Publications


    Toucher au nerf
    Conversation avec Olivier NEVEUX

    Maguy MARIN

    coll. « Méthodes »
    Montreuil, Éditions théâtrales
    19 octobre 2023, 138 p.
    ISBN 978-2-84260-918-4

    « La violence du monde, elle, ne se calme pas. Le risque d’une adaptation à cette violence, c’est de crier parce que ça fait mal, puis de crier parce que ça fait bien. »

    Maguy Marin revient dans cette conversation avec Olivier Neveux sur son travail, la façon dont il a évolué, les chemins qu’il a empruntés depuis que, au milieu des années 1990, elle s’est autorisée le langage et les mots. Ce retour sur la « méthode » est l’occasion de parcourir à nouveau ses créations, d’en réfléchir les enjeux rythmiques, chorégraphiques et politiques. Ses mots dessinent l’exigence d’un art mobilisé par « l’urgence d’agir ».

    Maguy MARIN est danseuse et chorégraphe. Depuis 1997, elle élabore en collégialité un lieu d’accueil en résidence pour des artistes au travail : RAMDAM, UN CENTRE D’ART, à Sainte-Foy-lès-Lyon.
    Olivier NEVEUX est professeur d’histoire et d’esthétique du théâtre à l’ENS de Lyon et membre de l’Unité mixte de recherche 5317 (Ihrim).


    Tous comptes faits
    Écrits choisis, tome III, Questions linguistiques

    Étienne BRUNET

    Textes édités par Bénédicte PINCEMIN. Préface de François RASTIER
    coll. « Lettres numériques »
    Paris, Champion
    28 septembre 2016, 424 p.
    ISBN 978-2-7453-3553-1

    Ce recueil clôt la trilogie des Écrits choisis d’Étienne Brunet en abordant la lexicométrie sous l’angle linguistique : mesure des évolutions du français, rythmes textuels (ponctuation, allitération), possibilités ouvertes par l’étiquetage automatique des textes, analyse thématique, intertextualité (genres textuels et attribution d’auteur, plagiat, traduction).

    Le DVD joint permet d’expérimenter le logiciel HYPERBASE sur un riche ensemble de corpus fournis comme d’analyser de nouvelles données. L’ouvrage concerne directement les chercheurs en SHS intéressés par une approche quantitative et qualitative de leurs corpus textuels, et souhaitant mieux comprendre les propriétés linguistiques de ces données. Il sera également apprécié par un plus large public, curieux de la manière renouvelée de découvrir la langue au prisme des outils actuels.

    Étienne BRUNET est professeur émérite à l’université de Nice et fondateur du laboratoire Bases, Corpus, Langage. Il est spécialiste d’informatique et de statistique appliquées aux études de textes, et l’auteur du logiciel Hyperbase. Il a publié des ouvrages sur Hugo, Zola, Proust, Giraudoux, et sur le vocabulaire français de 1789 à nos jours.
    This collection completes the trilogy of Étienne Brunet’s /Selected Writings/ by tackling lexicometry from a linguistic perspective – quantifying such things as textual rhythms, the evolution of the French language, intertextuality, etc. The enclosed DVD enables the reader to experiment with the Hyperbase software.


    Traduire le mot d’esprit
    Pour une géographie du rire dans l’Europe de la Renaissance

    Nora VIET (dir.)

    coll. « Rencontres »
    Paris, Classiques Garnier
    19 mai 2021, 418 p.
    ISBN 978-2-406-10938-9

    Le volume rassemble dix-neuf contributions qui étudient la circulation, la transmission et l’acculturation des textes facétieux dans l’Europe de la Renaissance. Elles dessinent les contours d’une géographie européenne du rire et décrivent la genèse d’un patrimoine facétieux partagé.


    Traduire Lucrèce
    Pour une histoire de la réception française du De rerum natura (XVIe-XVIIIe siècle).

    Philippe CHOMÉTY et Michèle ROSELLINI (dir.)

    coll. « Libre pensée et littérature clandestine »
    Paris, Honoré Champion
    27 avril 2017, 396 p.
    ISBN 9782745334442

    « Combien la religion suscita de malheurs ! » Le constat de Lucrèce est terrible. Il le reste. Tout son poème a été et demeure un puissant antidote aux délires de l’obscurantisme. Depuis sa redécouverte à l’aube de la Renaissance, le De rerum natura s’est offert comme objet d’admiration, source de savoirs scientifiques, support de réflexions critiques, mais aussi cible de la censure. Dans ce contexte polémique, traduire le « poète-philosophe » a été un défi pour les hommes de lettres. L’ouvrage que l’on présente ici se propose de saisir les modalités particulières de l’influence du poème de Lucrèce dans l’espace français à travers ses traductions. Conçu dans une perspective expérimentale, il s’articule autour de trois grandes parties : une étude critique globale visant à restituer, à partir d’une documentation de première main, les débats idéologiques qu’ont suscités ces traductions ; des études monographiques mettant en lumière les singularités individuelles dans l’appropriation du poème de Lucrèce ; un dossier anthologique quasi exhaustif permettant d’approcher la traduction comme pratique littéraire spécifique. Son intérêt est d’ouvrir un chapitre inédit de l’histoire culturelle française entre humanisme et esprit des Lumières.

    Philippe CHOMÉTY est maître de conférences à l’université de Toulouse – Jean Jaurès. Il a publié « Philosopher en langage des dieux ». La poésie d’idées en France au siècle de Louis XIV (Champion, 2006). Il est spécialiste des relations entre littérature et science.

    Michèle ROSELLINI est maîtresse de conférences à l’ENS de Lyon et membre associée de l’IHRIM. Elle a co-édité La Bibliothèque française de Charles Sorel (Champion, 2015). Elle est spécialiste de la littérature libertine du XVIIe siècle.


    Traité théologico-politique
    Préface et chapitres XVI à XX – Prépas scientifiques 2025

    Spinoza

    Édition de Maxime ROVERE
    Traduction du latin de Charles APPUHN
    coll. « GF »
    12 juin 2024, 272 p.
    ISBN 9782080448095

    Dans le cadre du programme des concours aux grandes écoles scientifiques, Maxime ROVERE a réalisé une édition partielle du Traité Théologico-Politique de Spinoza dans la traduction de Charles APPUHN officiellement recommandée. Cette publication de la Préface et des chapitres xvi à xx du « TTP » est avant tout à destination des étudiantes et étudiants en classes préparatoires, mais pas seulement. Dans ce volume, Maxime ROVERE a rédigé une introduction générale où, en plus d’une mise en contexte historique, il met en place quatre axes qui définissent le problème de la tolérance à l’époque moderne : le premier est une tension problématique entre la fin de l’unité religieuse européenne et l’unité d’un État « souverain » ; le second, entre un élan existentiel intime et les institutions religieuses qui revendiquent l’autorité pour l’orienter et le structurer ; le troisième, entre la diversité des manières de vivre et l’expérience d’une commune humanité ; le quatrième, entre les désaccords théoriques et les émotions négatives. La numérotation proposée par Pierre-François MOREAU et Jacqueline LAGRÉE dans leur propre traduction du TTP aux éditions PUF a été intégrée au texte d’APPUHN, et l’ensemble est complété d’un dossier destiné à éclairer les positions de SPINOZA par d’autres textes. On y trouve des extraits d’ouvrages de Lucrèce, Érasme, Balling, Aristote, Grotius, Hobbes, Rousseau, Machiavel, Locke, Bayle.


    Trajectoires du texte littéraire

    Violaine FRANÇOIS et Marceau LEVIN (dir.)

    coll. « Colloques Fabula »
    Fabula.org, actes de colloque en ligne
    novembre 2021

    Opératoire dans le champ des sciences sociales, le concept de trajectoire permet de penser le parcours de vie d’un individu ; il présente l’avantage, en regard de la biographie pensée comme une "histoire de vie", de ne pas donner de perspective téléologique au parcours d’un individu, mais plutôt de prendre en compte ses différentes positions.

    Contre l’illusion biographique, le terme trajectoire propose une lecture relativiste d’un parcours et permet de faire jouer dans le même temps les plans structurel et personnel. Toute trajectoire mêle faits datés et représentations subjectives. L’enjeu du présent dossier est de transformer ce concept sociologique consacré aux existences en un concept littéraire consacré aux textes.

    Nous gageons que, tout comme un individu, un texte littéraire peut être pensé sous l’angle de sa trajectoire. Écrit, corrigé, relu, lu à voix haute, déclamé, annoncé dans les journaux, imprimé, édité, réédité, commenté, critiqué, le texte passe de main en main, de bouche en bouche, d’oreille en oreille et devient, dans son parcours, une réalité littéraire ainsi qu’un objet de discours.

    Marceau LEVIN est doctorant de l’IHRIM et prépare une thèse sur le thème « Le monde littéraire en représentation sous le Second Empire : les écrivains au miroir de la littérature panoramique » sous la direction de Olivier BARA
    Ce dossier est en partie issu d’une journée d’études qui s’est tenue en mars 2020 à l’université McGill.

    Illustration : Joan MIRÓ (1893-1983), Poem (III), Fondation Joan Mirò, Barcelona Catalunya, 1968


    Transforming a Disability Through Everyday Life Experiences

    Anne-Lyse CHABERT

    coll. « Disability Studies »
    New York (USA), Lived Places Publishing
    8 décembre 2025, 180 p.
    ISBN 9781917566551

    DOI 10.62859/9781917566568

    Quand commence le handicap ? Comment le définir autrement qu’avec les classifications conventionnelles ?

    Anne-Lyse CHABERT utilise sa propre expérience du handicap pour décrire la dynamique, véritable stratégie de la métamorphose, nécessaire au dépassement des contraintes du corps et de son environnement. Elle analyse ce phénomène de rééquilibrage propre au handicap grâce à trois grilles de lecture liées aux concepts :

    • de normes de vie et ses dérivés normativité, normal/pathologique, santé, qui qualifient ce que l’individu mobilise pour atteindre une nouvelle forme de stabilité dans son espace corporel contraint par le handicap ;
    • d’affordance qui se réfère à l’utilisation des outils technologiques, des interfaces pour favoriser la perception et l’action de l’individu sur son environnement ;
    • de capabilité, dérivé de l’économie, qui permet de décrire et d’évaluer la qualité de vie d’un individu en fonction de son contexte socio-économique et humain mais aussi des capacités qu’il peut y déployer.

    Trois situations de vie différentes, celle d’un calligraphe devenu tétraplégique qui redéploie la même exigence d’expertise artistique après son accident, celle de jeunes aveugles qui apprennent à jouer au foot, ou encore celle d’une personne autiste qui a su retrouver une place dans la société, illustrent l’inventivité nécessaire pour transformer le handicap au fil des expériences de vie.


    Transnational Philippines
    Cultural Encounters in Philippine Literature in Spanish

    Axel GASQUET & Rocío ORTUÑO CASANOVA (dir.)

    Ann Arbor (États-Unis), University of Michigan Press
    29 février 2024, 300 p.
    ISBN 9780472133505
    e-ISBN 9780472904020
    DOI 10.3998/mpub.11959397 (accès libre)
    Auteur IHRIM : Axel GASQUET
    Existe en livre de poche : ISBN 9780472039616

    This book approaches literature that has been forgotten or neglected in studies on other literatures in Spanish due, in part, to the fact that today Spanish is no longer spoken in the Philippines or in Asia. However, isolation has not always been the case, and by omitting Philippine literature in Spanish from the picture of world literatures and Spanish-language literatures, the landscape of these disciplines is incomplete. Transnational Philippines studies how this literary production stemmed from its relationship with other cultures, literature, and arts. It attempts to break this literature’s isolation and show how it is part of the broad literary system of literature written in Spanish.

    L’ouvrage Les Philippines transnationales. Rencontres culturelles dans la littérature philippine de langue espagnole aborde la littérature qui a été oubliée ou négligée dans les études sur d’autres littératures en espagnol, en partie parce qu’aujourd’hui l’espagnol n’est plus parlé aux Philippines ou en Asie. Cependant, l’isolement n’a pas toujours été le cas, et en omettant la littérature philippine en espagnol dans le tableau des littératures mondiales et des littératures de langue espagnole, le paysage de ces disciplines est incomplet. Transnational Philippines étudie la manière dont cette production littéraire découle de ses relations avec d’autres cultures, d’autres littératures et d’autres arts. Il tente de rompre l’isolement de cette littérature et de montrer qu’elle fait partie du vaste système littéraire de la littérature écrite en espagnol.


    Transparences du passé
    Les théâtres de la catastrophe (XVIe-XVIIe siècles/XXe-XXIe siècles)

    Christian BIET

    Édition établie par Sophie HOUDARD-BIET et Olivier NEVEUX
    coll. « Le Spectaculaire - Arts de la scène »
    Rennes, PUR
    30 novembre 2023, 444 p.
    ISBN 9782753593404

    Comment le théâtre a-t-il fait en France après les guerres de Religion qui ont ensanglanté le XVIe siècle ? Comment s’est-il emparé de la violence inscrite dans la mémoire du chaos juste passé ? Par quels effets frappants saisit-il le public ? Par quels détours le raisonne-t-il ?

    Massacres, guerres civiles anglaises, premiers génocides indiens, débuts de l’esclavage : la première modernité a consacré une part importante de son théâtre à représenter ces moments d’une extrême violence. La tragédie cherche alors des causes au chaos et des formes pour leurs mises en scène. Qu’elle en rejoue l’événement violent dans les pièces d’actualité ou qu’elle choisisse de le figurer dans des fictions lointaines, elle réfléchit une Histoire dont l’origine est le sang.

    Christian BIET a défendu ce théâtre contre une histoire littéraire trop souvent oublieuse et cantonnée à la tragédie régulière classique. Il l’a édité, commenté, fait jouer. Dans cet ouvrage crucial, fruit de vingt années de recherche, il montre à partir de cas et de pièces, l’actualité de ce corpus pour un public du XXIe siècle. Car ce théâtre fonctionne pour nous à la manière d’un miroir sans tain, les revenants des catastrophes lointaines révèlent comme en transparence notre temps contemporain de l’après-catastrophe.

    Avec le soutien du Labex Les passés dans le présent ANR-11-LABX-0026-01, de l’unité de recherche HAR (Histoire des arts et des représentations), de l’université Paris Nanterre, et de l’UMR 5317 – IHRIM (Institut d’histoire des représentations et des idées dans les modernités).


    Traversée d’une œuvre : Crossing the River de Caryl Phillips

    Vanessa GUIGNERY et Christian GUTLEBEN (dir.)

    Revue Cycnos, vol. 32, 2016, n° 1
    Paris, L’Harmattan
    décembre 2016, 231 p.
    ISBN 978-2-343-10721-9

    Ce volume se propose d’aborder Crossing the River sous différents angles critiques et analytiques afin d’en présenter des lectures plurielles et complémentaires. Cet ouvrage propose ainsi une traversée herméneutique, structurelle, intertextuelle, esthétique, idéologique et théorique, et met en exergue les aspects postcoloniaux autant que postmodernistes de l’œuvre de Phillips.


    Trois Guinées

    Virginia WOOLF

    Traduction de l’anglais et notes de Sophie CHIARI
    coll. « Biblio »
    Paris, Le Livre de Poche
    18 septembre 2024, 348 p.
    ISBN 9782253246992

    « Que faut-il faire pour empêcher la guerre ? » C’est l’épineuse question à laquelle doit répondre la narratrice, double non dissimulé de Virginia Woolf, dans cet essai implacable de finesse et de modernité. Interloquée par le fait que son correspondant, un « homme qui a fait des études », sollicite l’avis d’une femme sur cette question universelle, elle s’emploie à démontrer que le patriarcat est en grande partie responsable des bouleversements du monde, et que la clé d’une paix durable réside dans l’éducation des femmes, dans leur accès au monde du travail, et dans leur émancipation. À chacune de ces trois causes, elle accepte de donner une guinée. Publié en 1938, alors que la guerre est désormais inévitable, Trois guinées a été pensé par son autrice comme la suite d’Une chambre à soi. Virginia Woolf y développe et approfondit sa réflexion, et nous livre un brillant manifeste féministe et pacifiste.


    Trois nouvelles mélodies oubliées
    sur des poèmes d’André Lebey, Arthur Bernède et Jean de Villeurs

    Jules MASSENET

    Édition de Jean-Christophe BRANGER
    Partition pour chant et piano
    Lyon, Symétries
    septembre 2022, 21 p.
    ISBN 978-2-36485-134-4

    Refus (1901)

    Publiée dans Le Figaro du 12 janvier 1901, Refus n’était pas jusqu’à présent répertoriée parmi les œuvres de Massenet. Elle marque pourtant les débuts d’une collaboration aussi intéressante qu’éphémère entre le compositeur et un jeune poète, André Lebey (1877- 1938). Massenet a traduit avec finesse un dialogue entre un homme et une femme dont il a explicitement identifié les répliques respectives en les faisant précéder des indications « elle » et « lui » qui ne figurent pas dans le poème de Lebey. Cette écriture dialoguée, qui contraste d’un personnage à l’autre, confère à sa mélodie les allures d’une petite scène éminemment théâtrale.

    Le Détour du chemin (1904)

    Le poème traite d’un sujet récurent chez le compositeur qui, parvenu à la maturité, s’interroge sur son passé et sur son avenir. La musique, quant à elle, constitue un exemple typique de la « phrase Massenet », aussi bien par son rythme ternaire, son écriture vocale que par ses touches harmoniques kaléidoscopiques dans un contexte tonal globalement stable. La voix, quant à elle, prend intégralement en charge un thème ample et généreux, soutenu par une formule d’accompagnement qui la magnifie. Le Détour du chemin témoigne des liens que Massenet pouvait entretenir avec des cercles mondains ou médiatiques pour diffuser sa musique et parfaire sa notoriété.

    Avant la bataille (Reischoffen) (1904)

    Cette mélodie, publiée en fac-similé avec une série d’illustrations en couleur de Géo Roussel dans un numéro du Figaro illustré de 1904, évoque avec légèreté un évènement tragique des débuts de la guerre, la bataille de Reischoffen du 6 août 1870. Dédié au général Edmond Massenet de Marancour, un des frères aînés du compositeur, le duo évolue sur un mouvement de valse alsacienne. Il est conçu sur poème de Jean de Villeurs (1843-1908), pseudonyme du général Édouard de Hardÿ de Périni qui, l’année précédente, avait fourni à Massenet un des trois Poèmes chastes (1903).


    Tsafon, HS n°11, 2023
    « Archives de la Diaspora/Diaspora des Archives. Penser la mémoire de la dispersion à partir de l’espace germanophone »

    Patrick FARGES, Sonia GOLDBLUM, Heidi KNÖRZER, Katja SCHUBERT & Céline TRAUTMANN-WALLER (dir.)

    Tsafon. Revue d’études juives du nord
    Revue publiée en ligne sur OpenEdition et sous format papier
    sous la dir. de Danielle Delmaire
    octobre 2023, hors-série n°11 (exclusivement sous format papier)
    Directrice scientifique IHRIM : Sonia GOLDBLUM

    Plan du HS n°11

    Archives d’intellectuels en diaspora
    Effets de lieu – archives et (dé)localisations
    Appropriations collectives d’archives dispersées
    Les archives diasporiques comme bien culturel


    Un Gilbert méconnu
    Magistrature et quotidien du Parlement de Paris dans le premier XVIIIe siècle.

    Isabelle BRANCOURT (éd.)

    coll. « Dix-huitième siècle »
    Société française d’étude du dix-huitième siècle (SFEDS)
    novembre 2016
    ISBN 979-10-92328-07-3.

    Secrétaire, commis en charge d’un modeste office, Jean Gilbert est « l’archiviste » (avant la lettre) du greffe du parlement de Paris le plus créatif et prolifique après le grand Du Tillet. Il est de 1680 à 1745, une des meilleures « plumes » du temps, au service de Nicolas Dongois, puis de son petit-fils, Roger François Gilbert de Voisins, tous deux greffiers en chef civil. Pour éviter toute confusion, il fut appelé, et il signa, « De L’Isle ». Sa récente identification a permis de retracer son itinéraire personnel, lié à l’institution prestigieuse à laquelle il a consacré sa vie.

    Quinze années d’investigations dans les dépôts de la série U des Archives nationales de France permettent aujourd’hui, de proposer, en forme d’anthologie, le panorama de la mémoire que Jean Gilbert a laissée. Les quelque cent trente volumes et recueils qui sont issus de son labeur passionné entremêlent tant de documents de nature variée qu’au-delà de leur plate description, cet ouvrage offre une sorte de vue « cavalière » du parlement de Paris en son contexte, sous le Grand Roi et dans la première moitié du règne de Louis XV. Pittoresque assuré et authenticité !

    Ouvrage publié avec le soutien du LabEx COMOD et de l’IHRIM.

    La Collection Dix-Huitième Siècle met à la disposition d’un public cultivé, des spécialistes, ou de tout amateur du patrimoine littéraire du XVIIIe siècle des ouvrages inédits ou actuellement indisponibles ou n’ayant pas bénéficié d’une édition scientifique. Tous les ouvrages présentent un apparat critique établi par des chercheurs, à la portée du plus grand nombre.
    Éditée par la Société Française d’Étude du Dix-Huitième Siècle, elle est dirigée par Hélène Cussac et Marcel Dorigny.
    La Collection est imprimée et diffusée par les Éditions du Net


    Un goût à la voir nonpareil.
    Manger les images, essais d’iconophagie

    Olivier LEPLATRE

    coll. « Détours littéraires »
    Paris, Éditions Kimé
    juin 2018, 308 p.
    ISBN 978-2-84174-888-4

    Des images sont-elles capables de nous mettre l’eau à la bouche ? Est-il concevable que nous ayons faim d’images jusqu’à désirer les manger effectivement ?
    Une anecdote ancienne, racontée par Pline, rappelle que le célèbre peintre Zeuxis avait si bien réussi à représenter une corbeille de fruits que des oiseaux, abusés, étaient venus la picorer. Attenter aux images, n’est-ce pas leur refuser leur existence même, nécessairement intouchable ? Mais que faire alors des Vanités de l’Âge classique qui nous invitent à leur table, des performances de l’Eat Art pour lesquelles toute forme d’image ne fait sens qu’en vue de la dégustation ? Comment appréhender, sous l’angle iconique, la communion de l’hostie, les lactations de la Vierge ? Roland Barthes s’émerveille des œuvres de Bernard Réquichot qui pratique la peinture en cuisinier ; Diderot regarde avec tous ses sens, goût compris, la raie de Chardin ; Dalí rêve que la « beauté sera comestible ou ne sera pas »… L’histoire des images et de leur approche montre, par d’innombrables exemples, qu’elles cherchent à éveiller notre appétit (ou provoquer notre dégoût) et qu’elles réclament parfois l’ingestion.
    Avérée ou fantasmée, l’iconophagie trouble les limites de l’intégrité des images ; elle invite à prendre la mesure de leur matérialité et des « échelles de leur consistance » (R. Barthes), à évaluer avec quelle force de présence cette matérialité arraisonne notre sensibilité et nous touche au point que nous ayons envie, à notre tour, de les toucher.