Roxana BAUDUIN SICOE-TIREA « Forces en mouvement : écritures du déplacement dans six romans contemporains nigérians »
Thèse de doctorat présentée par Roxana BAUDUIN SICOE-TIREA et préparée sous la direction de Vanessa GUIGNERY.
La soutenance aura lieu le vendredi 25 septembre 2026 à 14h à l’ENS de Lyon
(salle D8-006, site Buisson, 15 parvis René Descartes, 69007 Lyon)
Composition du jury
- Cédric COURTOIS, maître de conférences, Université de Lille,
- Xavier GARNIER, professeur, Université Sorbonne Nouvelle (rapporteur)
- Mélanie JOSEPH-VILAIN, professeure, Université Bourgogne Europe (rapporteure),
- Fiona MCCANN, professeure, Sorbonne Université,
- Vanessa GUIGNERY, professeure, ENS de Lyon (directrice de thèse).
Résumé de la thèse
La mobilité transnationale actuelle se construit sur le paradoxe de la circulation accrue dans un monde où les frontières qu’on pensait voir disparaître sont en train de se renforcer et de se diversifier. Cette dynamique contradictoire se décline dans six romans nigérians diasporiques publiés entre 2005 et 2019 par Helen Oyeyemi, Akwaeke Emezi, Chika Unigwe, Helon Habila, Diana Evans et Olúmìdé Pópóolá. À la croisée des approches postcoloniales et des études sur la mobilité, ce travail interroge les forces qui façonnent les déplacements géographiques ou symboliques représentés dans ces récits. Dans un premier temps, il s’agit d’examiner les forces motrices qui déclenchent les départs. La désagrégation du cadre familier, les différentes formes de violence exercées et l’imaginaire de la destination entraînent des expulsions de la terre d’origine vers l’espace d’accueil. Une deuxième étape montre toutefois que l’avancement se heurte à un ensemble de forces adverses qui le bloquent ou bien le réorientent. D’un côté, douanes, zones de transit, murs, clôtures ou ruines font apparaître la frontière matérielle comme un dispositif politique de contrôle. De l’autre, des entraves invisibles telles que les discriminations, les chocs traumatiques, ou les fractures mémorielles résistent au mouvement qu’elles finissent pourtant par relancer. La troisième partie s’intéresse aux forces d’interaction qui traversent les trajectoires. Le mouvement est rendu possible par des médiateurs humains et spirituels qui défient sa linéarité, mais aussi par des moyens de transport qui se transforment parfois en facteurs de précarisation. L’échec des retours au pays natal, la fragilité des relations interhumaines et l’instabilité formelle de l’écriture signalent néanmoins l’impossible achèvement du voyage migratoire contemporain.
Mots-clés :
déplacement, mobilité, migration, force, frontière, littérature nigériane, études postcoloniales


