Style(s) et point(s) de vue : faire politiquement de la littérature. Moyen-Age-XXIe s.
Organisation : Mathilde LAPORTE (univ. Lumière Lyon 2 / IHRIM), Léonie SEGURA (univ. Lumière Lyon 2 / Passages), Gabrielle de TOURNEMIRE (univ. de Poitiers / FoReLLis), Marie-Jeanne ZENETTI (univ. Lumière Lyon 2 / Passages)
Jeudi 12 février 2026
9h00 Gabrielle de TOURNEMIRE (u. de Poitiers) et Marie‑Jeanne ZENETTI (u. Lumière Lyon 2)
Présentation du colloque et introduction théorique
1re session. Points de vue minoritaires dans l’Ancien Régime
9h30 Sophie MARNETTE (u. d’Oxford)
« Point de vue et énonciation genrée dans la littérature médiévale : quelques pistes d’analyse »
10h10 Béatrice ALONSO (u. de Perpignan)
« Le discours anonyme misogyne au XVIe siècle : formes et sens du discours politique viriliste »
11h00 Mathilde LAPORTE (u. Lumière Lyon 2)
« Violences (discursives) envers les femmes des Évangiles des quenouilles aux Caquets de l’accouchée »
11h30 Alice GABRIEL (u. de Liège)
« Écrire les violences sexuelles : la question du point de vue dans la fiction pastorale »
12h00 Olgie LEE (u. Lumière Lyon 2)
« La voix des colonisés mise en fiction : comment parler du colonialisme à la première moitié du XVIIIe siècle ? »
2e session. Quand les subjectivités féminines mettent à mal les représentations dominantes
14h00 Kathia HUYNH (u. de Strasbourg)
« Remettre le monde à l’endroit : Éthique et politique du point de vue dans les récits d’inceste contemporains »
14h30 Andrea DAVID (u. de Rome)
« Regards brouillés : roman de formation féminine et dissidence intime dans la Roumanie des années 60–70 »
15h30 Carola PAOLUCCI (u. Sorbonne Nouvelle)
« "Fausse" autofiction : deux études de cas »
16h00 Julie SAU OCAMPO (u. Lumière Lyon 2)
« Écrire le/son lesbianisme dans l’Espagne du XXIe siècle : un acte politique ? »
Vendredi 13 février 2026
3e session. Langue dominante, langue dominée : stratégies discursives de contestation
9h00 Laetitia SAINTES (u. catholique de Louvain)
« Écrire pour "donner aux mots la signification qu’ils ont dans le dictionnaire de la morale". Le pamphlet du premier XIXe siècle, programme littéraire, éthique et politique »
9h30 Bérengère MORICHEAUAIRAUD (u. de Pau)
« La représentation des discours des marginaux dans les récits de Pierre Bergounioux »
10h00 Ángel CLEMENTE ESCOBAR (u. de Grenade)
« Sandra Lucbert ou l’art de défaire l’hégémonie : point de vue, langage et contre-discours »
4e session. Scènes énonciatives : incarner les voix dissidentes dans la dramaturgie contemporaine
11h00 Mathieu FARIZIER (u. d’Oxford)
« A.C. Hello, terreur politique et absence d’intention : la vie du lecteur comme film d’horreur vécue en capitalisme ordinaire »
11h30 Noémie REGNAUT (u. Paris 3 / Centre Marc Bloch Berlin)
« Du regard mutilé à une langue de combat : l’espace littéraire comme reenactement du traumatisme de guerre dans Shell Shock de Magali Mougel (2019) »
12h00 Arnaud MAÏSETTI (u. d’Aix-Marseille)
« Voix sans lieu, langues sans maître. Politique du point de vue et style féministe dans les écritures dramatiques d’Elfriede Jelinek et de Marie Ndiaye »
5e session. Réinvestir la langue : enjeux épistémiques et politiques
14h00 Ioanna KOUKI (u. de Perpignan / u. Toulouse Jean Jaurès)
« Styliser le populaire ? Politique du style et des voix dans Le Chiendent de Raymond Queneau »
14h30 Guillaume FOYER (u. Littoral Côte d’Opale)
« Le style des doléances : formes populaires, subjectivités collectives et politisation du discours ordinaire »
15h30 Lidia BRATU (u. de Bucarest)
« Les enjeux épistémiques des points de vue dans le roman La vie commence vendredi d’Ioana Pârvulescu »
16h10 Valentine PIÉPLU (u. Paris 3)
« Le point de vue du traducteur : enjeux stylistiques et politiques de la traduction du Tristram Shandy en espagnol »
16h40 Conclusion du comité d’organisation
L’actualité du champ littéraire témoigne, depuis quelques années, d’une reconfiguration globale, voire d’une contestation de la relation entre littérature et politique. De nombreux auteurs et autrices proposent une réévaluation de leurs liens historiques, de leurs frontières respectives, de leurs lieux de croisements.
Ces démarches s’inscrivent dans la continuité d’une réflexion plus globale qui constaterait une confusion entre le discours littéraire et le discours politique, entérinant aussi l’idée, exprimée par Nathalie Quintane, qu’« aujourd’hui, le mot "politique" est partout en littérature, peut-être au point d’en disséminer le sens et d’en atténuer la portée. » Ces œuvres insistent sur la nécessité de repenser la forme des discours, d’en restituer systématiquement les conditions de production et d’en circonscrire la dimension politique, au-delà de sa seule thématisation et revendication.
Ce colloque aura donc pour but de se demander ce qu’est « faire politiquement de la littérature ».


