Publications
Un mousquetaire du journalisme : Alexandre Dumas
Sarah MOMBERT et Corinne SAMINADAYAR-PERRIN (dir.)coll. « Cahiers de la MSHE Ledoux », n°37
série « Archives de l’imaginaire social », n° 7
Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté
11 juillet 2019, 250 p.
ISBN 9782848676630
Publication sur OpenEdition Books : 10 septembre 2020
Diffuseur : FMSH-Diffusion
Résumé
Bretteur des lettres, Alexandre Dumas se fit journaliste par tempérament et par passion. Dès ses débuts, le jeune dramaturge s’est forgé dans et par la presse une personnalité publique, dans tous les sens du terme. Sa trajectoire est celle d’un engagé volontaire dans l’espace médiatique, où il occupe presque tous les postes : critique dramatique, chroniqueur, feuilletoniste, historien du contemporain, correspondant de guerre, intarissable causeur. De fortes convictions animent cette écriture en mouvement perpétuel : Dumas défend l’idéal démocratique d’une littérature authentiquement populaire, engagée dans les combats du présent, et intensément interactive.
Les autrices
Sarah MOMBERT est maître de conférences à l’ENS de Lyon. Elle travaille sur Alexandre Dumas, le roman, la presse et la littérature populaire du XIXe siècle.
Professeur à l’université de Montpellier 3, Corinne SAMINADAYAR-PERRIN s’intéresse aux rapports entre presse et littérature au XIXe siècle.
Un Séjour sur les bords de la Baltique
Elizabeth EASTLAKEÉdition, traduction de l’anglais et commentaire par Stéphanie GOURDON
coll. « Voyages »
Éditions du bourg
19 juin 2019, 384 p.
ISBN 978-2-490650-04-0
Traduit en français pour la première fois, Un Séjour sur les bords de la Baltique témoigne de l’émancipation que les voyages du premier XIXe siècle, au tout début de l’âge du tourisme, offraient aux femmes, et donne à découvrir l’Estonie d’alors, province de l’Empire russe où bien peu de voyageurs masculins s’étaient encore aventurés. Devenue plus tard Lady Eastlake par son mariage, Elizabeth Rigby connut une grande notoriété comme figure de la haute société cultivée du Londres victorien. Cela ne doit pas faire négliger la personnalité originale que révèle ce récit de voyage, paru pour la première fois en 1841. Partie rendre visite à ses sœurs, mariées à des barons germano-baltes, elle s’y présente d’abord comme une sorte de voyageuse malgré elle, puis elle acquiert progressivement de l’aisance dans un rôle de narratrice qui lui confère de l’autorité. Le succès du livre, qui lança sa carrière, tient à l’équilibre entre la nouveauté du lieu décrit, les analyses averties nourries de vastes connaissances, la maîtrise de la langue et le ton plein d’humour et de légèreté.
Elizabeth Rigby, Lady Eastlake (1809-1893) fut journaliste, écrivaine, historienne et critique d’art. Elle s’imposa comme une autorité sur la Renaissance italienne et comme une passeuse des théories et des textes des historiens d’art allemands vers l’Angleterre victorienne.
Stéphanie GOURDON, agrégée d’anglais et docteur en études anglaises, enseigne à l’université Lumière Lyon 2. Elle a déjà publié avec Nathalie Bernard une traduction des Lettres de Scandinavie de Mary Wollstonecraft (Presses universitaires de Provence, 2013).
Un théâtre pour la Nation
L’histoire en scène (1765-1806)
Thibaut JULIAN
Collection « Théâtre et société »
Lyon, PUL
20 octobre 2022, 360 p.
ISBN 978-2-7297-1393-5
DOI 10.4000/books.pul.48553
À la fin du XVIIIe siècle, la France traverse une succession de bouleversements majeurs, du crépuscule de la monarchie absolue à l’Empire de Napoléon. Le théâtre connaît une vitalité sans précédent que traduit le renouveau des thèmes, des genres et des spectacles. Dans le sillage de Voltaire et de Belloy, de nombreux auteurs sensibles à l’essor du patriotisme s’emparent de l’histoire de France ou de l’actualité, faisant de la scène un mémorial et un tribunal du passé qui réfléchit le temps présent.
Ce « théâtre national » est conçu comme un dispositif moral et civique, mais l’idéal d’un peuple uni se heurte aux représentations de figures antagonistes, monarchiques ou révolutionnaires, selon des idéologies en constante évolution. Médiatisant les tensions de la société, le théâtre national exprime de puissantes émotions collectives oscillant entre l’admiration et l’attendrissement, la ferveur et le rire, mais aussi la déploration et l’horreur face aux blessures du passé.
En étudiant plus de 250 pièces et leur réception grâce aux comptes rendus des périodiques, Thibaut Julian offre à tous les passionnés un ouvrage de référence sur l’histoire du théâtre et des représentations au temps des Lumières et de la Révolution française.
Thibaut JULIAN est maître de conférences en littérature et civilisation française du XVIIIe siècle à l’université Lumière Lyon 2 et membre de l’Institut d’histoire des représentations et des idées dans les modernités (IHRIM). Il a dirigé avec Vincenzo De Santis Fièvre et vie du théâtre sous la Révolution française et l’Empire (Classiques Garnier, 2019).
Une arme philosophique : l’éclectisme de Victor Cousin
Delphine ANTOINE-MAHUT et Daniel WHISTLER (dir.)coll. « Actualité des classiques »
Éditions des archives contemporaines
décembre 2019, 190 p.
ISBN 9782813002983
DOI : 10.17184/eac.9782813002983
L’austère figure de Victor Cousin (1792-1867) ne cesse de réapparaître pour rappeler son rôle dans l’institution de la philosophie française. Mais il demeure un illustre inconnu, un « bon mort », lorsqu’on interroge les ressorts philosophiques de son succès. L’objectif de ce volume collectif est d’explorer l’étendard qu’il s’était donné avant de se déclarer spiritualiste : « l’éclectisme ». Qu’en fait-il exactement ? Les études rassemblées montrent l’ambiguïté constitutive d’une méthode philosophique redoutablement efficace : à la fois irénique et guerrière, syncrétique et exclusive. Cousin n’a alors plus rien d’un « bon mort ». Une confrontation avec son spectre devient un passage obligé pour toute réflexion sur la vitalité de l’histoire de la philosophie et de son enseignement.
Une chambre à soi
Virginia WOOLFTraduction et notes de Sophie CHIARI
coll. « Biblio »
Paris, Le Livre de poche
9 septembre 2020, 216 p.
ISBN 978-2-253-10200-7
Préface de Lauren BASTIDE.
« Une femme, pour être en mesure d’écrire, doit avoir de l’argent et une chambre à elle ; et cela, comme vous allez le voir, ne résout en rien le grand problème de ce qu’est la vraie nature de la femme et la vraie nature de la littérature. »
Virginia Woolf interroge dans cet essai incontournable toutes les constructions historiques, économiques et sociales qui, au fil des siècles, ont empêché les femmes d’écrire, de penser et de créer avec la même liberté que les hommes. Avec un regard volontairement impertinent et résolument moderne, elle mène une réflexion remarquable sur « les femmes et la littérature », et nous livre un texte féministe intemporel et nécessaire.
Une musicologie entre textes et arts
Hommages à Béatrice Ramaut-Chevassus et Alban Ramaut
Céline CARENCO, Anne DAMON-GUILLOT, Jean-Christophe BRANGER, Pierre FARGETON (dir.)
Paris, éditions Hermann
21 juillet 2021, 286 p.
ISBN 9791037007148
Ce volume en hommage à Béatrice RAMAUT-CHEVASSUS et Alban RAMAUT reflète la diversité de leurs thématiques de recherches.
Il propose d’interroger les circulations entre les arts et les époques, entre textes et œuvres, prenant comme point de départ la musique savante de la fin du XVIIIe au début du XXIe siècle. La réflexion s’articule en particulier autour du concept de sensibilité : comment repère-t-on dans la sensibilité et les mots qui l’expriment qu’une période est en train d’éclore (qu’il s’agisse du romantisme ou du postmodernisme) ? Comment des passerelles s’établissent-elles ainsi, sur le plan esthétique, entre des objets qui semblaient à première vue éloignés ?
Loin de n’être qu’un volume de Mélanges, l’ouvrage permet de tisser des liens entre les arts, entre les manières d’écrire et de dire la musique.
Une poétique de crise
Poètes baroques et mystiques (1570-1660)
Michèle CLÉMENT
coll. « Bibliothèque de la Renaissance »
Paris, Classiques Garnier
27 juin 2018 [ 1re éd. 1996], 434 p.
ISBN 978-2-406-08349-8
Redéfinir le baroque littéraire grâce à une comparaison avec l’écriture mystique qui lui est contemporaine, tel est l’enjeu de ce livre. Il s’agit de remplacer l’approche thématique du baroque par une analyse de poétique des œuvres de Chassignet, Aubigné, Sponde, Pierre de Croix, Hopil, Z. de Vitré.
Réimpression de l’édition de 1996.
Usos políticos del diálogo en la Monarquía Hispánica (siglos XVI-XVII)
Usages politiques du dialogue dans la Monarchie hispanique XVIe-XVIIe siècles)
Mathias LEDROIT, Alexandra MERLE, Philippe RABATÉ et Alexandra TESTINO-ZAFIROPOULOS (dir.)
coll. « Constitution de la modernité »
Paris, Classiques Garnier
16 avril 2025, 301 p.
ISBN 978-2-406-17829-3
Directeurs scientifiques IHRIM : Mathias LEDROIT (accueil 2024-2025 en délégation CNRS) et Philippe RABATÉ (associé)
DOI 10.48611/isbn.978-2-406-17831-6
À l’époque moderne, le genre dialogique a joui d’une grande popularité dans les différents territoires de la Monarchie Hispanique. Par le biais de fictions argumentatives, il dispose de la capacité à aborder des questions d’ordre politique, à débattre, à diffuser des enseignements et des opinions.
Ouvrage publié avec le soutien du Labex Comod.
Vestiaire de la littérature
Cent petites confections
Martine BOYER-WEINMANN et Denis REYNAUD
Ceyzérieu (Ain), Éditions Champ Vallon
22 août 2019, 368 p.
ISBN 979-10-267-0822-3
Auteur IHRIM : Denis REYNAUD
Quel écrivain conçoit l’écriture d’un roman comme un strip-tease à l’envers ? Quel confrère voulut bâtir son œuvre comme une robe, au motif qu’une nouvelle mode de Worth avait autant d’importance que la guerre de 70 ? Lequel soutient que nous ne changeons pas plus d’opinions et de maîtres que de chaussettes ? Quelle créature souhaita que fût chiffonnée la robe qu’elle avait voulue et cousue point par point ? Quel poète aurait préféré être renversé et dardé par l’éblouissement d’une jupe relevée plutôt que par un garçonnier pantalon ? Quel personnage célèbre ne porta jamais de bonnet de nuit, ni de robe de chambre, ni de peignoir, ni de pantoufles ? Quel autre, acquérant avec l’âge la liberté de s’habiller, acheta à Venise un blouson révolutionnaire pour aborder l’année 1968 ?
Le lecteur amateur de vêtements et de livres trouvera la réponse à ces questions considérables – et à bien d’autres encore – dans ce livre frivole et savant qui explore les liens multiples entre mode et littérature, et affirme que le plaisir de lire consiste à découvrir ce que les personnages ont dans les poches et sous leur manteau tout autant que ce qu’ils ont dans la tête.
Martine Boyer-Weinmann est professeur de littérature française contemporaine à l’université Lumière-Lyon2.
Denis REYNAUD a enseigné dans des universités britanniques, américaines et japonaises, avant de devenir professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l’université Lumière-Lyon2.
Vie de saint Alexis
Thomas RAINSFORD et Christiane MARCHELLO-NIZIA (éd.)Lyon, Base de français médiéval (BFM)
Céline GUILLOT-BARBANCE (dir.)
et le groupe de travail Cactus de l’IHRIM
Mise en ligne le 16 décembre 2024
sur le portail BFM-TXM hébergé par l’UAR Huma-Num
Cette édition de la Vie de saint Alexis, l’un des premiers textes en langue française (XIe siècle), se base sur le plus ancien témoin, le manuscrit copié vers 1130 à l’abbaye de Saint-Alban en Angleterre et conservé à la Dombibliothek d’Hildesheim en Allemagne.
Dans la lignée de la Queste del saint Graal, cette édition numérique est entièrement libre, particulièrement fidèle au manuscrit, riche d’annotations linguistiques et d’un apparat de notes philologiques éclairant les choix éditoriaux et les particularités de la langue du texte.
Vie intectuelle à Lyon au temps de Serlio (1548-1553)
Sylvie DESWARTE-ROSA et Daniel RÉGNIER-ROUXLyon, Société d’histoire de Lyon
2024, 486 p.
Ce volume est le 3e du cycle de publications du programme Sebastiano à Lyon, Architecture et Imprimerie* dont les deux premiers volumes sont :
– Sylvie DESWARTE-ROSA, Le traité d’architecture de Sebastiano Serlio, une grande entreprise éditoriale au XVIe siècle, Lyon, Mémoire active, 2004.
– Magali VÈNE, Bibliographia Serliana. Catalogue des éditions imprimées des livres du Traité d’architecture de Sebastiano Serlio (1537-1681), Paris, Picard, 2007
*Sebastiano Serlio à Lyon : architecture & imprimerie est le fruit d’un programme de recherche qui a débouché sur un colloque international dans le cadre des Onzièmes Entretiens Jacques Cartier et à une exposition à la Bibliothèque municipale de Lyon en 1998.
Voir aussi la publication du volume 4, Architecture à Lyon au temps de Serlio.
Vivre son destin, vivre sa pensée
Anne-Lyse CHABERTParis, Éditions Albin Michel
10 novembre 2021, 165 p.
ISBN 978-2-226-46596-2
Préface d’André COMTE-SPONVILLE
Prix Littré de l’essai 2022
Ce que montre ce petit et grand livre, c’est que le handicap se situe toujours à la croisée entre un organisme et une société, entre une déficience, qu’elle soit innée ou acquise, et un environnement, sur lequel on peut et doit agir. On ne vit pas tout seul, ni hors du monde ou de la Cité.
Ce livre de sagesse est aussi un livre de citoyenneté, qui donne à penser, donc aussi à débattre, autant qu’à admirer. Anne-Lyse Chabert, comme écrivain et comme philosophe, se veut le porte-parole de tous ceux, parmi nous, qui sont confrontés au handicap, et spécialement « de ceux qui ne peuvent souvent pas dire, qui ne sont donc pas vraiment écoutés ».
Voltaire dans l’« Encyclopédie »
Olivier FERRETParis, Société Diderot
coll. « L’atelier autour de Diderot & de l’Encyclopédie »
avril 2016, 416 p.
ISBN 978-2-9543871-0-9
Résumé
Débutant à un moment où l’Encyclopédie affronte l’hostilité grandissante des autorités, la participation de Voltaire est annoncée avec un faste à la hauteur de sa célébrité et de son importance pour l’entreprise. Au delà, en effet, de la quarantaine d’articles qu’il rédige, de nombreux autres s’inspirent de ses œuvres, dont ils reprennent souvent de larges extraits. Olivier FERRET étudie ici, dans toutes ses dimensions, la présence de Voltaire dans le Dictionnaire raisonné et met notamment en lumière le rôle déterminant de Jaucourt dans la diffusion des écrits voltairiens. Il éclaire ainsi la « manufacture » de l’Encyclopédie et montre comment celle-ci perpétue l’image d’un Voltaire poète et historien alors qu’il est en passe de s’imposer comme l’« oracle des nouveaux philosophes ».
L’auteur
Olivier FERRET est professeur à l’université Lumière Lyon 2 et membre de l’UMR 5317 (IHRIM). Ses travaux portent sur la littérature polémique du XVIIIe siècle, la diffusion du discours philosophique des Lumières et les Humanités numériques. Il participe aux éditions critiques des œuvres complètes de Voltaire et de D’Alembert, ainsi qu’à l’édition électronique de l’Encyclopédie (ENCCRE). Il a notamment publié La Fureur de nuire, Oxford, Voltaire Foundation, 2007.
Sommaire
Introduction
Dans la « manufacture » de l’Encyclopédie.
I Voltaire mode d’emploi
« M. de Voltaire ». Le nom et les périphrases. Une présence limitée mais significative. Voltaire et les branches du savoir encyclopédique. Le poète et l’historien. Le poète. L’historien. Le philosophe ? Les usages de Voltaire. Ornement. Exemple. Référence. Contre-exemples ?
II Jaucourt et Voltaire
Copier-coller. Identification des emprunts. Abrégé, précis, détail, extrait, tableau. « Des tableaux intéressans pour embellir l’Encyclopédie » ? Voltaire prêt à l’emploi. Voltaire « philosophe ». Jaucourt voltairien ? III Voltaire « garçon encyclopédiste »
Des articles pour l’Encyclopédie. Des « cailloux pour fourrer dans quelques coins de mur ». Éléments de cohésion. Le « protocole » voltairien. Définitions. Exemples. Langue et philosophie. Les articles réutilisés. L’article HISTOIRE. L’article IDOLE, IDOLÂTRE, IDOLÂTRIE.
Conclusion
Voltaire et l’encyclopédisme.
Voltaire et le Mercure de France
Publier « avec approbation et privilège » dans la presse périodique du XVIIIe siècle
Myrtille MÉRICAM-BOURDET
coll. « Savoir lettres »
Paris, Hermann
26 novembre 2025, 532 p.
ISBN 9791037046116
S’attend-on à ce que Voltaire, dont l’immense majorité des textes ont été publiés à l’étranger et introduits clandestinement en France, se voie durant toute sa carrière honoré dans les pages du Mercure de France, périodique littéraire officiel de la monarchie française soumis chaque mois à approbation ? L’étude s’attache à rendre raison de ce paradoxe et à montrer que la présence de ses textes fut continue dans le périodique. Loin de n’avoir pu publier que des extraits inoffensifs en raison de la censure à laquelle il est soumis, le Mercure a su, selon les dispositions de ses rédacteurs successifs, accueillir de façon massive les textes voltairiens, et servir la cause voltairienne. L’étude réévalue donc la place du périodique au sein de la pensée des Lumières et met en valeur le rôle de ses différents directeurs en suivant l’évolution de ce « Voltaire autorisé ».
Voyage en Italie
suivi de Lettre sur l’art du dessin dans les paysages et de Choix de textes sur Rome, Naples et Venise
François-René de CHATEAUBRIAND
Édition de Jean-Marie ROULIN
coll. « Folio classique »
Paris, Gallimard
14 mars 2024, 320 p., 9 ill.
ISBN 9782072858406
De juin 1803 à janvier 1804, Chateaubriand séjourne à Rome, visite Naples, gravit le Vésuve. Il recueille ses impressions dans un texte composite, fait de lettres et de notations prises sur le vif, mêlant souvenirs de voyage, descriptions de monuments et d’œuvres d’art, méditations sur l’histoire. Après Goethe, et comme Germaine de Staël ou Stendhal, il voit dans sa première rencontre avec l’Italie un moment décisif de son parcours d’homme et d’écrivain.
Son récit est une marche funèbre parmi les ruines et les tombeaux de l’Italie antique ; il est aussi une célébration de la beauté des paysages, sublimés par les jeux d’ombre et de lumière. Chateaubriand y déploie une réflexion sur les différentes temporalités qui composent la vie humaine : « Je remonte dans ma vie passée ; je sens le poids du présent, et je cherche à pénétrer mon avenir. » Le marbre des statues rappelle la fuite du temps, tandis que l’existence présente s’incarne dans ce qui est fragile et éphémère : l’impression d’une promenade nocturne, la beauté d’une chevelure, la grâce d’une fleur.
Entre rêveries mélancoliques, contemplation esthétique et réminiscences littéraires, le Voyage en Italie est un chef-d’œuvre oublié du romantisme.

