Michel BATAILLON : « Rosine, Marianne, Violette et Eulalie… Le massacre des innocentes »


Organisation : Olivier NEVEUX (ENS de Lyon – IHRIM) et Anne PELLOIS (ENS de Lyon – IHRIM), avec le TNP de Villeurbanne. En partenariat avec l’ENSATT, l’Ina et la BnF.

Voir l’événement sur le site du TNP

Conférence organisée dans le cadre du colloque « Roger Planchon, artiste de théâtre » du 1er au 3 avril 2026 à Villeurbanne et Lyon 7e.

La conférence sera accompagnée de lectures par les élèves comédiens et comédiennes de la promotion 86 de l’ENSATT


L’œuvre de Roger Planchon (1931-2009) est intimidante. Elle s’étend des années 1950 à la fin des années 2000, se compose de quelques 80 mises en scène, de plus de 50 rôles, d’une vingtaine de textes de théâtre, mais aussi d’essais, d’études dramaturgiques d’importance, sans oublier son versant cinématographique. Inscrit dans un territoire, Lyon puis Villeurbanne, défenseur résolu pendant toute la seconde moitié du XXe siècle de la décentralisation théâtrale, Planchon est une figure majeure du théâtre européen de cette époque. Cette œuvre doit, dès lors, s’appréhender dans son ensemble, de la scène à la page.

Le colloque « Planchon, artiste de théâtre » se propose de revenir, à partir de lectures, de communications scientifiques, de participation d’artistes, d’exposition et de projections, sur l’activité de l’artiste que fut Roger Planchon, d’envisager la cohérence et les contradictions d’une vie dédiée à l’art et, en l’occurrence, au théâtre. Ce qu’il en a été du théâtre loin de la capitale, de son inscription concrète au sein des débats sur le « populaire » croise la façon dont l’histoire politique, idéologique a imprimé sa marque (ou non) sur son parcours.

Cette œuvre, saisie dans la durée, par le fait même de son existence et les formes qui furent les siennes, construit une proposition pour l’art et la cité. Elle permet, par sa cohérence et ses contradictions, d’en déduire des implications ou des pistes de réflexion sur ce qu’il en est (en a été) des rapports de l’art théâtral avec l’État, avec l’idée et la réalité du service public, pour le « théâtre populaire » et le « théâtre d’art », en interaction constante avec les enjeux de la création. Elle témoigne d’un autre temps pour le théâtre : qu’a permis, institué, prolongé ou ajourné le travail théâtral de Roger Planchon dans le contexte artistique et institutionnel qui était le sien ?