Vie du laboratoire
Ken ALDER. Professeur invité (u. de Northwestern, États-Unis) à l’ENS de de Lyon – IHRIM
Source : ENS de Lyon
Professeur d’histoire et titulaire de la chaire Milton H. Wilson en sciences humaines au sein du département Histoire de l’université de Northwestern aux États-Unis, Ken ALDER est invité à l’IHRIM du 1er avril au 31 mai 2026 auprès de Lacy RUMSEY (ENS de Lyon – IHRIM).
Ken ALDER est un acteur clé dans le domaine de l’histoire des sciences et des technologies. Il a siégé au Conseil exécutif de la History of Science Society (2005-2008) et de la Society for the History of Technology (2004-2007). Il a également été conseiller éditorial pour les revues Technology & Culture (1997-2010) et Isis (1999-2004), tout en évaluant des projets pour des institutions prestigieuses comme la Fondation Guggenheim et la Huntington Library.
Fondateur et directeur du programme Science in Human Culture à Northwestern, il a animé pendant 30 ans un séminaire interdisciplinaire, encadré des doctorants et des post-doctorants, et contribué à la création du programme Kaplan Humanities Scholars pour les étudiants de première année. Ses recherches actuelles portent sur les interactions entre sciences, technologies et cultures, avec une approche historique et critique. Il continue de s’impliquer dans l’évaluation des programmes universitaires et des promotions académiques.
La venue de Ken Alder s’inscrit dans le cadre d’un échange académique entre l’université de Northwestern et l’ENS de Lyon, partenaire stratégique en lettres et sciences humaines. Son invitation représente une opportunité pour renforcer les liens scientifiques entre les deux institutions, notamment au sein de l’axe « Histoire et imaginaires des sciences et des techniques ».
Ken ALDER dirige le programme Science in Human Culture à Northwestern et développe actuellement un projet de recherche innovant intitulé « Vies des machines ». Ce travail adopte une approche originale en retraçant l’histoire des technologies à travers le prisme des machines elles-mêmes, de la Mésopotamie antique à l’ère numérique. En sélectionnant dix objets emblématiques (comme les lunettes de Benjamin Franklin, un pistolet à silex utilisé comme monnaie d’échange en Gambie, ou une machine à écrire liée à l’affaire Unabomber), il explore des thématiques globales : l’urbanisation, l’évolution des concepts de propriété, ou encore les frontières entre humain et machine. Ce projet s’inspire d’un genre littéraire ancien (les récits à la première personne d’objets), tout en intégrant des réflexions contemporaines sur la conscience environnementale, comme une méditation finale sur Gaïa.
Ses travaux s’articulent avec ceux de plusieurs chercheurs de l’IHRIM, comme Lucien DERAINNE (UJM Saint-Étienne) autour des récits de choses aux XVIIIe-XIXe siècles, Raphaële ANDRAULT (ENS de Lyon) autour de la mécanisation et de l’histoire de la mécanique, et Claire BAREL-MOISAN (ENS de Lyon) autour de la littérature d’anticipation et la culture matérielle. Ces synergies promettent des échanges fructueux, notamment autour des méthodologies narratives et des enjeux matériels et sociaux des technologies.
Lors de son séjour, Ken ALDER interviendra dans le séminaire « Littérature et arts XIXe-XXe siècles » de l’IHRIM pour présenter son projet sur les autobiographies d’objets, ainsi que dans une conférence sur la médecine légale, son autre axe de recherche actuel. Ces interventions s’adresseront aux chercheurs comme aux étudiants de master, favorisant un dialogue interdisciplinaire entre histoire des sciences, littérature et études culturelles. Sa visite contribuera ainsi à élargir les perspectives de l’IHRIM sur les interactions entre objets, technologies et sociétés.


