Publications
Rousseau, les Lumières et le monde arabo-musulman
Du XVIIIe siècle aux printemps arabes
Pascale PELLERIN (dir)
coll. « Rencontres », 164, série « Le dix-huitième siècle »
Paris, Classiques Garnier
2 août 2017, 299 p.
ISBN 978-2-406-05757-4
Comment articuler les textes des écrivains des Lumières avec la construction des identités nationales arabo-musulmanes, la problématique des mouvements indépendantistes et les mouvements révolutionnaires désignés sous le terme de printemps arabes ? Cet ouvrage a l’ambition de saisir la philosophie politique des Lumières au regard des expériences dans les pays arabo-musulmans, de comprendre l’influence des écrits des Lumières, leur réflexion sur l’Islam mais aussi de saisir les modalités de leur réception, les deux pouvant se croiser. Dans un orient musulman, affaibli, voué par les orientalistes, à la conquête dès la fin du XVIIIe siècle, les Lumières et la Révolution de 1789 sont simultanément un objet de fascination et de rejet.
Rousseau. Une politique de la vérité
Géraldine LEPANParis, Belin
coll. « Le chemin des philosophes »
octobre 2015, 320 p.
ISBN 978-2-7011-9153-9
Présentation
Rousseau a exploré de nombreux domaines – l’histoire, la morale, la politique, la liberté individuelle – et sous des formes variées : discours, roman, traité, lettre. Ce livre fait voir comment, sous une diversité d’écriture où le littéraire et le philosophique se confortent mutuellement, Rousseau a réfléchi sur des problèmes majeurs de la philosophie moderne pour construire une œuvre profondément une et cohérente, organisée autour de la théorie politique et dominée par la recherche de la vérité.
L’auteur
Géraldine LEPAN, ancienne élèves de l’ENS Ulm, agrégée et docteure en philosophie, est maître de conférences à l’université de Toulouse - Jean-Jaurès et membre de l’IHRIM. Spécialiste de philosophie morale et politique, elle a publié Jean-Jacques Rousseau et le patriotisme (éd. Honoré Champion, 2007) ainsi que des études sur Hobbes et Grotius. Elle travaille sur la question du lien social, la guerre et les théories de la sociabilité.
Royaume de Fémynie
Pouvoirs, contraintes, espaces de liberté des femmes, de la Renaissance à la Fronde
Éliane VIENNOT, Kathleen WILSON-CHEVALIER (dir.)
coll. « Rencontres »
Paris, Classiques Garnier
26 août 2023 [1999], 304 p.
ISBN 978-2-8124-5656-5
ISSN 2261-1851
DOI 10.15122/isbn.978-2-37312-139-1
Avec la collaboration de Michel MELOT et Céleste SCHENK.
Réimpression de l’édition de 1999.
La féminisation de la scène publique est une caractéristique prépondérante de la Renaissance. Ces contributions étudient plusieurs de ces figures et permettent de comprendre comment les arts traduisaient les relations complexes et les enjeux politiques et symboliques à l’œuvre dans une société en pleine mutation.
Scènes baroques d’aujourd’hui.
La mise en scène baroque dans le paysage culturel contemporain
Céline CANDIARD et Julia GROS de GASQUET (dir.)
coll. « Théâtre et société »
Lyon, PUL
7 novembre 2019, 318 p.
ISBN 978-2-7297-0957-0
Tout le monde connaît les pièces de Molière ou de Corneille ; ce sont ces « classiques » et d’autres œuvres moins célèbres des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles que le mouvement artistique baroque se réapproprie en explorant les codes de jeu, les gestes et les modes de profération des interprètes de l’époque. Cet ouvrage a pour objectif de dresser un état des lieux de la mise en scène baroque aujourd’hui. Or l’entreprise n’est pas neutre, car le baroque contemporain fait l’objet de débats féroces, aussi bien en ce qui concerne sa définition que sa réception.
L’analyse se construit autour de plusieurs thèmes : l’importance des autres arts vivants se réclamant du courant baroque, notamment la musique et la danse, le rôle éducatif de ce mouvement théâtral et sa place au sein de l’institution. Elle se nourrit d’une comparaison avec le théâtre élisabéthain outre-Manche et de témoignages d’artistes contemporains, parmi lesquels Eugène Green. S’appuyant sur une réflexion collective où se font entendre plusieurs voix, venues de la scène ou des universités, des salles de classe ou des sociétés de production, ce livre élabore une cartographie précise des interrogations qui irriguent la mise en scène baroque aujourd’hui. Les champs du savoir et du spectacle vivant sont ainsi réunis, s’éclairant l’un l’autre et témoignant de la réussite de ce projet, car c’est de cette façon qu’est né et que continue de s’inventer le théâtre baroque.
Céline CANDIARD est maîtresse de conférences au département des arts du spectacle, de l’image et de l’écran de l’Université Lumière Lyon 2 et membre de l’Institut d’histoire des représentations et des idées dans les modernités (IHRIM, UMR 5317). Spécialiste de l’histoire du théâtre, elle a publié notamment Esclaves et valets vedettes dans les comédies de la Rome antique et de la France de l’Ancien Régime(Honoré Champion, 2017).
Julia Gros de Gasquet est maîtresse de conférences HDR à l’Institut d’études théâtrales de l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 et membre du Laboratoire international de recherches en arts (LIRA, EA 7343). Formée comme comédienne à l’École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (ENSATT) de Lyon et à l’Institut d’État d’art théâtral (GITIS) de Moscou, elle a notamment joué au cinéma sous la direction d’Eugène Green. Elle a publié « Pour une histoire de l’art de l’acteur : perspectives et propositions » (Revue d’histoire du théâtre, janvier 2019) et dirige depuis 2015 le Festival de la correspondance de Grignan.
Scènes de viol dans les littératures européennes (XVIe-XVIIIe siècles)
Véronique LOCHERT, Zoé SCHWEITZER, Enrica ZANIN (dir.)Hors collection
Paris, Hermann
29 octobre 2025, 318 p.
ISBN 9791037045218
Directrice d’ouvrage IHRIM : Zoé SCHWEITZER
Rassemblant vingt-cinq contributions sur le théâtre, le roman et la poésie des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, ce livre montre la grande diversité des représentations auxquelles donnent lieu les violences sexuelles dans la littérature de cette période. Il invite à relire les œuvres du passé à partir des débats de notre temps non seulement pour mesurer leur participation à l’élaboration d’une culture du viol, mais aussi pour mettre en évidence leur pouvoir de critique et de dénonciation face à des abus qui demeurent largement tabous dans la société.
Lire les scènes de viol permet de déployer de nouvelles potentialités de sens et de découvrir de nouvelles dimensions dans des œuvres qu’on croyait connaître. Il s’agit à la fois d’analyser comment et pourquoi les textes donnent à voir le viol, d’interroger les réactions du public qui regarde ces scènes et de souligner le rôle joué par les interprètes, qui les ont parfois rendues invisibles.
Séditions et Révoltes dans la réflexion politique de l’Europe moderne
Alexandra MERLE, Marina MESTRE ZARAGOZÁ (dir.)coll. « Constitution de la modernité »
Paris, Classiques Garnier
6 juillet 2022, 470 p.
ISBN 978-2-406-12791-8
DOI 10.48611/isbn.978-2-406-12793-2
Ce volume, qui réunit des historiens et des spécialistes de la pensée politique, analyse les interactions entre certaines révoltes de la fin de l’époque médiévale et de l’époque moderne et la réflexion menée sur la sédition dans des écrits de nature théorique ou destinés à guider l’action politique.
Ce volume est issu du colloque éponyme du 22-24 mai 2017 organisé à Séville en Espagne.
Seize études sur Marguerite de Valois, ses proches, son œuvre, son temps, son mythe
Éliane VIENNOTcoll. «Études et essais sur la Renaissance»
Paris, Classiques Garnier
16 mars 2022, 329 p.
ISBN 978-2-406-12602-7
DOI 10.48611/isbn.978-2-406-12602-7
L’ouvrage réunit des études publiées entre 1994 et 2019, dont les références ont été homogénéisées. L’ensemble, qui croise histoire événementielle et littéraire montre que la fondatrice du genre des Mémoires aristocratiques est redevenue un sujet d’étude, sans plus se confondre avec la Reine Margot.
Sérieux - pas sérieux
Conversation avec Olivier NEVEUX
Sylvain CREUZEVAULT
coll. « Méthodes »
Montreuil, Éditions théâtrales
23 octobre 2025, 152 p.
ISBN 978-2-84260-979-5
« Sur le théâtre, les acteurs et les actrices jouent, doivent jouer. Doivent pouvoir jouer. Doivent savoir jouer. »
Sylvain CREUZEVAULT ne voulait pas faire ce livre. Il le voulait aussi. Alors, il a joué le jeu tout comme il l’a fait dévier. Il prévient : « Ceci n’est pas un entretien, c’est un mensonge. »
Pour avancer, un discours « sérieux - pas sérieux » : des déclarations profondes et graves qu’une remarque retourne, une évidence qu’un doute contrarie, une blague que l’expérience confirme. De cet entretien avec Olivier NEVEUX ressortent des lignes de force et quelques professions de foi sur l’artisanat du théâtre, le désir acharné de rendre la vie passionnante, l’héritage de Jacques Lecoq, les répétitions, les dynamiques contradictoires qu’impose la profession… Et, au cœur de cette conversation, une obsession : l’art des actrices et des acteurs, ce qu’il permet, ce qui le permet.
Seuils du nom propre
Nicolas LAURENT et Christelle REGGIANI (dir.)Coll. « Études linguistiques et textuelles »
Limoges, Lambert-Lucas
15 décembre 2017, 195 p.
ISBN 978-2-35935-217-7
Auteur IHRIM : Nicolas LAURENT
Depuis une trentaine d’années, la linguistique a mis au jour et étudié différents types de modifications du nom propre, par lesquels le lien direct avec l’x nommé se distend plus ou moins et cède la place à une pensée conceptuelle au sujet de cet x ou d’autres x. Ce volume explore la pertinence stylistique des usages, standards et modifiés, du nom propre et revient plus précisément sur les formes périphériques ou hybrides de dénominations individuelles (surnoms, sobriquets, titres, etc.), qui constituent autant de seuils du nom propre. Son ambition est de permettre de mieux comprendre comment se nouent diverses formes de pensée au sujet d’un individu, et de contribuer à l’histoire des processus d’individualisation dans la langue et dans les textes, littéraires et non littéraires.
Contributeurs
Arzoumanov Anna, Cormier Agathe, Dournel Sylvain, Grass Thierry, Helkkula Mervi, Houessou Dorgelès, Jaubert Anna, Laurent Nicolas, Locatelli Federica, Lombardero Emily, Molard-Riocreux Ingrid, Montémont Véronique, Obry Vanessa, Paissa Paola, Reggiani Christelle
Shakespeare and the Environment : A Dictionary
Sophie CHIARIcoll. « Arden Shakespeare Dictionaries »
Londres, Bloomsbury
24 février 2022, 456 p.
ISBN 9781350110489
While our physical surroundings fashion our identities, we, in turn, fashion the natural elements in which or with which we live. This complex interaction between the human and the non-human already resonated in Shakespeare’s plays and poems. As details of the early modern supra- and infra-celestial landscape feature in his works, this dictionary brings to the fore Shakespeare’s responsiveness to and acute perception of his ’environment’ and it covers the most significant uses of words related to this concept. In doing so, it also examines the epistemological changes that were taking place at the turn of the 17th century in a society which increasingly tried to master nature and its elements. For this reason, the intersections between the natural and the supernatural receive special emphasis. All in all, this dictionary offers a wide variety of resources that takes stock of the ’green criticism’ that recently emerged in Shakespeare studies and provides a clear and complete overview of the idea, imagery and language of environment in the canon.
Si notre environnement physique façonne nos identités, nous façonnons à notre tour les éléments naturels dans lesquels ou avec lesquels nous vivons. Cette interaction complexe entre l’humain et le non-humain résonnait déjà dans les pièces et les poèmes de Shakespeare. Comme les détails du paysage supra- et infra-céleste des débuts de l’ère moderne apparaissent dans ses œuvres, ce dictionnaire met en évidence la réactivité et la perception aiguë de Shakespeare à l’égard de son « environnement » et couvre les utilisations les plus significatives des mots liés à ce concept.
Shakespeare and the Poetics and Politics of Relevance
Dympna CALLAGHAN and Sophie CHIARI (dir.)coll. « Early Modern Cultural Studies 1500–1700 »
Cham, Palgrave Macmillan
9 novembre 2024, 281 p.
ISBN 978-3-031-66897-5
Directrice scientifique IHRIM : Sophie CHIARI
DOI 10.1007/978-3-031-66898-2
e-ISBN 978-3-031-66898-2
Four years on from George Floyd’s murder, this volume asks if and how Shakespeare might be relevant—whether in performance, in the classroom, or in scholarship—to the pressing issues of social and climate justice. This question, however, is accompanied by the acute and uncomfortable recognition that there have been other consequences to the awakening of the world since Floyd’s death, including the call to cancel Shakespeare altogether. This volume, however, is not an apology for Shakespeare but rather an engagement with him. From the perspective of the scholars who contribute here, questions about Shakespeare in our current context are not only deeply enmeshed with issues about his historical, geographical, and performance context and its attendant alterity, but crucially also to the specifically literary forms and structures with which he worked. Even as these essays resist the idea of a “timeless,” universalist Shakespeare, they insist upon the “poetics,” the creative framework, the specifically literary dimensions of the plays that cannot be reduced to any paraphrasable content. These are precisely the features that facilitate and enable the “relevance” of Shakespeare’s works even across the chasm of the centuries since he composed them.
Quatre ans après le meurtre de George Floyd, ce volume se demande si et comment Shakespeare peut être pertinent - que ce soit dans le spectacle, dans la salle de classe ou dans la recherche - pour les questions urgentes de justice sociale et climatique. Cette question s’accompagne toutefois d’une reconnaissance aiguë et inconfortable du fait que l’éveil du monde depuis la mort de Floyd a eu d’autres conséquences, y compris l’appel à l’annulation pure et simple de Shakespeare. Ce volume n’est cependant pas une apologie de Shakespeare, mais plutôt un engagement à son égard. Du point de vue des chercheurs qui contribuent ici, les questions concernant Shakespeare dans notre contexte actuel ne sont pas seulement profondément enchevêtrées avec les questions relatives à son contexte historique, géographique et de représentation et à l’altérité qui en découle, mais aussi, et c’est crucial, avec les formes et les structures spécifiquement littéraires avec lesquelles il a travaillé. Même si ces essais résistent à l’idée d’un Shakespeare « intemporel » et universaliste, ils insistent sur la « poétique », le cadre créatif, les dimensions spécifiquement littéraires des pièces qui ne peuvent être réduites à un contenu paraphrasable. Ce sont précisément ces caractéristiques qui facilitent et permettent la « pertinence » des œuvres de Shakespeare, même au-delà du gouffre des siècles qui se sont écoulés depuis qu’il les a composées. [Trad. DeepL]
Shakespeare’s Ecology of Natural Resources
Transitions and Transformations
Sophie CHIARI
coll. « The Arden Shakespeare »
New York, Bloomsbury Publishing
11 décembre 2025, 248 p.
ISBN 9781350559066
Résumé
Shakespeare’s Ecology of Natural Resources analyses the early modern responses to the rise of extractive exploitation in Elizabethan and Jacobean England. It aims to expand our understanding of the environment in Shakespeare beyond the so-called ’green’ comedies by charting the transition from a pre-capitalist world towards a commodity-based society ruined by the enclosure of the commons. The book discusses a number of plays (from Love’s Labour’s Lost to The Tempest) and poems (mostly the Sonnets), and relies on Shakespearean examples of water systems, sandscapes, and soil impoverishment alongside the production of coal, glass and salt. While they remain underrepresented in Shakespeare scholarship, these materials are here explored in detail. This study thus signals a strong commitment to expanding the ’material turn’ in early modern studies, and shows how England’s cultural hegemony was then correlated to the exploitation of natural resources in an age of conquest and massive human depredation. By interweaving ecohistoricism, ecopoetics and material studies, the book suggests that an eco-minded approach, focused on such strategic issues as trade, territory and extractivism, can still reveal new layers of meaning in Shakespearean poetics and drama.
Table des matières
Introduction. Shakespearean areas of production the Anthropocene
1. The fabric of life in the Sonnets
2. Crossing the nature/culture divide in Love’s Labour’s Lost
3. Water industry and riverine collapse
4. From early modern landscapes to the making of glass
5. Underground Shakespeare : transgressing the limits and foraging the earth
6. Plotting, digging, burying and soil issues in Hamlet
7. Business in the frost in The Tempest
8. White ecology : the salt of early modern life
Conclusion. Transforming nature : life in a crisis mode
Consulter le premier chapitre et l’index de l’ouvrage : https://bloomsburycp3.codemantra.com/viewer/69246bf0713c0900010ef896
Shakespeare’s Representation of Weather, Climate and Environment.
The Early Modern ’Fated Sky’
Sophie CHIARI
Edinburgh, Edinburgh University Press,
31 décembre 2018, 320 p.
ISBN 9781474442527
While ecocritical approaches to literary texts receive more and more attention, climate-related issues remain fairly neglected, particularly in the field of Shakespeare studies. This monograph explores the importance of weather and changing skies in early modern England and argues that traditional representations and religious beliefs still fashioned people’s relations to meteorological phenomena. At the same time, a growing number of literati stood against determinism and defended free will, thereby insisting on their ability to act upon celestial forces.
The author thus contends that Shakespeare reconciles the scholarly approaches of his time with popular views rooted in superstition and promotes a sensitive, pragmatic understanding of climatic events. Taking into account the influence of classical thought, each of the book’s seven chapters addresses a different play where sky-related topics are crucial, considers the way climatic phenomena were presented on stage, and analyses how they came to shape the production and reception of Shakespeare’s drama.
Silvia Baron Supervielle : le pays de l’écriture
René de CECCATTY, Axel GASQUET, Stavroula KATSIKI, Martine SAGAERT, Marc SAGAERT (dir.)coll. « Détours littéraires »
Paris, Éditions Kimé
17 octobre 2025, 302 p.,
ISBN 9782380721867
Directeur scientifique IHRIM : Axel GASQUET
Cet ouvrage a pour origine le colloque tenu à Cerisy-la-Salle en 2024, en présence de Silvia Baron Supervielle et d’intervenantes et d’intervenants originaires d’Argentine et d’Uruguay, de France et de Grèce, de Bolivie et de Cuba, des États-Unis, du Canada et du Japon. Il emprunte à cette auteure marquante de la littérature contemporaine le titre d’un de ses livres – Le Pays de l’écriture, 2002. Il propose un voyage initiatique et exploratoire dans son œuvre, à la découverte de ses composantes (ríoplatenses, européennes…) et de ses résonances intérieures.
Née en Argentine de mère uruguayenne d’ascendance espagnole et de père argentin d’origine béarnaise, Silvia Baron Supervielle vit à Paris et écrit en français. « Nomade sans le savoir » (La Langue de là-bas, 2023), elle a publié une trentaine de textes personnels (poèmes, nouvelles, romans, récits, essais) et de nombreuses traductions – en français, d’écrivains comme Borges, Cortázar ou Alejandra Pizarnik, et en espagnol, de Marguerite Yourcenar. Elle a aussi fait le choix de l’autotraduction (Al margen / En marge, 2013).
Sous l’emprise de l’opéra
Aribert REIMANN. Conversations avec Cyril DURET et Julian LEMBKEcoll. « Paroles »
Paris, Éditions MF
17 novembre 2022, 153 p.
ISBN 978-2-37804-056-7
Aribert REIMANN. Conversations avec Cyril DURET et Julian LEMBKE
Aribert Reimann est né en 1936 à Berlin. Son œuvre Lear, reprise à l’opéra de Paris en 2019, en a fait l’un des compositeurs contemporains d’opéra les plus joués depuis 1978. Accompagnateur de grands artistes lyriques – celui préféré de Fischer-Dieskau qui lui souffla l’idée de Lear – conscient des voix, il déplace l’écriture vocale au service de la dramaturgie des textes qui l’obsèdent. Strindberg, Kafka, Maeterlinck, Lorca, Goll, Grillparzer ou Euripide se font chez lui l’écho des traumatismes des tragédies européennes qu’il a traversées, de la seconde guerre mondiale à la guerre froide et ne cessent d’être rattrapés par l’actualité – surveillance, réfugiés, écologie.
Chacun de ses opéras lui donne l’occasion de se réinventer à l’aune de nouveaux défis techniques qui en font une figure irréductible à une école : loin d’un arbitraire maniériste, il s’agit avant tout pour lui de savoir ce qu’il y a derrière le son.
Conçues comme un portrait, ses conversations dessinent, à travers paroles et gravures, les contours d’une grande figure de la musique allemande de la seconde moitié du XXe siècle et de l’opéra d’aujourd’hui.

