Zhihua ZHANG « Confucius et Ralph Waldo Emerson, penseurs de l’éducation : étude comparative »
Thèse de doctorat présentée par Zhihua ZHANG et réalisée sous la direction de François SPECQ.
Composition du jury
- Thomas CONSTANTINESCO, professeur des universités, Sorbonne Université (rapporteur)
- Jing YANG, professeur, Nanjing Normal University (rapporteur)
- Kristen CASE, professeure, The Monson Seminar, University of Maine ( examinatrice)
- Shan GAO, maîtresse de conférences, Soochow University (examinatrice)
- Emilie SOUYRI, maîtresse de conférences, Université de Nice (examinatrice)
- François SPECQ, professeur des universités, ENS de Lyon (directeur de thèse)
Résumé de la thèse (français et anglais) :
Cette thèse propose une étude comparative des philosophies de l’éducation de Confucius et de Ralph Waldo Emerson, en soutenant que tous deux conçoivent l’éducation avant tout comme une culture de soi d’ordre moral, et non comme la simple transmission de connaissances, de compétences techniques ou de doctrines abstraites. Bien qu’ils s’inscrivent dans des contextes historiques, sociaux et culturels différents, l’un et l’autre considèrent l’éducation morale comme un processus continu, ouvert, dialogique et réflexif, enraciné dans la vie ordinaire. À travers une lecture attentive des textes primaires de Confucius et d’Emerson, appuyée sur des sources biographiques et secondaires, cette thèse examine les origines, les valeurs fondamentales, les finalités, les méthodes et les principes de leurs philosophies éducatives. Elle sou tient que l’une comme l’autre peuvent être interprétées comme une forme de perfectionnisme moral. Mais, tandis que le perfectionnisme moral émersonien met l’accent sur l’autonomie (self-reliance), la voix personnelle, la conversation et la transformation de soi, celui de Confucius se fonde sur le rite, les rôles sociaux, les pratiques relationnelles et la responsabilité envers autrui. En mettant Confucius en dialogue avec l’interprétation que Stanley Cavell propose du perfectionnisme moral émersonien, cette thèse étend la perspective cavellienne au-delà de l’individualisme démocratique et d’un cadre philosophique strictement occidental. Cette comparaison montre que le perfectionnisme moral peut revêtir des formes à la fois individualistes et communautaires, et que le développement moral demeure universellement accessible à travers la diversité des conditions sociales e t historiques. Si Emerson souligne la capacité de l’individu au développement de soi, Confucius, quant à lui, réinterprète l’idéal du junzi comme incarnation d’une morale ouverte à tous, indépendamment de la naissance ou du milieu éducatif. Enfin, cette thèse soutient que la comparaison entre Confucius et Emerson offre des perspectives significatives pour l’éducation contemporaine à travers le monde. En effet, les deux penseurs mettent en question la priorité donnée par l’éducation moderne aux résultats mesurables, à la formation technique et à l’apprentissage institutionnalisé, en redéfinissant l’éducation comme une orientation pour bien vivre. Leurs philosophies suggèrent un modèle intégré d’éducation morale, qui articule croissance personnelle et responsabilité sociale, réflexi on intérieure et pratique extérieure, autonomie et obligation relationnelle.
« Confucius and Ralph Waldo Emerson on Education : A Comparative Study » This thesis offers a comparative study of the educational philosophies of Confucius and Ralph Waldo Emerson, arguing that both thinkers understand education primarily as moral self-cultivation rather than mere transmission of knowledge, technical skills, or abstract doctrines. Although they emerged from distinct historical, social, and cultural contexts, both regard moral education as a lifelong, open-ended, dialogical, and reflective process grounded in ordinary life. Through close readings of Confucius’ and Emerson’s primary texts, supported by biographical and secondary sources, this thesis examines the origins, core values, aims, methods, and principles of their respective educational philosophies. It argues that both can be understood as a form of moral perfectionism. But, whereas Emersonian moral perfectionism emphasizes self-reliance, personal voice, conversation, and self- transformation, Confucian moral cultivation is grounded in ritual, social roles, relational practices, and responsibility to others. By bringing Confucius into dialogue with Stanley Cavell’s interpretation of Emersonian moral perfectionism, this thesis extends Cavell’s account beyond democratic individualism and a specifically Western philosophical framework. The comparison shows that moral perfectionism may take both individualistic and communal forms, and that moral growth remains universally accessible across diverse social and historical conditions. Whereas Emerson emphasizes the individual’s capacity for self-development, Confucius reinterprets the ideal of the junzi as a goal of moral cultivation open to all, regardless of birth or educational background. Finally, this thesis argues that the comparison between Confucius and Emerson yields significant implications for contemporary global education. Both thinkers challenge modern education’s emphasis on measurable outc omes, technical training, and institutionalized learning by redefining education as guidance for living well. The comparative study of their philosophies points toward an integrated model of moral education that balances personal growth with social responsibility, inward reflection with outward practice, and self-reliance with interpersonal commitment.


