confusion (chapitre 4). La portée éthique du concept néoplatonicien de temps, ainsi que l’idée d’une subjectivité entre temps et éternité, sont étudiées de manière transversale.


