Publications
Astérion n°18, 2018/1
« Tetens et la philosophie transcendantale. Psychologie, philosophie transcendante et perfectibilité »
Jean-Paul PACCIONI (dir.)
Revue en accès libre sur OpenEdition
Éditée par ENS Éditions
n° 18, 4 juin 2018
e-ISSN 1762-6110
DOI 10.4000/asterion.3097
L’histoire des idées est structurée par des choix téléologiques aveugles qu’il faut mettre en cause, en redonnant de la liberté à la pensée. Ainsi Johann Nikolaus Tetens (1736-1807) est totalement ignoré. Il joue pourtant un rôle central dans les débats philosophiques du XVIIIe siècle en Allemagne. Les textes présentés ici tentent de rendre visibles ses apports originaux, en nous libérant de nos fausses évidences. Tetens a discuté les premiers écrits de Kant et a influencé la Critique de la raison pure. En prenant position dans le débat concernant les forces de l’âme, il a tenté de montrer que l’âme a une parfaite spontanéité propre. Dans ce but, il s’écarte aussi bien du dogmatisme spéculatif que de la psychologie empirique. Il n’est donc pas seulement le « Locke allemand ». De plus, sa démonstration engage une réélaboration de la notion rousseauiste de perfectibilité. On peut alors considérer que Tetens a développé avant Kant le problème kantien de l’objectivité de la connaissance. La question est de déterminer comment il l’a posé et ce que cela nous apprend.
J.-P. PACCIONI est membre associé de l’IHRIM, PAST à l’ENS de Lyon.
Astérion n°19, 2018/2
« Spinoza : entre anthropologie et psychologie »
Pascal SÉVERAC (dir.)
Revue en accès libre sur OpenEdition
Éditée par ENS Éditions
n° 19, 20 novembre 2018
e-ISSN 1762-6110
ISBN 979-10-362-0084-7
DOI 10.4000/asterion.3229
Quelle est cette nature humaine dont Spinoza parle partout et qu’il ne définit nulle part ? S’il est permis de dessiner les contours d’une anthropologie spinoziste, quelle psychologie peut-on alors en tirer ? Les réflexions que propose ce dossier ont été menées à la fois à l’intérieur de la philosophie spinoziste, comme pistes d’interprétation du système, mais aussi à l’extérieur de cette philosophie, comme questions sur l’usage qu’on peut en faire. Le dossier est constitué de six articles. Celui d’Ursula Renz interroge la pertinence, appliqué à Spinoza, d’un concept qui connaît actuellement un regain d’intérêt, celui de « forme de vie » ou « life-form », dans sa double dimension biologique et morale. Si l’on peut parler d’anthropologie chez Spinoza, il ne peut s’agir, comme le montre la contribution de Sophie Laveran, que d’une anthropologie à la fois « critique » et « pratique ». L’article de Pascal Sévérac appréhende quant à lui la question de l’anthropologie et de la psychologie chez Spinoza à travers le prisme de l’enfance. Raphaël Chappé confronte l’interprétation de François Zourabichvili avec celle d’Althusser, afin de comprendre comment tous deux posent le problème de la vie psychique, l’un à travers l’idée de forme, l’autre à travers celle de structure. On trouvera enfin dans les articles que proposent Julie Henry et Yves Clot des exemples vivants de ce que peut être un usage actuel de Spinoza, dans le champ de l’anthropologie et dans celui de la psychologie.
Pascal SÉVERAC est membre associé de l’IHRIM.
Astérion n°22, 2020/1
« Le Lien social »
Géraldine LEPAN (dir.)
Revue en accès libre sur OpenEdition
Éditée par ENS Éditions
n° 22, 8 juillet 2020
e-ISSN 1762-6110
ISBN 9791036202520
DOI 10.4000/asterion.4641
L’objectif de cette publication est de clarifier les représentations, et de l’homme et de la société, qui se développent de l’Antiquité au siècle des Lumières. Létitia Mouze explore la notion politique de « lien » (desmos) chez Platon et détermine son rapport avec la philia (amitié) des citoyens entre eux, condition sine qua non de la cité. Mais dès lors que la philia n’est plus une évidence, comment composer et vivre le lien social ? Olivier Guerrier et Sylvia Giocanti s’attellent par deux biais différents à la question de la gestion des liens, publics et privés, chez Montaigne, lequel ne minore en rien la part de conflictualité inhérente au désir. Locke définit de façon classique le langage comme le lien commun de la société, mais il s’agit ici pour Éric Marquer de révéler la profonde unité entre la logique et l’analyse de la communication sociale. Éléonore Le Jallé s’intéresse au rapport entre la vertu naturelle de bienveillance et la vertu artificielle de justice, pour montrer que Hume, à la différence d’auteurs tels que Smith et Rawls, a su mettre en lumière les contradictions entre ce que recommande la bienveillance et ce que demande la justice. En partant des expériences de pensée au XVIIIe siècle, Christophe Martin montre que là où l’expérience de désocialisation vise à démontrer la naturalité du lien social, elle sert au contraire chez Rousseau à révéler les potentialités de la nature de l’homme que l’environnement artificiel de la société a « défigurée ». Chez ce même auteur, Géraldine Lepan met enfin en évidence les implications de la définition de l’homme comme être « relatif » : comment faire en sorte que les liens juridiques du contrat correspondent au développement des liens naturels et civils ?
Astérion n°23, 2020/2
« Matériaux du spinozisme »
Pierre-François MOREAU (dir.)
Revue électronique en accès libre sur OpenEdition
Éditée par ENS Éditions
n° 23, décembre 2020
Date de publication : 13 janvier 2021
e-ISSN 1762-6110
e-ISBN 979-10-362-0305-3
DOI 10.4000/asterion.5152
Spinoza cite peu ses prédécesseurs, mais la critique s’est attachée à montrer l’insertion de la pensée et de l’écriture spinozistes dans différentes traditions. Ce dossier analyse donc comment Spinoza remanie et réécrit ce qu’il trouve devant lui. Autrement dit, il s’agit de comprendre comment, pour lui, ces « héritages » sont en fait des matériaux à retravailler : comment le système spinoziste traite-t-il les questions du suicide, de l’expérience historique, de la toute-puissance divine et de la finitude humaine ? Ainsi, le problème du suicide oblige à penser la destruction de soi-même dans une philosophie qui analyse l’individu à partir d’un conatus qui paraît exclure toute possibilité de contradiction interne. De même, la réflexion politique de Spinoza, comme celle de Hobbes, s’appuie sur des exemples empruntés aux historiens latins, ce qui implique la constitution de modèles historiques. La toute-puissance divine est pensée par l’infléchissement de la catégorie de causalité, qui permet de donner un autre sens à l’infini et aux rapports entre essence divine et lois de la nature. La réflexion sur la finitude fonde une pensée de l’existence sur un contenu issu de l’expérience humaine la plus commune – ce qui permet de comprendre la signification de l’attention portée par Spinoza aux récits religieux : elle renvoie non seulement aux nécessités de la controverse sur l’Écriture, mais aussi au fait que ces récits alimentent sa méditation sur les formes de vie.
Astérion n°26, 2022/1
« Entre politique et philosophie : l’édition des philosophes “classiques” en France au XIXe siècle »
Félix BARANCY (dir.)
Édité par ENS éditions
n° 26, 18 août 2022
Publié en ligne sur OpenEdition
e-ISSN 1762-6110
e-ISBN 979-10-362-0595-8
DOI 10.4000/asterion.7827
Nous travaillons chaque jour, pour la plupart d’entre nous, à lire des textes de philosophes du passé. Pourtant, parce qu’il est constamment sous nos yeux, nous nous focalisons rarement sur le médium éditorial qui permet cette lecture. Or, loin d’avoir ce statut de « degré zéro de la réception », inoffensif et impartial, qu’on a parfois voulu lui attribuer, le travail d’édition philosophique semble de part en part traversé d’enjeux tant politiques que philosophiques. C’est particulièrement le cas au XIXe siècle, au moment où se développe en France, sous l’égide de Victor Cousin, l’histoire de la philosophie comme discipline autonome. Éditer un texte est alors à la fois un moyen de réactiver des traditions légitimant sa propre philosophie, de se constituer des ancêtres ou des ennemis. Mais les éditions sont aussi un lieu privilégié pour développer sa propre philosophie, dans les notes et les préfaces, sous l’autorité illustre des classiques que l’on édite. Enfin, certains philosophes explicitent qu’un tel travail est en lui-même philosophique, dans la mesure où éditer est un acte dont on peut attendre des bénéfices philosophiques. Les six études de ce dossier rendent compte de la diversité des usages et des mérites philosophiques des éditions de philosophes au XIXe siècle en France, en se focalisant sur six « classiques » : Montesquieu, Pascal, Buffier, Spinoza, Reid et Leibniz.
Ce numéro regroupe les actes d’une journée organisée le 17 juin 2021 par Félix BARANCY et à laquelle plusieurs membres de l’IHRIM avaient participé.
Astérion n°28, 2023/1
« Histoire et travail social : écriture, mythes et récits »
Michaël POUTEYO (dir.)
Édité par ENS éditions
n° 28, 19 octobre 2023
Publié en ligne sur OpenEdition
e-ISSN 1762-6110
e-ISBN 979-10-362-0723-5
DOI 10.4000/asterion.9363
Alors que le travail social cède aujourd’hui la place à l’intervention sociale, et que le changement de terminologie peut apparaître comme un marqueur du changement des pratiques, la question de son histoire est plus que jamais d’actualité. Que l’on s’attache aux évolutions législatives ou aux changements qui ont lieu au cœur des institutions concernées, ce sont autant de disciplines et de méthodes à l’œuvre dans la recherche académique.
Michaël POUTEYO, associé au laboratoire IHRIM à l’ENS de Lyon a soutenu sa thèse de philosophie en juillet 2021 sous la direction de Pierre-François MOREAU.
Astérion n°31, 2024/2
« L’esprit de corps. Solidarité, loyauté et construction du social »
Céline HERVET et Jacques-Louis LANTOINE (dir.)
Revue électronique en libre accès
Diffusée sur OpenEdition Journals
Éditée par ENS Éditions
Astérion, n°31, décembre 2024 [parution le 5 février 2025]
Directeur scientifique IHRIM : Jacques-Louis LANTOINE
e-ISSN 1762-6110
ISBN 979-10-362-0852-2
DOI 10.4000/138ql
Aborder la question de l’esprit de corps conduit à envisager les rapports de solidarité interindividuels et l’unité du corps politique à l’aune d’une approche génétique qui, s’affranchissant des questions de droit et de fondement, peut mettre en évidence les mécanismes qui, de fait, président à leur constitution. L’esprit de corps jouit en effet d’une réputation ambivalente : source de corporatisme et d’intérêt particulier venant, parfois de l’intérieur même de l’appareil d’État, fourvoyer l’esprit qui devrait à la fois animer les grands corps de l’État et garantir leur loyauté, il apparaît aussi comme condition de permanence, de stabilité, d’unité, de puissance et de cohésion des groupes sociaux. Cette ambivalence, si elle est constatée, autorise d’aborder la question politique sans présupposé axiologique, et d’interroger, en matière politique, non pas tant « ce qui doit être » que « comment cela fonctionne », en constatant que cela ne fonctionne jamais tout à fait. Relire certains moments de l’histoire moderne des idées politiques à cette aune implique dès lors une tout autre compréhension du rapport des individus à l’État et aux institutions : loin d’être fondé sur une rationalité morale ou juridique, ce qui fait la loyauté des membres d’un groupe repose surtout sur les affects et l’imagination, ce qui explique non seulement le potentiel séditieux ou factieux des corps constitués, mais aussi leur précarité.
Astérion n°32, 2025/2
« Du prince éclairé au despote éclairé »
Emmanuel HOURCADE et Myrtille MÉRICAM-BOURDET (dir.)
Revue électronique en libre accès
Diffusée sur OpenEdition Journals
Éditée par ENS Éditions
Astérion, n°32, 15 octobre 2025
ISBN 979-10-362-0940-6
e-ISSN 1762-6110
DOI 10.4000/14y3i
La notion de « despotisme éclairé » a été constituée au XIXe siècle pour caractériser certaines politiques menées durant le XVIIIe siècle par des souverains d’Europe centrale et d’Europe de l’Est. La proximité de Voltaire avec Frédéric II et de Diderot avec Catherine II, le fait que Catherine II ait revendiqué l’héritage de Montesquieu pour rédiger le Nakaz, ont accrédité l’idée d’une valorisation de cette notion contradictoire par les philosophes eux-mêmes. Et pourtant, le despotisme, théorisé par Montesquieu et intégré à son analyse des gouvernements, peut être considéré comme antinomique de l’idée même des Lumières. En élargissant le questionnement au « prince éclairé », ces études s’intéressent à la manière dont un pouvoir « éclairé » a pu être pensé au XVIIIe siècle, à la façon dont les philosophes ont pu évaluer les souverains de leur temps et leurs actions politiques, et posent la question de l’influence des idées des Lumières sur la politique.
Atar-Gull o Una venganza africana y Una tía
dos piezas teatrales
Lucio V. MANSILLA
Édition d’Axel GASQUET
coll. « Letras y Pensamiento en el Bicentenario »
Buenos Aires, Eduvim
mars 2017, 236 p.
ISBN 978-987-699-279-4
Parmi l’œuvre étendue de l’écrivain argentin Lucio V. Mansilla (1831-1913), Atar-Gull o una venganza africana (1855) et Una Tía (1864) sont deux pièces dramatiques à peine mentionnées par ses biographes et par les spécialistes. Si la première a été souvent fugacement signalée par la critique, la seconde fut totalement ignorée et passé sous silence. Cet ouvrage vise à combler cette importante lacune éditoriale, mettant à disposition du public — pour la première fois depuis 1864 — ces deux pièces de théâtre du grand classique argentin. Une étude préliminaire approfondie introduit l’édition, rédigée par Axel Gasquet, mettant en place une interprétation critique indispensable pour la compréhension contemporaine de ces œuvres.
Au cœur de l’État.
Parlement(s) et cours souveraines sous l’Ancien Régime
Isabelle BRANCOURT (dir.)
coll. « Constitution de la modernité », n° 20
Paris, Classiques Garnier
17 juin 2020, 431 p.
Broché, ISBN 978-2-406-09783-9
Relié, ISBN 978-2-406-09784-6
9 mars 2020 : parution numérique
e-ISBN 978-2-406-09785-3
Cet ouvrage est issu du travail réalisé par le groupe Parlement(s) (IHRIM, IHD-Paris 2 et univ. de Montpellier).
Ces actes de séminaire international sont une partie des résultats d’un travail collectif de sept ans, de 2011 à 2018. Du Moyen Âge à la Révolution, les dix-huit chapitres envisagent leur objet, le(s) Parlement(s) de la France d’Ancien Régime, au sens large de ces termes, en une perspective résolument interdisciplinaire et évolutive. Sous l’angle institutionnel tout autant que culturel, les différentes faces et phases de ce cœur de l’État de la France ancienne se révèlent dans toute leur complexité, politique, philosophique, religieuse et sociologique. Autour des problématiques de la souveraineté, du pouvoir « absolu » et de sa remise en cause, du droit et du juste, ces cours se firent le creuset d’une modernité politique à la française.
En trois parties, les dix-huit chapitres de ces actes passent en revue cet objet complexe, du Moyen Âge à la Révolution, sous les angles divers des institutions autant que de la philosophie, du droit, de la religion ou de la société, pour en révéler le caractère de creuset d’une modernité politique.
Autocéphalies. L’exercice de l’indépendance dans les Églises slaves orientales
Marie-Hélène BLANCHET, Frédéric GABRIEL et Laurent TATARENKO (dir.)coll. « École française de Rome »
Rome, Publications de l’École française de Rome
décembre 2021, 673 p.
ISBN 9782728314539
Auteur IHRIM : Frédéric GABRIEL
Publication numérique sur Open edition : 15 juillet 2021
e-ISBN 9782728314546
L’histoire des Églises autocéphales – gouvernées de manière indépendante sans autorité ecclésiastique supérieure, mais sans renoncer à la communion interecclésiale – est généralement exposée dans les termes de la controverse et construite à l’aune des revendications politico-identitaires contemporaines. En ce sens, elle est fidèle à son creuset moderne : les nationalismes balkaniques du XIXe siècle, qui présentaient le statut des Églises locales des nouveaux États comme la simple continuation des Églises autocéphales médiévales. Pour dépasser ce récit des origines, avec ses pièges sémantiques, et aborder le sujet de manière critique, ce livre reprend à nouveaux frais le dossier sur la longue durée, seule à même de montrer les franches ruptures entre les pratiques anciennes et la théorie récente. Au sein d’une géographie cohérente, celle du monde slave depuis la Russie jusqu’aux Balkans, ce volume historicise les contextes dans lesquels, du IXe au XXIe siècle, prennent sens les tentatives d’autocéphalie, d’abord intimement liées aux décisions impériales byzantines et aux défis géopolitiques du moment. Avec les notions de schisme et de frontière, les autocéphalies sont des phénomènes particulièrement révélateurs des dynamiques d’une communauté qui prend conscience d’elle-même et qui veut accéder au gouvernement de soi.
Voir aussi le colloque éponyme du 23 au 25 novembre 2016.
Autorité et marginalité sur les scènes européennes
(XVIIe-XVIIIe siècles)
Christelle BAHIER-PORTE et Zoé SCHWEITZER (dir.)
coll. « Rencontres »
série Littérature générale et comparée, n° 16, dirigée par Véronique Gély
Paris, Classiques Garnier
4 octobre 2017, 307 p.
ISBN 978-2-406-06243-1
Cet ouvrage envisage les différentes fonctions du personnage marginal sur la scène du théâtre européen des XVIIe et XVIIIe siècles, puissance de contestation et force de proposition, dont l’identité trouble met en question les pouvoirs de la représentation et ses limites.
This work considers the different functions of the marginalized character on the European stage from the seventeenth to the eighteenth centuries. In generating powerful challenges and proposals, the character’s identity disturbs and calls into question the power of representation and also its limits.
Autour de Vallès n° 46, 2016
« Vallès et les anarchistes »
Sarah AL-MATARY (dir.)
Édité par l’association Les Amis de Jules Vallès
Revue soutenue financièrement par l’IHRIM
n° 46, novembre 2016, 191 p.
ISSN 1632-8485 [l’ISSN 0763-779 indiqué sur la revue est incorrect]
Les contributions ici réunies portent autant sur les sociabilités de Jules Vallès que sur les références théoriques ou les traces d’un imaginaire anarchiste dans ses écrits. Différents travaux ont déjà éclairé, au sein de ce corpus, la part de la critique de l’État, l’apport de Proudhon et Bakounine, une proximité avec d’autres œuvres apparentées à l’anarchisme. Aucune monographie ne met toutefois en regard la relation de Vallès aux idées et aux milieux anarchistes, et la réception de ce dernier par les militants, sur la vaste période qui court de 1848 à nos jours. Projet ambitieux, dont ce numéro de revue se propose de documenter certains aspects, en espérant ouvrir la voie à de futures explorations. Autour de Vallès se retrouvent ici l’illustrateur qui en a fait un héros de bande dessinée, une cheville ouvrière de la revue La Rue (1968-1986), des universitaires d’horizons disciplinaires variés ‒ historiens, géographes, « littéraires » exerçant en France ou à l’étranger. Dans le respect de la chronologie, les trois premiers articles se concentrent sur les grandes étapes de l’activité vallésienne (1848, la Commune, l’exil, la refondation du Cri du peuple), sans négliger les réseaux dans lesquels cette activité s’inscrit ; les suivants montrent comment, sur le long terme, Vallès dialogue ‒ ou résiste au dialogue ‒ avec d’autres réalisations, figures, supports des anarchismes ‒ car c’est bien le pluriel qu’il faudrait employer pour représenter l’anarchisme dans sa diversité.
Autour de Vallès n° 47, 2017
« Les Ateliers de Clio. Écritures alternatives de l’histoire (1848-1871) »
Jean-Marie ROULIN et Corinne SAMINADAYAR-PERRIN (dir.)
Édité par l’association Les Amis de Jules Vallès
Revue soutenue financièrement par l’IHRIM
n° 47, décembre 2017, 414 p.
ISSN 1632-8485 [l’ISSN 0763-779 indiqué sur la revue est incorrect]
TABLE DES MATIÈRES
Corinne Saminadayar-Perrin, « Introduction »
I. DÉTOURS
Filip Kekus, « Les Nuits d’octobre de Gérard de Nerval :
une contre-épreuve de la propagande bonapartiste »
Jean Rime, « Les desseins détournés de l’histoire dans la Sainte
Russie de Gustave Doré »
Christine Pouzoulet, « Quinet et les Révolutions d’Italie (1848-1852) :
“l’histoire de l’âme d’un peuple” »
Laure Demougin, « “Un vieux corsaire m’a narré un conte” : écrire
l’avant dans la presse algérienne du XIXe siècle (1830-1880) »
Caroline Julliot, « Histoire anecdotique, histoire politique ? Husson
dit Champfleury, érudit engagé »
Marta Caraion, « Les petits objets de l’histoire, ou l’hypothèse
métonymique »
Olivier Ritz, « Michelet d’une Montagne à l’autre : écriture
métaphoriques de l’histoire »
II. ANAMORPHOSES FICTIONNELLES
Marie-Ange Fougère, « Paul de Kock, “auteur historique” »
Laurent Angard, « Les détours de l’histoire : Les Quarante-cinq de
Dumas [1847] »
Jean-Marie Roulin, « Les retours de l’histoire : Mademoiselle de la
Seiglière de Jules Sandeau [1847] »
Julie Anselmini, « Pour une voix singulière de l’histoire : le choix des
mémoires fictifs dans Nanon de George Sand »
Manuela Mohr, « “Et si l’histoire plaisantait ?”. Le Horla, entre le
rire et l’inquiétude »
Nicolas White, « La Débâcle de Zola : une fiction républicaine de la
fin du second Empire »
III. L’HISTOIRE VUE D’EN BAS
Olivier Chaïbi, « Comprendre la Révolution. Des écritures
proudhoniennes de l’histoire sous la seconde République (1848-1852) »
Corinne Saminadayar-Perrin, « Clio réfractaire. L’histoire à l’envers
dans l’oeuvre de Jules Vallès (1857-1869) »
Igor Krtolica, « Les enquêtes et tableaux de Vallès, ou l’alliance avec
les réfractaires »
Céline Léger, « Les Blouses de Vallès : violence historique et
symbolique corporelle »
Arouna Coulibaly, « La vérité historique à l’épreuve de la création
littéraire dans L’Insurgé de Jules Vallès »
Cécile Robelin, « Pour une histoire des émotions au printemps 1971 »
VARIA
Michèle Audin, « La Polonie, tatan Mariou, Joséphine et quelques
autres… »
Noé Marcoux, « Sophie Grangé : poétesse romantique révoltée, un
feutre noir au front et des bottes aux pieds ! »
Mourad Khelil, « Le Ventre de Vingtras. Nourritures terrestres et
langagières dans la trilogie de Jules Vallès » [présentation de thèse]
COMPTES RENDUS, PARUTIONS, NOUVELLES
Noé Marcoux, Louis-Agathe Berthaut, bohème romantique et républicain,
Bssac, Plein chant, imprimeur-éditeur, 2016 [Vincent Boucheron]
Jules Vallès, Mémoires d’un révolté, éditions Paleo, 2017 [François Marotin]
Michèle Audin, Comme une rivière bleue. Paris 1871, Paris, Gallimard,
« L’Arbalète », 2017 [Corinne Saminadayar-Perrin]
Olivier Ritz, Les Métaphores naturelles dans le débat sur la Révolution,
Paris, Classiques Garnier, 2016 [Corinne Saminadayar-Perrin]
Vincent Laisney, en lisant en écoutant. Lectures en petit comité, de Hugo à
Mallarmé, Paris, Les Impressions Nouvelles, 2017 [Violaine François]
Hommage à Janine Bellet
Jules Vallès au Salon du Livre libertaire
Autour de Vallès n° 48, 2018
« Écrire le quotidien »
Marie-Astrid CHARLIER (dir.)
Édité par l’association Les Amis de Jules Vallès
Revue soutenue financièrement par l’IHRIM
n° 48, décembre 2018, 259 p.
ISSN 1632-8485 [l’ISSN 0763-779 indiqué sur la revue est incorrect]
Table des matières
Dossier : Écrire le quotidien
Marie-Astrid Charlier, « Introduction. Ecrire le quotidien, des fictions du XIXesiècle aux narrations contemporaines »
Alain Vaillant, « La poétique du banal : de l’indicible au risible »
Constance Barbaresco, Gérard Gabriel Kahn, Judith Lyon-Caen, Luce Roudier, Rafael Souza Barbosa, « La petite vie de tous les jours. Paul de Kock, le roman du quotidien »
Aurore Peyroles, « La banlieue verte du XIXesiècle : impossible échappée hors du quotidien ? »
Marie-Françoise Melmoux-Montaubin, « Les robinsonnades de Jules Verne : la fabrique du quotidien »
Corinne Saminadayar-Perrin, « La chaîne des jours. Écritures critiques du quotidien dans la trilogie de Vallès »
Aurélien Lorig, « Jean Barbier, ironie d’une voix narrative entre réalité et fiction dans Bas les cœurs ! »
Violaine François, « Le spectacle du quotidien. Les monologues fumistes fin-de-siècle »
Renée Ventresque, « Marie-Hélène Lafon, Joseph (2014), “Oser Flaubert en sous-texte. Un cœur simple en sous-texte dans Joseph. Félicité sous Joseph” »
Marie-Eve Thérenty, « “Débusquer la part la plus nocturne et la plus quotidienne de l’existence”. Du roman réaliste à Raconter la vie »
Violaine Sauty, « Annie Ernaux sur le terrain du quotidien : ethnographie urbaine de l’hypermarché »
Varia
Camille Noé Marcoux, « Jules Vallès par Fernand Rude »
Sylvain Matton, « Deux lettres inédites de Vallès à Maurice Bouchor »
Nouvelles et comptes rendus
– Fictions de la Révolution (1789-1912), J. M. Roulin et C. Saminadayar-Perrin dir., Presses universitaires de Rennes, 2018 [Héléna Demirdjian]
– Matthieu Letourneux, Fictions à la chaîne. Littératures sérielles et culture médiatique,Paris, Seuil, « Poétique », 2017 [Corinne Saminadayar-Perrin]
– Marie-Astrid Charlier, Le Roman et les Jours. Poétiques de la quotidienneté au XIXesiècle, Paris, Classiques Garnier, 2018 [Sandrine Carvalhosa]
– Les Goncourt historiens, sous la direction d’Eléonore Reverzy et de Nicolas Bourguinat, Presses universitaires de Strasbourg, 2017, 281 p. [Corinne Saminadayar-Perrin]

